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Le pianiste Joao Carlos Martins rejoue à nouveau grâce à des gants bioniques

João Carlos Martins, l'un des plus grands interprètes de Bach, rejoue du piano grâce à des gants bioniques. Le pianiste avait perdu la mobilité de ses mains à la suite d'une agression en 1995.

João Carlos Martins qui joue du piano à Sao Paulo (Brésil), le 29 janvier 2020
João Carlos Martins qui joue du piano à Sao Paulo (Brésil), le 29 janvier 2020
Crédit : Miguel SCHINCARIOL / AFP
Le pianiste Joao Carlos Martins rejoue à nouveau grâce à des gants "bioniques"
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La Revue de Presse du 30 janvier 2019
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Amandine Bégot - édité par Florise Vaubien

C'est l'histoire de João Carlos Martins, un célèbre pianiste brésilien que les mélomanes connaissent bien. Dans les années 60, il était considéré comme l'un des plus grands interprètes de Bach. Une carrière semée d’embûches explique, jeudi 30 janvier, l'Agence France Presse.

À 18 ans, les médecins lui diagnostiquent une dystonie focale, une maladie qui provoque des spasmes musculaires involontaires et qui touche notamment les mains. Quelques années plus tard, il se blesse au coude en jouant au foot, une autre passion. Et puis, vient une violente agression, après un récital en Bulgarie en 1995 : il ne peut plus que jouer de la main gauche et avec un doigt de la droite.

Et peu à peu la maladie gagne du terrain. Les traitements médicaux et les opérations, 24 au total, n'y font rien. Il ne peut plus utiliser que ses pouces. Sans autre choix, João Carlos Martins se tourne alors vers la direction d'orchestre mais pour lui, c'est comme une petite mort

João Carlos Martins qui joue du piano à Sao Paulo (Brésil), le 29 janvier 2020
João Carlos Martins qui joue du piano à Sao Paulo (Brésil), le 29 janvier 2020
Crédit : MIGUEL SCHINCARIOL / AFP

Ne plus pouvoir jouer du piano, avait-il confié il y a quelques années à l'agence Associated Press, "c'est comme s'il y avait un cadavre dans ma poitrine" . Mais c'était sans compter sur l'un de ses admirateurs, un certain Ubirata Costa. Un jour, cet inventeur un peu fou débarque dans sa loge et lui présente une paire de gants technologiques dits "bioniques"

Des gants bioniques

João Carlos Martins essaie, en vain, ça ne fonctionne pas. "Mais comme je ne voulais pas être impoli", explique le pianiste, "je l'ai invité à déjeuner". Après ce repas, Costa commence à travailler sur de nouveaux prototypes, en associant du néoprène à des pièces imprimées en 3D. "Je ne sais même plus combien j'en ai fait", confie-t-il à l'Agence France Presse. Mais les efforts finissent par payer.

João Carlos Martins qui joue du piano à Sao Paulo (Brésil), le 29 janvier 2020
João Carlos Martins qui joue du piano à Sao Paulo (Brésil), le 29 janvier 2020
Crédit : MIGUEL SCHINCARIOL / AFP

Depuis quelques semaines, João Carlos Martins est de retour. Sans ces gants, ce pianiste ne peut pas bouger ses mains. Le principe est assez simple. Après chaque note jouée, les doigts du pianiste sont poussés vers le haut. La mise au point de ces gants a demandé des heures et des heures de travail mais, finalement, le coût de fabrication ne dépasserait pas les 100 euros.

Objectif : retourner sur la scène du Carnegie Hall

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"Je sais qu'il y a encore un long chemin à parcourir", écrit sur son compte Instagram João Carlos Martins. "Seul l'avenir me dira si je peux atteindre mes objectifs, mais le plaisir de pouvoir déjà jouer quelque chose avec ses gants me fait croire en un être supérieur", explique-t-il. Une véritable renaissance

João Carlos Martins qui joue du piano à Sao Paulo (Brésil), le 29 janvier 2020
João Carlos Martins qui joue du piano à Sao Paulo (Brésil), le 29 janvier 2020
Crédit : MIGUEL SCHINCARIOL / AFP

Avant ces gants, son quotidien, raconte-t-il, se résumait à se réveiller à 5h30, vérifier que son nom n'était pas dans la nécrologie des journaux et mémoriser des partitions. Il en connait 1.500 par cœur, et il n'a pas le choix, sa maladie l'empêche aussi de tourner les pages. 

Désormais, João Carlos Martins joue et joue encore, du matin au soir confie son épouse, avec un objectif : être sur la scène du Carnegie Hall en septembre prochain, 60 ans tout juste après sa première performance dans cette prestigieuse salle new-yorkaise. 

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