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"Le non-remplacement nous révolte" : 12 enseignants en arrêt maladie sur 12 dans une école de Toulouse

À l’école élémentaire Fleurance, à Toulouse, aucun enseignant n’était en classe ce mardi 3 février. Les 12 professeurs de cette école primaire ont décidé de se mettre en arrêt maladie pour dénoncer une situation devenue, selon eux, intenable : des absences non remplacées à répétition, des classes surchargées et des élèves laissés sans cadre pédagogique stable.

La cour de récréation d'une école primaire (illustration).

Crédit : FRED DUFOUR / AFP

"Nos enfants n'ont pas le droit à l'éducation" à Toulouse, tous les enseignants d'une école en arrêt maladie pour protester contre les conditions de travail

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Patrick Tejero - édité par Yasmine Boutaba

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Journée inhabituelle à l'école Fleurance à Toulouse. Ce mardi 3 février, les 12 enseignants de cet établissement de 12 classes étaient absents simultanément - en arrêt maladie -, conséquence d’un malaise qui s'est installé depuis la rentrée.

Faute de remplaçants, les élèves sont régulièrement répartis dans d’autres classes, parfois à plus de 35 enfants par salle, une organisation jugée ingérable par les équipes pédagogiques.

Et cette situation a des répercussions directes sur les enfants. Inès, élève de CM2, a raconté avoir passé une nouvelle matinée avec des élèves de CP. "On a été répartis trois mois. Ce n’est pas suffisant pour les CM2. On va rentrer au collège, on ne va rien savoir", a-t-elle témoigné au micro de RTL.

La colère et l’inquiétude des parents

Du côté des parents, l’exaspération est palpable. Shéhérazade, la mère d’Inès, a dénoncé un problème qui dure depuis trop longtemps. Elle a fustigé le non-remplacement systématique des enseignants absents et a rejeté l’argument du manque de moyens. "C'est le non-remplacement qui nous révolte. En fait, il faut quoi de plus que 12 enseignants ? Je ne sais même pas pourquoi l'école est encore ouverte. On veut que nos enfants aient leur droit à l'éducation et ils ne l'ont pas" a-t-elle martelé. 

Même les élèves les plus jeunes ont mesuré les conséquences de cette désorganisation. Anna, également en CM2, a écrit un mot dans son carnet de liaison pour exprimer son mal-être. Elle a expliqué "moi, mon but, c'est d'avoir un bon métier plus tard. Je n'aime pas être répartie. Je préfère que la maîtresse nous apprenne plusieurs choses et que mes parents soient fiers de moi". 

Face à cette situation, les parents ont décidé d’occuper l’école dans la matinée afin d’obtenir des réponses. L’inspecteur de l’Éducation nationale s’est rendu sur place vers 10 heures, accompagné de quatre enseignants remplaçants mobilisés pour la semaine. Une solution temporaire, alors que l’école compte normalement 274 élèves et que les besoins restent largement supérieurs aux moyens déployés.

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