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Le fils caché de Fangio va pouvoir prendre le nom de son père

REPLAY - Des tests ADN viennent de révéler qu'Oscar Espinoza était le fils du mythique pilote automobile argentin, décédé en 1995.

Le champion de F1 Fangio était aussi un coureur de jupons
Le champion de F1 Fangio était aussi un coureur de jupons
Crédit : AFP
Le fils caché de Fangio va pouvoir prendre le nom de son père
03:30
Loïc Farge
Loïc Farge

Juan Manuel Fangio ne s’était jamais marié. Il n’a jamais reconnu d’enfant. Mais peu de femmes ont pu résister à son regard d’acier. Il est mort il y a vingt ans et pensait avoir emporté avec lui les secrets de sa vie privée. Mais ils vont être révélés les uns après les autres. Un premier fils, Oscar Espinosa, 77 ans, a obtenu l’exhumation de son corps. Les ADN des os et des dents extraits de la sépulture dans la pampa argentine correspondent. Oscar Espinosa va donc pourvoir changer d'état civil et porter le nom légendaire du champion de Formule 1. Fangio "attend" peut-être un deuxième enfant, puisqu'un autre homme de 73 ans - même yeux, même voix - attend le verdict de l’ADN. Ce que Fangio n’a jamais voulu dire de son vivant, la génétique est en train de le révéler.

Énorme dilemme

L’objectif, c’est l’héritage de Fangio. Il y a de l’argent en jeu. Être le fils de Fangio, ou les petits-enfants ensuite, donne le droit de contrôler d’exploiter l’image du champion, ce qui était fait jusqu'alors par la Fondation Fangio en charge du musée Fangio. Il y a beaucoup de droits à percevoir, par exemple sur les montres suisses estampillés Fangio.

Cette exhumation nous rappelle le cas Yves Montand. En 1998, Aurore Drossart avait obtenu des tests ADN qui avaient établi qu’elle n’était pas la fille de l’acteur. Ce genre de test post mortem n'est pas autorisé en France. La loi française sur la bioéthique l’interdit notamment depuis ce feuilleton Montand-Drossart. Maintenant pour faire des tests de paternité après la mort, il faut que le défunt ait exprimé son consentement de son vivant. Autant vous dire que c’est rare.

En fait, il y a un énorme dilemme que nous n'arrivons pas à résoudre. Faut-il plutôt choisir le respect qu’on doit aux morts qui ont le droit de "reposer en paix" et la volonté de ne pas créer de nouvelles souffrance à une famille en rajoutant un enfant qui n’est pas attendu ? Ou bien faut-il favoriser le droit de reconstituer sa filiation, qui est de plus en plus privilégié désormais ?

L'exhumation interdite en France

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Attention danger : la paternité ne peut pas reposer seulement sur une preuve génétique, prévient Anne-Marie Leroyer, professeur à l'École de droit de la Sorbonne. "L'expertise génétique comporte des dangers considérables qu'il faut très bien mesurer. L'argument le plus important est de chercher à savoir ce qu'est un père. Le père est sensé s'occuper de son enfant, il est sensé en prendre soin, il est sensé affirmer sa paternité du vivant de l'intéressé", explique-t-elle. "Or là, a posteriori, à l'évidence il n'y a pas ce vécu commun qui caractérise l'union d'un fils et d'un père. Est-ce qu'on va dans un système juridique qui va privilégier les liens de sang, c'est la question ?", poursuit-elle.

"On ne peut pas laisser la génétique seule dire qui est le père", avertit donc Anne-Marie Leroyer. C’est ce qu’établit le droit français pour l’instant en refusant l’exhumation. Mais la "Cour européenne des droits de l’homme établit comme un droit de l’Homme le droit de retrouver ses origines", insiste Frédérique Bozzi , magistrate à la Cour de cassation. Du coup la France sera tôt ou tard forcée de changer sa loi. Les coureurs automobiles et les coureurs de jupons sont désormais prévenus.

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