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Le cliché du petit Aylan continue de faire parler

REPLAY - La photo a été diffusée dans la presse nationale après l'émoi international provoqué par l'image de l'enfant noyé sur une plage de Turquie.

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Le cliché du petit Aylan continue de faire parler Crédit Image : Maxime Villalonga | Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

Le cliché du petit Aylan, noyé mercredi matin au large de Bodrum en Turquie, est ce que l'on appellerait ça une photo à retardement. La presse française fait son examen de conscience ce matin, elle qui était la seule a ne pas publier l'image hier. Chaque journal s'interroge donc : une photo peut-elle changer le monde? L'élément intéressant est de voir qui publie la photo en une ce matin : uniquement des journaux régionaux. Nice matin, La Provence, Le Républicain Lorrain , La Dépêche du Midi, Le Courrier Picard.


Les titres nationaux eux relèguent la fameuse photo un peu plus loin dans leur page. Le Parisien/Aujourd'hui en France, choisit de mettre en une la photo du petit garçon vivant, pull jaune, petits yeux brillants et grand sourire. Cette photo se retrouve aussi en une du Figaro. "Il s'appellait Aylan" titre Le ParisienLibération de son coté met en une la photo de deux réfugiés dans l'eau avec un gilet de sauvetage. Un seul mot figure sur cette une : "agir". La photo du corps d'Aylan est publiée en page 6 juste avant un billet du directeur du journal Johan Huffnagel qui explique "pourquoi nous n'avons pas publié plus tôt la photo d'Aylan"? La réponse est malheureusement simple: "nous ne l'avons pas vue!". 

Le journal La Croix, qui titre sur "le réveil citoyen" explique qu'il n'a pas publié la photo et ne la publiera pas en raison de "l'idée que nous nous faisons de la dignité humaine , par respect pour la mémoire d'une personne et pour la douleur de ses proches", écrit Guillaume Goubert. Dans une société qui ne sait plus comment regarder le monde qui l'entoure, il fallait sans doute ce cliché pour que la réalité s'incarne, admet aussi Pascal Coquis dans les Dernières Nouvelles d'Alsace. Nous sommes dans une société qui se nourrit de symboles, "ceci est mon corps". Cette question des migrants  est soudainement devenue concrète. Elle fait le tour de la douleur humaine.

À Londres, The Independent titrait hier "Somebody's child" : l'enfant de quelqu'un, l'enfant de tout le monde. Tout cela est formidablement résumé dans un dessin de Kak à la une de L'Opinion. On y voit un papa regarder son fils dormir paisiblement sur son lit dans la même position qu'Aylan sur le sable. Derrière le papa, on peut voir la une d'un journal avec la photo du petit garçon mort. Cette prise de conscience n'empêche pas certaine maladresse. Le Monde était hier le seul journal a afficher la photo d'Aylan en une, mais le service de la publicité n'avait pas du en être informé et en page 5, une pub pour une marque de luxe. On y voit une femme étendue sur le sable, comme sauvée des eaux par son nouveau sac à main.

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Quelques rares mines réjouies seront visibles ce matin en kiosque. La photo est toujours la même, un homme porte un verre à son nez, il est a moitié plein. L'Express qui y consacre 67 à son dossier Spécial Vins, qui occupe sa Une. Dans Le Point, presque le double avec 124 pages, contre 35 dans l'Obs...Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse de la lecture. Et au milieu de ces étiquettes, une histoire dans l'Obs : clochermerle sur les bords de loire. Deux vignerons de vouvray viennent de se voir priver de cette appellation renommée pour avoir vinifié leur raisin à Montlouis sur Loire à quelques kilomètres de Vouvray mais en dehors de l'aire de l'appellation.

Résultat : une déclassification séance tenante de leur millésime 2014 vendu entre 15 et 25 euros et qui sera donc en rayon avec la bien plus banale étiquette " Vin de France". La traçabilité des raisins n'est pas garanti se justifie l'INAO, l'organisme qui controle les appellations d'origine. Les deux vignerons ont l'intention de porter l'affaire en justice, et ils sont confiants : le conseil d'état avait donné raison il y a deux ans à deux viticulteurs de Pomerol qui étaient dans la même situation.  D'ici là, leur Vouvray devenu vin de france pourrait bien devenir collector.

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