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La pollution responsable d'un décès sur six en 2015, selon un rapport

D'après ce rapport, le nombre de décès liés à la pollution en 2015 représenterait 16% de l'ensemble des décès dans le monde.

Pollution de l'air à Paris, le 23 janvier 2017
Pollution de l'air à Paris, le 23 janvier 2017
Crédit : SIPA
Benjamin Pierret & AFP

Un bilan alarmant. Selon un rapport publié ce vendredi dans la revue The Lancet, un décès sur six survenu en 2015 dans le monde était lié à la pollution, ce qui représente ""trois fois plus de morts que le sida, la tuberculose et le paludisme réunis, et 15 fois plus que ceux causés par les guerres et toutes les autres formes de violence", comme l'indiquent les auteurs.

"On estime que les maladies causées par la pollution ont été responsables de 9 millions de morts prématurées en 2015 - soit 16% de l'ensemble des décès dans le monde", évalue ce rapport, fruit de deux ans de travail d'une commission associant la revue médicale britannique, plusieurs organismes internationaux, des ONG et une quarantaine de chercheurs spécialisés dans les questions de santé et d'environnement. Ces 9 millions de décès sont essentiellement liés à la contamination de l'air, mais également de l'eau et des lieux de travail. 

La pollution de l'air particulièrement meurtrière

La pollution de l'air (extérieur et intérieur) est responsable à elle seule de 6,5 millions de décès chaque année, principalement à travers des maladies non transmissibles comme les maladies cardiaques, les AVC, le cancer du poumon et la broncho-pneumopathie chronique obstructive. 

L'eau polluée, quant à elle, serait liée à 1,8 million de morts, à cause par exemple d'un mauvais assainissement ou de la contamination des sources, qui entraînent des maladies gastro-intestinales et des infections parasitaires. Enfin, la pollution sur le lieu de travail serait responsable d'environ 800.000 morts, à cause de l'exposition à des substances toxiques ou cancérigènes. 

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Et cette évaluation est "probablement sous-estimée", ajoute The Lancet, compte tenu "des nombreux polluants chimiques émergents qui restent encore à identifier".

Les pays en voie de développement particulièrement touchés

Le phénomène touche en premier lieu "les populations pauvres et vulnérables", note le rapport. 92% de ces décès surviennent en effet dans des pays à revenu faible ou moyen et, dans chaque pays, ils concernent davantage les minorités et les populations marginalisées. Dans les pays en voie d'industrialisation rapide comme l'Inde, le Pakistan, la Chine, Madagascar ou le Kenya, jusqu'à un décès sur quatre pourrait être lié à la pollution.

Le rapport insiste aussi sur le poids économique de ces vies écourtées pour les pays concernés : plus de 4.600 milliards de dollars chaque année, soit l'équivalent de 6,2% de la richesse économique mondiale. Un fardeau "négligé tant par les gouvernements que par les organisations pour le développement", déplore la revue. 

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