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La journaliste française qui a reçu un coup de fil du pape

REPLAY - Cette semaine, le pape François a donné sa première interview à un journal français et pour se faire, il a appelé lui-même la journaliste de "Paris Match".

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La journaliste française qui a reçu un coup de fil du pape Crédit Image : Maxime Villalonga | Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

"Bonjour Caroline, c'est le pape à l'appareil". Il faut imaginer ce que ça peut faire de recevoir ce genre d'appels sur son portable. C'est ce qui est arrivé le 9 octobre à Caroline Pigozzi, journaliste à Paris Match. Le pape François lui a téléphoné pour lui dire qu'il acceptait de la recevoir chez lui dans sa résidence Santa Marta au cœur du Vatican. La journaliste raconte sur le site de Paris Match les coulisses de cet entretien, de ce "moment inoubliable" avec l'homme le plus occupé de la planète, comme elle dit, de la nuit sans sommeil qui l'a précédé. 

Et qui donne ce matin en kiosque la couverture de Paris Match, "Le pape François interview exclusive". Interview dans laquelle il veut retourner les esprits, en appelant "à renoncer à idolâtrer l'argent". "Le capitalisme et le profit ne sont pas diaboliques si on ne les transforme pas en idoles. Ils ne le sont pas s'ils restent des instruments". En revanche", insiste-t-il, "si l'argent et le profit à tout prix deviennent des fétiches qu'on adore, si l'avidité est à la base de notre système social et économique, alors nos sociétés courent à la ruine".

Les paroles du pape rappellent celles d'un autre François... Hollande

Oui parce que les paroles du pape, au fond c'était un peu celles de François Hollande en 2012, l'ennemi de la finance. Coup sur coup, deux images sont venus fracasser cette stature. Deux ouvriers CGT qui refusent de lui serrer la main à Saint Nazaire mardi, un pot de yaourt jeté sur Emmanuel Macron le même jour à Lyon. "La gauche a-t-elle perdu le peuple ?", se demande Le Parisien. Et c'est assez rare pour être signalé, les quotidiens nationaux font tous leur une sur ce sujet. En une du Figaro, "Le grand malaise du gouvernement", en une de Libération "Hollande la claque sociale", en une d'Aujourd'hui en France "Policiers, Air France, médecins, profs, la grogne", en une des Échos, "Air France face aux ambiguïtés de l'État", et en une de l'Opinion, "Colère sociale : ça craque à gauche !".


Et les éditorialistes se déchaînent surtout sur le revirement de François Hollande et de Manuel Valls à propos  du plan social d'Air France. "Le gouvernement n'a plus de boussole", écrit Donat Vidal-Revel. François Hollande a dénoncé "la brutalité" d'où qu'elle vienne, des "mouvements" sociaux comme de certains "patrons", "du Mélenchon dans le texte", s'étrangle Gaëtan de Capelle dans Le Figaro. "Avec son parallèle douteux, le chef de l'État conforte une fois encore la désastreuse culture de l'excuse, si chère à la gauche", ajoute -t-il dans son édito intitulé "L'art du looping". Dans l'Opinion, Rémi Godeau ironise sur la "pirouette présidentielle", les voyous ce seraient donc les dirigeants. "C'est du brutal !". "L'urgence", écrit Le Parisien "est de calmer la colère". La conférence sociale de lundi prochain aurait dû y aider mais signe de l'impasse où stagne le dialogue sociale, la CGT a prévenu qu'elle laisserait sa chaise vide. Un camouflet.

Dans la presse également, ceux qui ont réussi à retourner les esprits

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Angela Merkel d'abord dans Le Figaro. La chancelière de plus en plus contestée dans sa gestion de la crise des migrants. "Le conte de fée est terminé", écrit d'ailleurs la presse allemande. Un Allemand sur trois souhaite aujourd'hui la démission de Merkel. Vladimir Poutine dans Libération et sa "victoire cathodique". Grâce à la propagande des médias russes officiels, il a réussi à retourner l'opinion publique sur la Syrie.


Retourner les esprits à force de propagande et à force d'effectifs policiers c'est aussi ce que semble avoir réussi Robert Ménard à Béziers, d'après une enquête de l'Obs. "La vie quotidienne sous Robert Ménard. Immersion dans un paradoxe". Dans les halles de Béziers, les commerçants sont unanimes : la ville est plus sûre, plus propre. "Ménard est en train de rendre Béziers aux Biterrois", dit un restaurateur qui cite les animations estivales : dégustations de produits locaux, spectacle son et lumière, concert gratuit de Patrick Sébastien.

Pourtant écrit David le Bailly, "en dehors des halles, Béziers est une cité comateuse, des échoppes vides aux vitrines poussiéreuses, des panneaux à vendre à tous les coins de rue, immeubles majestueux mais désespérément éteints". La révolution Ménard en apparence n'a pas eu lieu. Alors d'où vient cette impression de fausse tranquillité, de veillées d'armes ? La réponse, dans les mots du responsable de la Cimade locale, association qui s'occupe des réfugiés : "Ménard fait avancer ses idées dans les cerveaux des gens et cette bataille-là, il est en train de la gagner".

Pour finir, un livre

Parce qu'il y a des batailles dont on doit se souvenir aussi. Extrait de "Cette année, les pommes sont rouges". "Matricule 4860, Stalag VI G. La plaque est pendue autour de son cou. Il la montre aux deux soldats qui le tiennent en joue lui et ses compagnons d'évasion. C'est la fin, fini notre beau rêve, nous nous laissons attraper. Les deux soldats regardent les plaques autour du cou, jettent aux évadés un regard compatissant et d'un signe de la main nous montrent la direction de la frontière belge en nous souhaitant bonne chance". 


Ces mots sont ceux de Georges, soldat français qui a combattu quelques semaines contre les nazis avant d'être fait prisonniers dans un stalag dès 1939. Avec quelques amis, il a réussi à s'en évader et après des jours de marches à travers la Hollande et la Belgique. Il a regagné la région lyonnaise pour s'engager dans la résistance. Georges a repris le cours de sa vie en 45 et n'a commencé à écrire son journal de guerre que 30 ans plus tard. Des petits cahiers dont a hérités Laurent, son petit fils quand Georges est mort. Un petit fils admiratif qui a fait un livre de ce journal de guerre. 

Un "grand petit livre" écrit Le Point ce matin qui en publie les bonnes feuilles. Grand par la densité de son propos, petit par l'épaisseur, 157 pages. Un récit distancé, truffé d'humour, le regard d'un petit fils sur ce grand père qui fut incontestablement son modèle. "Les deux hommes ne font qu'un tant ils se ressemblent" écrit Jérome Béglé dans Le Point. "Cette année, les pommes sont rouges", c'était le code du maquis, c'est aussi le titre du livre qui sort cette semaine. Le grand père s'appelle Georges, Georges Gerra et l'auteur du livre, Laurent, Laurent Gerra. De quoi retourner les esprits de ceux qui pensaient qu'ils ne savaient que nous faire rire. 

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