4 min de lecture Législatives 2017

La fin de dix mois intenses de politique

À l'approche du deuxième tour des élections législatives,qui marquera la fin d'un cycle d'intense politique, la presse se pose encore de nombreuses questions.

BEGOT 245300 La Revue de Presse Amandine Begot
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La Revue de Presse du 16 juin 2017 Crédit Image : Maxime Villalonga | Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

Dimanche, c'est une longue, très longue saison électorale qui va s'achever. Si l'on considère que la campagne de la primaire de la droite a commencé en août 2016, cela fait dix mois que la France vit dans un climat d'intense compétition politique. Dix mois d'"un incroyable chamboule-tout", résume ce matin le journal La Croix. 

Pour tout dire, il est grand temps que cette "longue phase de consultation soit soldée", écrit Yann Marec du Midi Libre. Dans la moiteur de juin, certains étouffent d'un trop plein de politique. D'autres montent en pression jusqu'à faire tomber une élue de la République en plein Paris.

"Législatives c'est l'heure de vérité", titre Le Progrès. Et pas seulement pour la majorité. "Droite : la semaine ou tout va basculer", titre L'Opinion, qui nous conseille de bien retenir une date : le 21 juin 2017... Pour la droite française, il y aura un avant et un après. Ce jour-là, dans la matinée sera élu le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée... Puis dans l'après-midi, le bureau politique. Deux moments cruciaux à l'issue desquels, la droite française aura considérablement changé. Avec en toile de fond deux questions : la question de la scission et la question du vote de confiance au gouvernement le 4 juillet. Vivement mercredi !

L'affaire Gregory, suite et toujours pas fin ...

Deux jours pour trouver la vérité, là où plus de trente ans n'ont pas suffi. "Cela paraît bien court", écrit ce matin L'Est Républicain. Sauf à disposer, dans la manche, d'atouts très forts.

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Et si l'heure de vérité était arrivée se demande ce matin la presse." L'envie de savoir", titre Vosges Matin. "Vol au-dessus d'un nid de corbeau", en une de Libération avec une des lettres anonymes reçues par les Villemin à l'époque. Un article à lire ce matin dans Libé : "1985, un pays entier au bord de la Vologne". Eric Favereau interroge la place invraisemblable qu'a prise l'affaire Gregory dans la psyché française. "C'est plus qu'un fait divers" dit le journaliste, "c'est la France profonde, sombre et double, avec un jeu de dénonciations, dans un bout de territoire peuplé d'habitants aux familles entremêlées, se connaissant tous, se fréquentant, se surveillant. Il y avait tous les archétypes que l'on pouvait souhaiter. Et surtout il y avait un corbeau. Le corbeau, comme dans le film de Clouzeau qui avait frappé les esprits.

"Pour ceux qui ont suivi l'affaire, écrit aussi le journaliste, l'évolution des visages de Christine et Jean-Marie Villemin a quelque chose de saisissant. Au départ si jeune et si naïf, si vivants, ils sont devenus blêmes vieillis, épuisés, comme vidés. Ils ont pourtant résisté". Alors le mieux qui puisse arriver, c'est qu'enfin la justice mette un nom sur le ou les coupables pas pour le public, pas pour la presse, mais pour les parents de Gregory.

"L'envie de savoir", titre Vosges Matin. Curieux choix de mots, ce n'est pas une envie, c'est un besoin aujourd'hui.

Un besoin aussi chez les internautes

Oui, ça c'est une enquête passionnante à lire dans le nouveau numéro de l'excellente revue Sang Froid, qui s'intéresse sur ces anonymes qui se muent en cyber-enquêteurs et tentent de mener leurs propres investigations parallèlement au travail de la police. Partagés entre fascination pour le crime, sincère volonté d'aider et gout des énigmes, ils se lancent sur les traces virtuelles laissées par les suspects ou les défunts...

À l'arrivée, quelques découvertes significatives et de gros ratés. Le phénomène est surtout répandu aux États-Unis, où il porte même un nom, le web sleuthing. Plusieurs sites y sont même consacrés. En France, des communautés d'internautes commencent elles aussi à s'emparer de certaines enquêtes, comme l'affaire Troadec. Les internautes, on s'en souvient, avaient remonté toute la vie numérique du fils Sébastien, laissant penser à une préméditation de sa part. L'enquête révélera qu'il n'en était rien.

En revanche les internautes ont joué un rôle déterminant dans l'affaire Dupont de Ligonnès en retrouvant des messages de la mère qui écrivait sur des forums sous un pseudo, mais aussi du père toujours porté disparu. Des éléments déterminants, auxquels les enquêteurs n'étaient pas encore arrivés. La page ouverte par les cyber-enquêteurs amateurs a depuis été placée sous surveillance policière. "Quand les internautes mènent l'enquête", c'est à lire dans la revue Sang froid.

Le manspreading

On s'intéresse à un autre phénomène, baptisé aux États-Unis. Le manspreading. Une page entière dans Le Parisien, Aujourd'hui en France. Manspreading, manie consistant à s'asseoir dans les transports en commun en écartant les jambes sans se soucier du voisin et surtout de la voisine. Le phénomène s'affiche en long en large et forcément en travers sur internet. 

La protestation a pris une telle ampleur qu'a Madrid les bus viennent d'être équipés de pictogramme montrant un homme aux jambes écartées barré d'une croix. Le parti d'opposition Podemos a même déposé une proposition de loi pour interdire d'écarter les jambes dans le métro. En France, rien de tout cela pour le moment, mais la secrétaire d'État à l'Égalité femme-homme Marlène Schiappa assure au journal qu'elle soutiendra toute initiative qui rappelle que l'espace public appartient à tout le monde.

Laurence Rossignol, ex-ministre des droits des femmes, y voit une affaire d'éducation. Les comportements sexistes, dit-elle, "ça commence dans la cour de récré quand on dit aux petites filles de ne pas montrer leur culotte et de croiser les jambes et qu'on ne dit jamais rien au garçon. Le moment est peut être venu", dit le journal. Lire aussi sur le site Slate l'article intitulé : " Cette fausse excuse qu'on ne veut plus jamais lire concernant le man spreading".

Oui parce que les hommes qui font ça, parait-il, ont une bonne excuse. Mais un docteur précise sur Slate qu'"anatomiquement, les hommes peuvent tout à fait croiser les jambes ou les serrer gentiment". L'heure de vérité a sonné pour ces messieurs. Peut-être que la campagne menée par Podemos leur remettra les idées en place, à défaut d'autres choses..."

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2017-06-16 16:32:18
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