2 min de lecture Prisons

La contrôleure des prisons contre le regroupement des détenus islamistes

REPLAY - Manuel Valls avait annoncé après les attentats de Paris vouloir regrouper les détenus islamistes dans des quartiers dédiés.

Calvi-245x300 RTL Matin Yves Calvi iTunes RSS
>
La contrôleure des prisons contre le regroupement des détenus islamistes Crédit Image : JOEL ROBINE / AFP | Crédit Média : Elizabeth Fleury | Durée : | Date : La page de l'émission
Elisabeth Fleury et Fanny Bonjean

Pour éviter le prosélytisme religieux radical et favoriser la prise en charge des personnes radicalisées, le gouvernement souhaite regrouper les détenus islamistes dans des quartiers spécialisés au sein des prisons. Une telle expérience a déjà été menée à Fresnes.

Mais dans un rapport paru mardi 30 juin, la contrôleure des prisons Adeline Hazan se dit défavorable à une telle mesure. Elle, qui s'est rendue dans plusieurs quartiers réservés en début d'année, estime que regrouper les détenus islamistes présente des risques d'arbitraire, de non respect des droits fondamentaux. "Les difficultés d'identification des personnes visées ne sont pas résolues", écrit Adeline Hazan selon qui "la grille d'évaluation de la 'dangerosité' n'est plus adaptée à l'évolution du phénomène".  

Risque de sur-radicalisation

Elle souligne aussi une possible sur-radicalisation au sein même de ces unités, les détenus les plus faibles se pliant aux diktats des plus durs. L'avocat Martin Pradel partage ces craintes. Il a vu plusieurs de ses clients, incarcérés pour terrorisme, se radicaliser encore un peu plus lors de leur passage dans ces quartiers.

Il raconte : "J'ai en mémoire un très jeune. On l'a mis au contact de prédicateurs dans ces cellules de la maison d'arrêt de Fresnes. Et donc ce jeune qui ne portait pas la barbe lorsqu'il y est entré, il est peut-être plus radicalisé encore aujourd'hui après plusieurs mois de détention provisoire qu'il l'était au moment où il est entré."

À lire aussi
L'actrice Felicity Huffman sortant du tribunal fédéral de Boston, mercredi 3 avril 2019. Elle est accusée d'avoir payé des pots-de-vin pour faire admettre sa fille dans une grande université américaine. États-Unis
L'actrice américaine Felicity Huffman est en prison, pour deux semaines

De plus, "depuis 2014", les comportements des islamistes en prison ont changé, souligne le rapport, selon lequel "une consigne de dissimulation semble avoir été donnée pour cesser d'arborer des signes ostensibles de fondamentalisme". 

Une dispersion plutôt qu'un regroupement

L'expérience de Fresnes "ne démontre pas que cette pratique nouvelle ait eu un effet apaisant sur le reste de la détention. À l'inverse, les personnes regroupées ont pour la plupart confié leur crainte d'être étiquetées durablement islamistes radicaux, et de ne pouvoir se défaire de l'emprise de leurs codétenus", explique la contrôleure. 

Alors, plutôt qu'un regroupement, plusieurs intervenants du rapport prônent une "dispersion", une option déjà retenue en Grande-Bretagne ou en Belgique.

Parmi les autres critiques, Adeline Hazan regrette l'absence de "formation particulière" des personnels affectés à ces unités, le manque "d'informations sur les modalités d'encadrement" et "les conditions de détention" qui "laissent craindre "un éventuel glissement vers un isolement de facto de ces personnes. 

L'avis d'Adeline Hazan n'a qu'une valeur de recommandation. Dans une longue lettre en réponse, la Chancellerie qui prévoit d'étendre ce dispositif, se dit "ouverte à toute proposition" pour l'améliorer.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Prisons Islamisme Attentats en France
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants