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L'OPA d'Emmanuel Macron sur les législatives

La presse revient largement sur le raz de marée de La République En Marche lors du 1er tour des législatives, dimanche 11 juin.

Emmanuel Macron près de Lorient, le 1er juin 2017
Emmanuel Macron près de Lorient, le 1er juin 2017
Crédit : DAMIEN MEYER / AFP
L'OPA d'Emmanuel Macron sur les législatives
04:47
Adeline François

"Déferlante", "raz de marée", "tsunami", "grand chambardement", "Big Bang". Quelques-uns des titres de vos journaux ce matin. Comment parler de cette victoire qui n'en est pas encore une puisqu'il faut attendre dimanche prochain ? D'ailleurs, pourquoi attendre en fait ? "Macron en marche vers une majorité écrasante", titre Le Figaro. "Macron plie le match", en une de l'Opinion. "En marche seul", pour le Huffington post façon Jean-Jacques Goldmann. "Un coup de maître", pour Le Parisien, "L'OPA" en une de Libération, tandis que l'Humanité invente une nouvelle couleur : "La chambre bleu Macron". Emmanuel Macron également en une de la presse internationale. "La voie royale" pour le Soir en Belgique, "Powerful position", pour le Wall Street Journal, "Grosser erfolg" (grande réussite), en une du Frankfurter allgemeine...
 
"Qui l'eût cru ? Qui l'eût dit ? Une formation politique qui n'existait pas il y a deux ans est donc en passe de rafler une insolente majorité à l'Assemblée nationale, bouleversant du même coup un paysage politique que l'on a longtemps pensé immuable" écrit Paul-Henri du Limbert dans Le Figaro. De fait, constate Laurent Joffrin, tout en s'en désolant, Emmanuel "Macron peut se saisir de tous les pouvoirs". C'est "la victoire totale de la stratégie du renouvellement promise" par le chef de l'État, note Laurent Bodin de L'Alsace.

"Et en même temps, pourrait-on dire pour imiter le style présidentiel, ni ses 24% du premier tour de l'élection présidentielle, ni les 50% d'abstention de ce dimanche ne doivent donner l'illusion d'une France convertie à la 'Macron-mania'", écrit Nicolas Beytout dans L'Opinion.
 
Dans les Échos Cécile Cornudet explique justement comment l'abstention a servi Emmanuel Macron. "Depuis son élection, il a systématiquement suivi les deux préceptes non écrits d'une campagne gagnante : mobiliser son camp et démobiliser le camp adverse. Les Français rêvent de consensus après une présidentielle harassante, il a su s'en saisir en organisant une campagne sans points d'accroche ni débats. Ajoutez à cela les tentatives d'indifférenciation des candidats LR et PS souhaitant profiter de la lumière présidentielle et le tour était joué. Soif de consensus, confusion et lassitude se sont mariées pour ne pousser au vote que les électeurs les plus motivés."

"C'est les législatives qu'on assassine"

Et par endroit, il fallait vraiment être motivé. Le Parisien a passé la journée d'hier dans un bureau de vote de la 18e circonscription de Paris. Les électeurs avaient le choix entre 26 candidats, record national. "Il y a tellement de bulletins que je n'arrive même pas à repérer celui du candidat pour lequel je veux voter", dit un père de famille. "C'est du grand n'importe quoi", s'indigne un électeur qui cherchait un bulletin La République En Marche. Pas de bol, ici aucun n'avait été investi face à l'ex-ministre socialiste Myriam el Khomri. Confusion, lassitude.

"C'est les législatives qu'on assassine", s'étrangle Jean-Marie Pottier sur le site Slate qui constate l'affaiblissement structurel du scrutin depuis 2002 et la réforme du calendrier électoral. "La combinaison du "fait majoritaire" et de la succession de la présidentielle et des législatives à quelques semaines d'intervalle, ont sapé l'intérêt de ce scrutin. Les législatives qui étaient auparavant des quasi élection de mi-mandat ont été transformées en élections 'bonus'".

Comment nommer les choses à gauche ?

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"Est-ce une bérézina ? Une déroute ? Un naufrage ?", se demande le Monde de cet après-midi  "Dans toute la France, ce sont des bastions de gauche qui s'effondrent. Le PS est d'ores et déjà effacé du Nord, ou il avait pourtant dix députés, de la Haute-Garonne, du Pas-de-Calais, des Bouches-du-Rhône". "Les socialistes sont sur un champ de ruines", écrit le Monde. C'est aussi le titre de Libération qui rappelle que jusqu’ici, le 11 juin était une date historique : l’ouverture en 1971 du Congrès d'Épinay, acte de naissance de l'actuel PS. 46 ans plus tard, le 11 juin restera dans l'histoire socialiste comme la pire défaite législative.

Le Parisien/Aujourd'hui en France, lui, ironise sur la soirée de Jean-Christophe Cambadélis. "Peut-on jamais se préparer à un désastre personnel et collectif ? Cambadélis a essayé", écrit le journal. "Lorsqu'il a descendu le bel escalier pour venir faire une déclaration en salle de presse hier soir, il avait réussi à se composer un visage presque souriant. Avant de partir plus tard, il a trinqué avec les militants. 'À la bataille je vous emmènerai vers d'autres victoires'". En politique il faut toujours y croire. Comment nommer les choses, c'est aussi la question dans les transports en commun.

Le RER pourrait devenir train

Selon une information des Échos, le STIF le syndicat des transports d’Île-de-France a demandé un toilettage sémantique complet des transports franciliens, parce que les usagers ne s'y retrouvent plus entre les transiliens, les métros, les trams, les tram express et surtout le RER qui va donc être rebaptisé "train". Oui oui train. On parlera de la grève sur la ligne B du train. Aussi inouï que cela puisse paraître.

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