3 min de lecture Crime

L’attentat de l’observatoire et autres affaires troubles de la Ve République

REPLAY - Dans la nuit du 15 au 16 octobre 1959, la voiture de François Mitterrand est attaquée. L’enquête piétine mais une semaine après les faits, Robert Pesquet, un ancien député gaulliste proche de l'extrême droite, accuse Mitterrand d'avoir lui-même fomenté ce vrai-faux attentat.

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Affaires troubles de la Veme République Crédit Image : DANIEL JANIN / AFP | Crédit Média : Jacques Pradel | Durée : | Date : La page de l'émission
Jacques Pradel
Jacques Pradel et Charlotte Meritan

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L'édito

A la Une de l’Heure du crime, une enquête sur les grands scandales de la Vème République.

Mon invité, le journaliste Marc Baudriller révèle, dans un livre choc, les coulisses de quelques uns des grands scandales qui ont émaillé la Vème République depuis ses débuts.

Nous avons choisi de revenir sur deux d’entre eux : Le « vrai-faux » attentat de l’Observatoire, en octobre 1959. Le sénateur de la Nièvre, François Mitterrand, accuse l’extrême droite d’avoir mitraillé sa voiture en plein Paris. La presse de droite accuse le sénateur d’avoir organisé lui-même l’attentat, pour se faire de la publicité à quelques semaines de l’élection présidentielle…

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Personne n’a oublié non plus l’affaire des avions renifleurs, une des plus grandes escroqueries du siècle, près de 100 milliards de centimes de l’époque, extorqués au groupe pétrolier Elf, par deux inventeurs farfelus, qui prétendaient avoir mis au point une machine miraculeuse capable de détecter par avion des gisements de pétrole !

L’invention était en fait une énorme supercherie à laquelle on cru pendant plusieurs années, entre 1976 et 1979, les plus hautes autorités de l’état, jusqu’à ce qu’un savant atomiste dévoile le pot aux roses et confonde les escrocs.

On vous dit tout dans un instant !

L'attentat de l'Observatoire, vrai-fausse attaque ?

Dans la nuit du 15 au 16 octobre 1959, François Mitterrand, alors sénateur de la Nièvre, regagne seul, au volant de sa voiture, son domicile de la rue Guynemer à Paris. Il s’aperçoit alors qu’il est suivi. Il décide d’abandonner sa voiture devant les jardins de l’Observatoire, escalade les grilles du jardin et se cache dans les feuillages. 
Vers minuit trente, sa Peugeot 403 est criblée de sept balles. L’enquête piétine, s'oriente d'abord vers les partisans de l'Algérie française. Mais une semaine après les faits, Robert Pesquet, un ancien député gaulliste proche de l'extrême droite, accuse Mitterrand, l'ancien ministre de l'Intérieur, d'avoir lui-même fomenté ce vrai-faux attentat. L'objectif ? Regagner les faveurs de l'opinion...
Plusieurs années après, Robert Pesquet change de version. Il admet avoir été le cerveau à l'origine du faux attentat mais confie également qu'il en avait, dès le départ, prévu la divulgation. Il s'agissait en fait, selon lui, d'une manipulation destinée à discréditer le socialiste.

L'affaire des avions renifleurs

En 1976, le comte Alain de Villegas et l'inventeur Aldo Bonassoli présentent aux ingénieurs d'Elf une invention aussi extraordinaire qu'invraisemblable : une machine capable de restituer sur écran la composition du sous-sol, et donc de repérer les gisements de pétrole. Alors que la France souffre du premier choc pétrolier, Elf, une entreprise publique, y voit une aubaine. Elle investit des centaines de millions de francs pour le développement et le perfectionnement de la machine. Pendant quelques années, les expériences sont concluantes et l'euphorie règne au sein de l'entreprise.

Mais la supercherie est finalement dévoilée, le 24 mai 1979. On découvre que des sources internes à l'entreprise y ont participé pour faire croire au bon fonctionnement de l'invention. Les inventeurs quant à eux intégraient préalablement une photographie au sein de l'appareil, Aldo Bonassoli peignant lui-même les cartographies des supposés gisements. Deux mois plus tard, l'association entre les inventeurs et Elf est dissoute, mais la compagnie pétrolière ne parviendra à récupérer qu'une partie des fonds investis. 

L'affaire ne sera révélée qu'en 1983 par le Canard Enchaîné, qui affirme qu'un rapport de la Cour des comptes sur cette affaire, gênant pour l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing et l'ancien premier ministre Raymond Barre, a disparu. L'affaire des "avions renifleurs", comme l'a surnommée le journal satirique, devient alors un scandale politique.

Nos invités

Marc Baudriller, journaliste, auteur de Une histoire trouble de la Ve République (Tallandier).

Une histoire trouble de la Veme république
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REPLAY - Dans la nuit du 15 au 16 octobre 1959, la voiture de François Mitterrand est attaquée. L’enquête piétine mais une semaine après les faits, Robert Pesquet, un ancien député gaulliste proche de l'extrême droite, accuse Mitterrand d'avoir lui-même fomenté ce vrai-faux attentat.
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2015-10-06 11:08:00
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