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Fusillade à "Charlie Hebdo" : le journal était pourtant protégé

ÉCLAIRAGE - Malgré une protection renforcée des journalistes du titre, des terroristes ont tué au moins 12 personnes.

Des hommes armés et cagoulés affrontent la police après l'attaque de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015
Des hommes armés et cagoulés affrontent la police après l'attaque de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015
Crédit : ANNE GELBARD / AFP
Paul Guyonnet
Paul Guyonnet

Jamais un média français n'avait été endeuillé par une attaque terroriste sur le sol national. Ce 7 janvier, une violente fusillade au journal "Charlie Hebdo" a pourtant causé la mort d'au moins douze personnes, journalistes et policiers, en blessant très grièvement quatre autres.

Vers 11h30, trois hommes lourdement armés s'avancent vers le numéro 10 de la rue Nicolas Appert, dans le 11e arrondissement de Paris. D'un pas martial et équipés de façon quasi-militaire, ils pénètrent dans la rédaction. La dessinatrice Corinne Rey, dite Coco, collaboratrice récurrente de la publication, était partie chercher sa fille à la garderie. C'est elle qui ouvrira la porte aux assassins, sous la menace d'une arme, braquée sur elle.

Elle raconte le sanglant épisode au journal L'Humanité : "En arrivant devant la porte de l'immeuble du journal, deux hommes cagoulés et armés nous ont brutalement menacé. Ils voulaient entrer et monter. J'ai tapé le code (...) Ça a duré cinq minutes (...) Je m'étais réfugiée sous un bureau (...) Ils parlaient parfaitement le français et se revendiquaient d'al-Qaïda".

Une rédaction protégée depuis 8 ans

Avec leurs Kalashnikov, des armes de guerre, les trois hommes sont trop lourdement armés pour une protection pourtant mise en place depuis des années, huit exactement. Car le ton polémique de "Charlie" avait déjà valu à ses auteurs de nombreuses menaces, souvent liées à l'islam radical. À la suite de la publication de caricatures de Mahomet, le QG du journal, alors dans le 20e arrondissement, avait même été incendié par un cocktail Molotov en 2011. 

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Une partie des dirigeants et de la rédaction du journal, dont les emblématiques Charb et Luz, avaient alors été placés sous la protection des forces de l’ordre. Patrouilles de police régulières, policiers aux abords et même régulièrement au sein de la rédaction, gardes du corps, la police ne voulait "pas prendre de risque”, comme le disait à l’époque Patrick Pelloux, employé par le journal.

Des forces de police "en permanence"

Fin 2012 ensuite, alors qu'une nouvelle polémique fait rage, une protection toute particulière est mise en place pour sécuriser la rédaction de Charlie Hebdo. Des cars de CRS sont mobilisés, des policiers filtrent des entrées au journal, des gardes du corps supplémentaires sont mis aux services des personnalités du journal. Une surveillance qui ne cessera dès lors plus. 

Le site FranceTV infos rapporte ainsi les propos d’un voisin de la nouvelle rédaction, désormais installée dans le 11e arrondissement.  "Il y avait en permanence des forces de police pour surveiller les lieux jusqu'en septembre dernier", explique l’homme. 

Pour réussir leur carnage, les assassins franchiront donc tous les dispositifs de sécurité mis en place. Le garde du corps du dessinateur Charb, un policier qui le protégeait en permanence, sera ainsi abattu avec lui, après trois ans de protection quotidienne et sans relâche.

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