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Fessenheim : les réacteurs devront s'arrêter au plus tard en 2020 et 2022

EDF n'envisage plus de repousser la date de cessation d'activité des deux réacteurs de la centrale alsacienne. Le dernier devrait arrêter de fonctionner en 2022.

Une vue de la centrale nucléaire de Fessenheim, dans le Haut-Rhin
Une vue de la centrale nucléaire de Fessenheim, dans le Haut-Rhin Crédit : SIPA / M. Astar
Clarisse Martin
Clarisse Martin
et AFP

C'est un récif auquel se sont heurtés plusieurs gouvernements successifs. Longtemps incertain, l'avenir de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), semble à présent fixé. Les deux réacteurs devront cesser de fonctionner au plus tard respectivement en 2020 et 2022, a précisé lundi 22 octobre l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). 

"EDF n'envisage plus le fonctionnement des réacteurs de la centrale au-delà de leurs quatrièmes réexamens périodiques, prévus en septembre 2020 pour le réacteur 1 et en août 2022 pour le réacteur 2", indique-t-elle dans une note d'information. Ce calendrier a été fourni par l'électricien lui-même et le directeur général de l'ASN, Olivier Gupta, confirme dans un courrier qu'il "partage" cette analyse.  

En effet, les études et travaux nécessaires n'ont pas été engagés pour que les réacteurs puissent fonctionner au-delà de leur quatrième examen décennal, nécessaire pour prolonger leur vie à cinquante ans. Les présidents François Hollande puis Emmanuel Macron s'étaient engagés à fermer la doyenne des centrales françaises. 

Un arrêt conditionné au démarrage de Flamanville

Par ailleurs, l'ASN rappelle qu'EDF doit fournir une "déclaration d'arrêt définitif" pour chaque réacteur au moins deux ans avant cet arrêt, sauf cas particulier que doit justifier l'entreprise. L'ASN réclame donc cette déclaration "dans les meilleurs délais" pour le réacteur numéro 1. Celle qui concerne le second devrait être transmise en août 2020. 

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Fessenheim devait normalement cesser de fonctionner lors du démarrage de l'EPR de Flamanville (Manche). Or celui-ci a pris du retard : selon le nouveau calendrier fourni cet été, son démarrage est prévu fin 2019, pour une mise en service commerciale en 2020. 

Le ministre de la Transition écologique et solidaire François de Rugy a récemment indiqué que le calendrier de Fessenheim pourrait désormais être indépendant de celui de l'EPR. L'ASN a par ailleurs aussi rappelé à EDF que son "dossier de démantèlement", qui présente notamment l'analyse des risques associés à ces opérations, devra être transmis avant septembre 2020. En attendant, l'ASN juge que l'électricien ne devrait pas à avoir à mettre en place certaines mesures décidées après la catastrophe de Fukushima. 

De nouvelles normes de sûreté

L'entreprise devrait notamment être dispensée de l'installation de diesels d'ultime secours, destinés à garantir une alimentation électrique pour les systèmes de sûreté dans des situations extrêmes. 

À la place, l'ASN envisage de demander à EDF d'étudier les évolutions nécessaires du "noyau dur". Ce concept forgé après Fukushima recouvre l'ensemble de moyens qui doit permettre aux installations de maintenir les fonctions fondamentales pour leur sûreté. Ce changement des prescriptions applicables à Fessenheim va être soumis à la consultation du public, indique l'ASN. 

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