1. Accueil
  2. Actu
  3. Société
  4. Faux ordres de virement : les escrocs profitent des fêtes de fin d'année
2 min de lecture

Faux ordres de virement : les escrocs profitent des fêtes de fin d'année

La police met en garde les entreprises pour les fêtes de fin d'année : les escrocs profitent de la période pour ordonner de faux virements, parfois aux montants astronomiques.

Un poste de police. (Illustration)
Un poste de police. (Illustration)
Crédit : KENZO TRIBOUILLARD / AFP
micro générique
La rédaction de RTL

A l'approche des fêtes, les escrocs guettent particulièrement les entreprises pour procéder à de faux ordres de virement, qui peuvent atteindre des montants astronomiques.

La police a tenu à alerter les sociétés françaises, mais aussi "de langue française" dans toute l'Union européenne. "C'est un véritable fléau économique. Il faut être vigilant, la trêve des confiseurs est souvent synonyme de relâchement dans les sociétés et les escrocs en profitent", explique le commissaire Jean-Marc Souvira, patron de l'Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF), lanceur d'alerte d'un nouveau style.

Selon lui, ce n'est pas un procédé nouveau. Les escrocs agissent souvent le vendredi, alors que l'activité ralentit avec la fin de la semaine. La crainte de ce service spécialisé de la police judiciaire (PJ) française est qu'elle soit "encore plus importante" à la faveur de la période des fêtes, où la "vigilance s'estompe parfois".

Du culot et la connaissance du fonctionnement des entreprises

Il s'agit de se faire passer, auprès du comptable par exemple, pour le PDG afin d'obtenir le versement de fonds. En prétextant pour cela l'imminence d'un projet de fusion/acquisition ou, nouvelle et récente méthode, un changement de domiciliation bancaire pour verser le loyer de l'entreprise.

À lire aussi

Un principe enfantin, mais nécessitant une bonne dose de culot et une connaissance des arcanes des sociétés visées, qu'elles soient du CAC 40 ou plus artisanales.

En trois ans, 300 millions d'euros dérobés

Le message de la police n'est pas non plus nouveau mais il y a, selon lui, urgence à le marteler en raison notamment des préjudices subis et des "dommages collatéraux". Les montants peuvent aller de 400.000 euros pour les plus faibles à 25 millions d'euros, record à ce jour. En trois ans, selon la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), entre 2010 - année d'apparition du phénomène - et 2013, 700 faits ont été recensés en France. Soit 360 entreprises. Préjudice global: 300 millions d'euros.

"Et il y en a qui ne portent pas plainte", affirme-t-on à l'OCRGDF, "par peur d'une mauvaise publicité". Sur ces trois années, il y a eu tout de même, selon la PJ, 1.200 plaintes en France.

Des "escrocs de haut vol"

Les escrocs recourent à une multitude de sociétés écrans et utilisent la Chine comme lieu de destination finale des virements avant transfert ou décaissement. L'Europe de l'Est, elle, sert de zone de rebond : Pologne, Slovaquie, Hongrie, ou Géorgie tout récemment.

Ces Arsène Lupin sont souvent des "escrocs de haut vol", selon l'office de la PJ, et certains ont trempé dans les escroqueries à la taxe carbone (transactions frauduleuses sur les droits d'émissions de CO2). Leur "base de repli" est Israël, pays avec lequel la France n'a pas d'accord bilatéral d'extradition et où sévissent parfois, selon la police française, de véritables "groupes criminels".

Outre le préjudice financier important à chaque fois, les "dommages collatéraux" sont des licenciements, des salariés abusés par exemple, voire des suicides comme cela été le cas à Lyon.

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/