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Faut-il changer notre système de Sécurité sociale ?

INVITÉS RTL - Claude Le Pen, économiste de la santé et Jean-Marc Daniel, économiste, évoquent les différentes pistes envisagée pour sauver la Sécurité sociale.

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Faut-il changer notre système de Sécurité sociale ? Crédit Image : PHILIPPE HUGUEN / AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Yves Calvi et Léa Stassinet

La santé fait son grand retour dans la campagne présidentielle. Ce mardi 21 février au Palais Brogniart à Paris, Benoît Hamon, Yannick Jadot, François Fillon, Emmanuel Macron et Nicolas Dupont-Aignan ont présenté leurs mesures autour de ce thème lors d'un grand oral organisé par la Mutualité Française. Les questions qui reviennent le plus souvent ont été évoquées, à savoir s'il faut privatiser ou non l'assurance maladie, s'il faut plus de complémentaires santé, ou encore si l'assurance maladie peut continuer à tout rembourser. François Fillon avait provoqué un tollé en proposant dans son programme de ne faire appel à l'assurance maladie que pour les "gros" risques, les affections graves ou de longue durée (ALD), et de rembourser les frais de maladies moins graves via des mutuelles ou des assurances privées. 

Pour Jean-Marc Daniel, il faut encourager la concurrence et l'assurance privée pour trois raisons. La première, c'est que "notre système public co-géré par les partenaires sociaux vit à crédit. Il est très efficace mais il vit aux crochets de la génération future. C'est économiquement dangereux et moralement scandaleux", dit l'économiste. Ensuite, selon lui, la seule manière de voir si effectivement, les dépenses de santé sont trop chères "comme on le dit fréquemment, c'est d'évaluer ce système via la concurrence". Troisième point soulevé par Jean-Marc Daniel, la défiance d'une partie de la population vis-à-vis de notre système. "Son financement est vécu comme confiscatoire. On n'arrête pas de nous dire qu'il faut baisser les charges, que cela pénalise la dynamique de croissance et que le système de santé est vécu comme engorgé et peu fiable". 

La privatisation, pas une solution

Claude Le Pen estime lui que la Sécurité sociale ne sera pas remise en cause. "C'est un projet irréaliste, personne n'a envie de la privatiser". L'économiste spécialisé sur les questions de santé considère qu'il est en revanche "concevable de faire des économies". Il reconnaît que le système est endetté, mais que la privatisation n'est pas la solution. Pour lui, "c'est l'État qui organise au fond le déficit, en refusant d'augmenter les cotisations au rythme de la croissance des dépenses de santé. Si on veut qu'un système soigne plus de gens, avec plus de moyens et de manière plus sociale, il faut le financer", estime Claude Le Pen. 

Favoriser les complémentaires santé est la solution avancée par Jean-Marc Daniel, qui souhaite faire de la Sécurité sociale "l'opérateur historique du financement de la santé, tout en faisant monter en puissance les concurrents. Les compagnies d'assurance comme Axa ou Allianz sont sur les rangs", précise l'économiste, qui assure qu'avec ce système, l'assuré social "aura le choix". 

Si notre système venait à se privatiser comme c'est le cas aux États-Unis, ce serait terrifiant

Claude Le Pen
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Un argument fragile pour Claude Le Pen, qui dit "ne pas avoir l'impression que les opérateurs d'assurance maladie privés souhaitent récupérer la Sécurité sociale, qui est une source d'ennuis", selon l'économiste de la santé. Si notre système venait à se privatiser comme c'est le cas aux États-Unis, ce serait "terrifiant" poursuit Claude Le Pen. "Ce système créerait des inefficacités, en plus d'être très cher et très injuste". 

"Mais l'avantage de l'assurance privée aux États-Unis, c'est qu'elle n'est pas au bord du dépôt de bilan", rétorque Jean-Marc Daniel, qui estime que le véritable enjeu "c'est de savoir si on en a pour son argent, et ça, il n'y a qu'une compagnie d'assurance privée qui peut nous le dire". 

"En France on en a pour notre argent. Les indicateurs de qualité de soins et de santé publique sont bons", répond Claude Le Pen. Les dépenses de santé représentent 11% du PIB, à peu près comme en Allemagne, selon l'économiste de la santé. 

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