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Faut-il abaisser le droit de vote de 18 à 16 ans ?

REPLAY - L'ancienne ministre déléguée à la Famille Dominique Bertinotti et la porte-parole du syndicat lycéen FIDL Marianne Gicquel étaient les invitées d'Yves Calvi mercredi 9 décembre.

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Faut-il abaisser le droit de vote de 18 à 16 ans ? Crédit Image : FRED TANNEAU / AFP | Crédit Média : Yves Calvi | Durée : | Date : La page de l'émission
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Yves Calvi et Camille Kaelblen

Est-on prêt à voter à 16 ans ? Depuis plusieurs années, la question fait débat au sein de la société française. En 2013, la ministre déléguée à la Famille, Dominique Bertinotti, planchait déjà sur un projet de "prémajorité", qui avait vocation à responsabiliser les jeunes de 16 à 18 ans en leur accordant davantage de droits, dont celui de la participation à la citoyenneté.

Mais pour Marianne Gicquel, lycéenne de 17 ans et porte-parole de la Fédération indépendante et démocratique des lycéens (FIDL), 16 ans, c'est trop tôt. "Nous nous positionnons clairement contre le droit de vote à l’âge de 16 ans, tout simplement parce que nous pensons qu’un jeune, à 16 ans - c’est-à-dire un lycéen en classe de seconde - n’aurait pas le bagage culturel et politique nécessaire pour aller voter", explique-t-elle.

En matière de droits et de devoirs des adolescents, c'est à géométrie variable

Dominique Bertinotti, ancienne ministre déléguée à la Famille
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"Que l’on s’interroge, je peux le comprendre tout à fait", concède Dominique Bertinotti. "Nous, nous étions partis du constat qu’en France, dans notre législation, nous avions une grande incohérence : il y a des majorités qui sont accordées à des jeunes - la majorité sexuelle est à 15 ans, la majorité pénale est à 16 ans, à 17 ans vous pouvez vous engager dans l’armée sans l’accord de vos parents. Donc on s’aperçoit qu’en matière des droits et des devoirs aux adolescents, c’est à géométrie variable. Or à partir du moment où l’on dit que le jeune est responsable pénalement à l’âge de 16 ans, on peut voir le côté positif de la chose et dire qu’il a aussi le droit de donner son expression citoyenne", poursuit-elle.

Pour l’ancienne ministre, accorder le droit de vote à 16 ans serait un moyen de responsabiliser les jeunes. "Au moment de la résistance, les jeunes ne se sont pas demandé s’ils avaient 21 ans ou pas", remarque-t-elle.

À 16 ans, un jeune est particulièrement influencé par sa sphère familiale, qui le conditionne

Marianne Gicquel, porte-parole de la FIDL
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Un point de vue qui n'est pas partagé par Marianne Giquel. "À 16 ans, un jeune est particulièrement influencé par sa sphère familiale, qui le conditionne. Comment voulez-vous qu’un jeune parvienne à s’émanciper et à définir son choix politique s’il est conditionné par le point de vue familial ?", interroge-t-elle. "La plupart des jeunes ne savent même pas quelle est la compétence d’un conseil municipal. Selon moi, l’école est en retard. Nous ne nous positionnons pas contre le droit de vote en tant que tel, à partir du moment où l’on juge que l’école ne donne pas l’enseignement nécessaire à la formation complète du citoyen".

Le bon âge, pour moi, serait 17 ans

Valérie, auditrice
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Valérie, auditrice de RTL, sera d'avis que l'on coupe la poire en deux. "Je pense que 16 ans, c’est un peu jeune, mais que le bon âge serait 17 ans. Parce qu’à 17 ans, au lycée, on demande aux élèves de faire des choix assez compliqués. Ils doivent se décider pour leurs études supérieures : ils ont des responsabilités à prendre et, de ce fait, sont tout à fait capables de se positionner lors d’élections", estime-t-elle. "Je pense que de toute façon, on est longtemps influencé par le milieu familial et je ne pense pas qu’à 18 ans on le soit moins".

L'abstention des jeunes est-elle inévitable ?

La question du vote des jeunes est d'autant plus d'actualité que plus des trois quarts des jeunes de 18 à 25 ans ne sont pas allés voter au premier tour des élections régionales. "Les jeunes ne considèrent plus que la politique donne un vrai sens à leur vie”, estime Dominique Bertinotti. Il n’y a plus de discours cohérent de là où va la mondialisation, là où va leur pays, leur quartier, et donc ils n’ont plus une véritable confiance dans la politique."

"Les jeunes sont aujourd’hui désillusionnés, ils ne se reconnaissent plus dans l’offre politique qu’on leur propose", renchérit Marianne Gicquel. "Il n’y a pas d’identification possible de la jeunesse". rendre le vote obligatoire pourrait-il être une solution ? Sur ce point, Dominique Bertinotti et Marianne Gicquel tombent assez d'accord. "On ne peut pas demander à un jeune qui ne se reconnaît pas dans le choix politique qu'on lui propose d'aller quand même voter", estime la porte-parole du syndicat lycéen. "La meilleure réponse, avant de devoir le marquer dans la loi, c’est que la politique retrouve du souffle, de l’idéalisme, de la hauteur. Là, ça redonnera envie", espère de son côté l’ancienne ministre.

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