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"Peu de ministères sont au niveau" : la confession de Sébastien Lecornu après trois piratages visant l'administration française

Après les récentes cyberattaques du fisc et de l'Éducation nationale, le Premier ministre demande la création d'une unité cyber afin de réagir plus rapidement face à ces piratages informatiques. Le secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale dispose encore de deux jours pour constituer cette nouvelle unité.

Le premier ministre Sébastien Lecornu

Crédit : AFP

Après les trois piratages qui ont ciblé l'administration française, Sébastien Lecornu veut créer une "unité cyber"

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Julien Fautrat - édité par Laurène Rocheteau

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Le gouvernement veut passer à l'action. Après les trois piratages visant l'administration française et qui ont visé les données de centaines de milliers de contribuables, plusieurs millions d'élèves et des dizaines de milliers d'enseignants au sein de l'Éducation nationale, Sébastien Lecornu demande une réponse forte face à ces cyberattaques. Le Premier ministre a demandé la création d'une "unité cyber" dans une lettre adressée au secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale, que RTL a pu consulter. 

Dans son courrier, Sébastien Lecornu souligne qu'"en termes de cybersécurité, peu de ministères sont au niveau requis en France", ce qui n'est "pas acceptable" selon le Premier ministre. 

"La cybersécurité n’est pas qu’une affaire de crédits. C’est aussi une discipline : hygiène numérique de chacun, détection précoce, commandement clair, exercices, retours d’expérience. La culture régalienne que j’ai apprise au ministère des Armées doit se propager partout dans l'État : planifier, tester, agir", écrit-il par ailleurs dans un message posté sur X. 

"Ce n'est pas normal que les fichiers soient volés"

Invité de RTL ce mercredi 19 août,  Pierre Penalba, ancien chef du groupe de lutte contre la cybercriminalité à la sureté de Nice et auteur de Cybercrimes : un flic 2.0  estime que la prise de conscience du gouvernement intervient tard. "C'est bien de mettre en place des mesures immédiates pour agir en cas de hacking mais ce qui est important, c'est de réagir avant", souligne-t-il. 

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"Ce n'est pas normal que les fichiers soient volés et qu'on dise qu'on est désolé", ajoute-t-il en faisant référence aux propos tenus par le ministre des Comptes publics David Amiel. Ce dernier a présenté des excuses après le piratage du fisc.

Des centaines de milliers de personnes concernées

Avec cette nouvelle unité, il espère une réponse opérationnelle plus réactive face à des cyberattaques en série, afin d'intervenir en première ligne et reprendre l'initiative sur le terrain. 

Un vocabulaire militaire alors même que les piratages se sont multipliés ces dernières semaines : une première attaque informatique contre les Finances publiques a ciblé les données de près de 700.000 particuliers et professionnels, dont certaines informations considérés comme "sensible". Un deuxième piratage au cours de l'été a concerné des informations cadastrales, tandis que la Direction générale des finances publiques confirmait en début de semaine une troisième cyberattaque visant cette fois des informations de successions

En parallèle, un piratage massif de l'Éducation nationale a été perpétré en début de semaine, concernant 346 millions de lignes de données. Ces données concerneraient des élèves, des enseignants et d'autres membres du personnel, sur une durée totale d'une vingtaine d'années. Selon les éléments communiqués par le hacker, plus d'un million d'élèves seraient concernés, des enfants principalement en primaire. 

De nouvelles cyberattaques en vue ?

Le secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale dispose de deux jours pour constituer cette nouvelle unité, avec des agents de ses services, mais aussi des agents des équipes spécialisées du ministère des Armées, du ministère de l'Intérieur et peut-être même des réservistes, mobilisables dès la violation d'un site sensible de l'État. 

Sébastien Lecornu demande également une analyse après chaque action pour tirer des enseignements des diverses attaques. Le Premier ministre souligne que "les dernières fuites nous obligent à accélérer". D'autant que le gouvernement n'est pas encore hors de danger : le groupe cybercriminels ZeroBytes, qui revendique les récents piratages et avec lequel RTL a pu échanger, assume narguer le gouvernement et indique qu'il compte annoncer prochainement d'autres cyberattaques. 

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