Élections régionales 2015 : "Les Français ont le sentiment que leur vote est inutile", estime Alain Duhamel

REPLAY - L'éditorialiste de RTL, Alain Duhamel, et Gaspard Koenig, le directeur du think tank libéral Génération Libre, débattent de la politique post premier tour des élections régionales.

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"Les Français ont le sentiment que leur vote est inutile", estime Alain Duhamel Crédit Image : Damien Rigondeaud Crédit Média : Yves Calvi

Le premier tour des élections régionales a parlé : le Front national est la première force politique du pays devant Les Républicains et le Parti socialiste. Depuis la publication des résultats, dimanche 6 décembre, les partis dits de gouvernement alignent des stratégies différentes pour lutter contre la percée du Front national. Le Parti socialiste a décidé de se retirer dans les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur, Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes et Nord-Pas-de-Calais-Picardie et de s'allier avec les partis de gauche (Parti communiste, EELV) au second tour. Pas de front républicain, en revanche, chez Les Républicains qui ont décidé de se maintenir en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.


Les politiques ont-ils entendus les Français ? Gaspard Koenig, le directeur du think tank libéral Génération Libre, et Alain Duhamel en ont débattu. L'éditorialiste de RTL a débuté : "Je crois que l'idée selon laquelle les hommes politiques seraient stupides, sourds et muets et ne comprendraient jamais rien, je crois que c'est de la démagogie. Ils sont à l'affût de ce que leurs électeurs leur disent. Ils écoutent leurs électeurs. Il y a deux questions que je me pose : est-ce qu'ils comprennent ce que disent leurs électeurs et en tirent-ils les bonnes réponses ?"

"La social-démocratie ne marche plus" pour Gaspard Koenig

Gaspard Koenig est virulent vis-à-vis des partis traditionnels : "Les partis réagissent comme d'habitude en essayant de mettre la poussière sous le tapis et en combinant des stratégies d'alliance avec un vocabulaire qu'on entend depuis trente ans". Le directeur du think tank Génération Libre a qualifié le Front national de "parti de la jeunesse et des actifs, de ceux qui sont en train de faire le pays, qui feront le pays demain" et a remis en question la social-démocratie. "Elle ne marche plus. Elle nous a conduit à cumuler déficit, dette, dépenses publiques. Les gens ne s'y retrouvent plus".


La tentation de voter Front national aurait ainsi émergé : "Le FN défend des thèses opposées à celles des autres. Les autres ont échoué alternativement. La France est censée avoir le système de protection sociale le plus généreux du monde. Or, il échoue. Il faut changer le système de 1945". La plume de RTL a également fustigé la "politique de la demi-mesure. C'est du manque de sincérité, de clarté et d"efficacité. Cela créé du désamour vis-à-vis de la démocratie et du scepticisme."

Gaspard Koenig pense que les électeurs du FN font le bon constat. "Les réponses du FN sont l'apogée des mauvaises réponses que nous avons eu depuis 30 ans. Le FN veut plus d'État : nationalisation, prix réglementés, planification. Face à ça, il faut une alternative claire : le vrai libéralisme. Par exemple, au lieu d'avoir une politique d'allocation paternaliste, nous proposons un revenu universel sans condition".

Vers un Ciudadanos à la française?

Les citoyens qui votent Front national se sentiraient trahis selon Alain Duhamel. "Les Français ont le sentiment que leurs votes successifs sont inutiles. Ce qui leur est proposé n'est pas mis en application et ne produit pas de résultats. Il y a trois solutions : la solution nationaliste, celle du Front national, la solution libérale, on a eu des faux libéraux en France. Troisième chose : les socialistes sont en retard d'une conversion".


Gaspard Koenig, lui, se tourne vers l'Espagne : "Il y a un nouveau parti qui s'appelle Ciudadanos, un vrai parti libéral qui est pour la légalisation du cannabis et le zéro déficit public. On va voir ce qu'ils font aux législatives de décembre. On voit que les forces anti-establishment trouvent un débouché dans Podemos et trouvent ça dans Ciudadanos. Si nous arrivons à faire un vrai Ciudadanos en France, cela proposerait une vraie alternative aux Français".

Alain Duhamel est, lui aussi, convaincu : "Les Espagnols sont en train de réinventer et de recomposer leur scène politique autour d'idées nouvelles. En France, les partis proposent des vieilles solutions".

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par Ludovic GaltierJournaliste RTL
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2015-12-08 11:41:00
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