2 min de lecture Taxis

Des taxis parisiens s'en prennent aux chauffeurs d'UberPOP

Des chauffeurs de taxis parisiens ont mené des opérations actives contre les chauffeurs affiliés à la société UberPOP.

L'application Uber (illustration)
L'application Uber (illustration) Crédit : Andrew Caballero-Reynolds / AFP
micro générique
La rédaction numérique de RTL
et AFP

Une cinquantaine d'artisans-taxis ont mené une opération contre les chauffeurs UberPOP, de simples particuliers proposant leurs services à prix cassés, dans la nuit du vendredi 12 juin au samedi 13 à Paris pour dénoncer une concurrence "déloyale", a constaté une journaliste de l'AFP. Les artisans-taxis ont arrêté les véhicules de conducteurs UberPOP, et demandé à leurs passagers d'en descendre. Place Denfert-Rochereau, un artisan taxi expliquait à un client gêné que cette populaire application sur téléphone signifiait pour lui la "précarisation" de son métier, sous le regard de policiers discrets. 

"Ça fait plus d'un an qu'on patiente et rien ne se passe", s'agace Mohamed Habib, chauffeur de taxi depuis vingt ans. "UberPOP c'est du travail au noir, du travail clandestin". "On en a ras-le-bol de la concurrence déloyale, ras-le-bol d'Uber qui est au-dessus des lois", a renchéri une de ses collègues, Maryline Richaudeau, "de jour en jour on a une chute d'activité flagrante, ils se mettent dans nos stations, sur nos voies, il y a constamment des tensions", a-t-elle décrit, évoquant l'agression d'un chauffeur de taxi à l'aéroport de Roissy vendredi. 

Une bataille juridique toujours en cours

UberPOP a valu au groupe américain Uber, numéro un mondial de la mise en relation avec des voitures de transport avec chauffeur, de nombreux litiges avec les tribunaux. Le groupe - valorisé à 50 milliards de dollars selon la presse américaine - a ainsi été condamné à 100.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Paris fin 2014 à cause d'UberPOP. La société a fait appel. Des préfets ont interdit ces dernières semaines le service pour "concurrence déloyale" vis-à-vis des VTC (voitures de transport avec chauffeur) et taxis, deux professions ulcérées par le développement de cette activité, illégale selon le gouvernement

La Cour de cassation examine une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur ce sujet, mais ne l'a pas encore transmise au Conseil constitutionnel. Parallèlement, Uber a continué à développer UberPOP, annonçant  lundi son introduction à Strasbourg, Nantes et Marseille. Jeudi, un chauffeur UberPOP poursuivi pour exercice illégal de l'activité d'exploitant de taxi, a été relaxé à Paris, une première qui a suscité la "très  grande satisfaction" de la société Uber mais a scandalisé les taxis. 

À lire aussi
Un prototype de taxi volant présenté lors d'un sommet organisé par Uber Elevate à Los Angeles le 8 mai 2018. Propulsé
Taxis volants : c'est déjà pour demain

Le tribunal correctionnel a notamment estimé que "le transport onéreux d'une personne est insuffisant à caractériser le délit d'exploitant de taxi sans autorisation de stationnement, qui suppose que soit caractérisé un stationnement ou une circulation sur la voie publique en quête de clientèle". En mai, quelque 150 dossiers de chauffeurs UberPOP étaient en cours à Paris. Certains ont d'ores et déjà donné lieu à des amendes de plusieurs centaines d'euros. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Taxis Contestation
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants