2 min de lecture Terrorisme

Des députés LR veulent interdire la diffusion des noms et photos des terroristes

Brigitte Kuster, ainsi que dix-huit députés Les Républicains, proposent une loi d'anonymisation des personnes "poursuivies pour un acte de terrorisme ou ayant été jugées coupables d’un acte de terrorisme".

L'Assemblée nationale (illustration)
L'Assemblée nationale (illustration) Crédit : JOEL SAGET/AFP
Claire Gaveau
Claire Gaveau
Journaliste RTL

Faut-il interdire la diffusion du nom de famille et des photos de terroristes ? La question revient sur le devant de la scène à chaque tragédie. Afin de mettre fin à cela, dix-neuf députés Les Républicains ont décidé de déposer une proposition de loi. Cette loi viserait à interdire de diffuser le nom de famille et images des terroristes présumés. 

Selon Brigitte Kuster et ses acolytes, cela permettrait de limiter "les phénomènes de glorification et de mimétisme". Ils rappellent dès lors que Daesh utilise les médias pour propager "ses idées et ses méthodes mortifères". "N’existe-t-il pas un risque d’octroyer à l’assassin une gloire posthume auprès de personnes radicalisées et en quête de modèles ?", interrogent-ils en exposant les motifs.

C'est pourquoi, après l’article 39 sexies de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, les 19 députés proposent d'ajouter un article 39 septies. "Sauf avis de recherche du ministère de l’Intérieur, est puni de 15 000 euros d’amende le fait de diffuser, de quelque manière que ce soit, le nom de famille et l’image des personnes physiques poursuivies pour un acte de terrorisme ou ayant été jugées coupables d’un acte de terrorisme", écrivent-ils.

Je ne suis pas sûr que le meilleur moyen soit de faire une loi

Ugo Bernalicis, député FI
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Chez la France insoumise, difficile de se positionner sur cette question précise. Invité du social studio de RTL ce jeudi 5 octobre, le député Ugo Bernalicis dit "comprendre" la proposition mais reste sceptique. "Je comprends car, quand il y a les premières attaques terroristes, il y a un certain voyeurisme de la part des médias qui donne une ambiance franchement anxiogène et glauque", explique le jeune élu.

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Mais cependant, ce dernier n'est pas sûr que "le meilleur moyen soit de faire une loi". "Je pense qu'il vaut mieux responsabiliser tout le monde et avoir une discussion sur le sujet", explique-t-il même s'il est d'accord qu'il faut "éviter de faire la publicité de ceux qui commettent des actes terroristes". 

Une loi vraiment nécessaire ?

Selon les députés LR, cette proposition de loi n'entrave en rien "le travail d'investigation des journalistes". Mais certains spécialistes s'étaient montrés beaucoup plus sceptiques quant à l'utilité de ces restrictions. David Thomson, journaliste et spécialiste reconnu sur les questions terroristes, expliquait en juillet 2016 que "ce choix éditorial destiné à éviter un effet 'Star Ac' terroriste' n'aura pas d'impact sur l'intensité terroriste en France".

Celui qui est dorénavant correspondant aux États-Unis pour RFI ajoutait que cette "auto-censure des médias" pouvait favoriser "déni et complotisme". Des propos abondés par Romain Caillet, chercheur et consultant sur les questions islamistes. Ce dernier estimait que "l'héroïsation se faisait dans la jihadosphère".

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