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Dans moins de 10 ans, un élève de 6e sur deux pourrait être dans le privé à Paris : comment expliquer ce phénomène ?

Entre 2016 et 2024, le nombre d'élèves de CP dans le privé a baissé de presque 4% contre 24% dans le public, selon une étude publiée en mars 2026 par l'Institut des politiques publiques.

Une classe de 6e du collège Jean Moulin à Formerie dans l'Oise.

Crédit : Marie Guerrier / RTL

Dans moins de 10 ans, un collégien sur deux pourrait être dans le privé à Paris : comment cela se fait-il ?

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Hortense Crépin & Chloé Berry

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La moitié des collégiens qui entreront en 6e à Paris le feront dans l'enseignement privé d'ici 10 ans, selon une étude de l'Institut des politiques publiques publiée en mars 2026. La natalité baisse à Paris comme ailleurs, et cela se voit sur les bancs de l'école, qui se vident petit à petit. Sauf que ce phénomène touche davantage le public que le privé. 

En 14 ans, le nombre de naissances a diminué de 32%. Conséquence : entre 2016 et 2024, le nombre d'élèves de CP dans le privé a baissé de presque 4% contre 24% dans le public

Pourquoi le privé séduit davantage ?

Aujourd'hui, les listes d'attente dans le privé sont longues. Cela s'explique notamment par le fait que la sectorisation ne s'applique pas, contrairement au système public. Autrement dit, les parents qui vivent dans une autre commune ou un autre arrondissement, peuvent inscrire leur enfant dans un autre secteur qui peut être plus coté par exemple. 

Est-ce que c'est la même chose dans le reste du pays ? La part du privé progresse bien plus lentement qu'à Paris, car la baisse démographique y est plus lente. On ne le ressent pour l'heure qu'en primaire. 

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À Lyon, par exemple, les effectifs en CP ont diminué de 10% entre 2020 et 2024, alors qu'ils ont augmenté de près de 3 points dans le privé. Mais le constat ne se généralise pas partout. À Lille, Nîmes ou encore Reims, la part du privé reste stable malgré la baisse du nombre d'élèves. 

Un risque d'accentuation de la ségrégation sociale

Est-ce que cette ruée vers le privé peut creuser les inégalités ? C'est en tout cas ce que redoutent les auteurs de cette étude. Chiffre à l'appui à Paris en 2024, 55% des élèves de 6e étaient issus de milieux sociaux très aisés. La proportion pourrait atteindre 72% en 2035.

 Le risque, c'est donc d'accentuer la ségrégation sociale. Alors, pour y remédier, les chercheurs préconisent de mieux encadrer la fermeture des classes avec, par exemple, à Paris, dans le primaire, une fermeture dans le privé pour trois dans le public. Un ratio que le gouvernement n'a pas respecté pour la rentrée prochaine. Le 18e arrondissement s'apprête par exemple à fermer son tout dernier lycée public.

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