4 min de lecture Alimentation

Consommation de viande : mise au point des ONG de l'environnement pour sauver l'élevage durable français

TRIBUNE - La mise au point des organisations non gouvernementales de l'environnement sur la viande : ne pas se tromper d'ennemi. Il y a en France des élevages durables.

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Lundi sans viande : les ONG de l'environnement appellent à "ne pas se tromper d'ennemi" Crédit Image : AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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La rédaction de RTL et Virginie Garin

Manger de la viande est-il mauvais pour le climat ? Pas forcément. Il y a 3 semaines, des personnalités avaient appelé à ne plus manger de viande du tout le lundi. Ce lundi 27 janvier, en exclusivité sur RTL, les grandes organisations non gouvernementales de l'environnement, dont Réseau Action Climat, Greenpeace France, la Fondation pour la Nature et l’homme ou encore WWF se démarquent et veulent faire une mise au point : manger moins de viande oui, mais il ne faut pas se tromper d'ennemi et fustiger tous les élevages. Il y a aussi des fermes en France qui font de la viande durable.


Sauver l’élevage durable français passera par une réduction de la consommation de viande… industrielle !
Face aux polémiques faisant suite à l'initiative Lundi Vert, une mise au point s’impose : loin de stigmatiser l’élevage en général, nous [1] voulons soutenir l’élevage durable. La baisse de la consommation de viande peut et doit se faire en réduisant nos achats de viandes industrielles et de viandes importées. Elle se fera alors au profit des élevages français durables respectueux des éleveurs, de l’environnement et de notre santé.

Nous mangeons une viande de plus en plus industrielle : mauvaise pour la santé, les animaux et notre planète Nous consommons de plus en plus de viande issue d’élevages industriels[2]. Or ces élevages industriels sont dangereux pour l’environnement, pour la santé et pour le bien-être des animaux car ce sont des systèmes très intensifs en engrais de synthèse, en pesticides, en énergie, etc.

Parmi les problèmes majeurs se trouve la production d’aliments pour les animaux qui engendre une forte utilisation d’engrais, à l’origine de gaz à effet de serre, et de pesticides. Ces animaux sont majoritairement nourris avec des aliments importés : principalement des tourteaux de soja OGM causant de désastreux dégâts en termes de déforestation, d’accaparement des terres et de volatilité des prix sur les denrées alimentaires de première nécessité.

Sans compter les impacts sur le bien-être animal. Les conditions de vie en élevage industriel, très intensives, ne sont pas adaptées aux besoins fondamentaux des animaux. Un niveau de bien-être animal satisfaisant ne peut pas y être atteint. Aujourd’hui, en France, ces systèmes d’élevage concernent 95% des cochons ou encore 80% des poulets de chair.

Les produits transformés utilisent majoritairement de la viande issue de ces types d’élevage. Ces produits sont mauvais pour la santé. L’ANSES préconise depuis 2017 une diminution de la consommation des produits transformés et plafonne la consommation de viande rouge et surtout de charcuterie. En 2015, la viande transformée a été classée cancérogène par l’OMS[3].

Qu’elle soit brute ou transformée, qu’elle soit produite sur le sol français ou importée, la viande dont nous ne voulons pas est issue des élevages industriels. Et celle que nous voulons doit permettre de sauver l’élevage français. Réduisons la consommation de viande industrielle pour sauver l’élevage durable français.

De nombreux éleveurs français entretiennent les paysages, maintiennent les haies et les prairies naturelles, permettent aux animaux un accès au plein air, protégeant ainsi la santé humaine, la biodiversité, les sols et l’eau. Très faiblement dépendants des importations, ces modes d’élevages durables sont plus rémunérateurs pour les éleveurs[4] et plus respectueux du bien-être des animaux.

Repenser notre consommation de viande permet à tous de soutenir les systèmes d'élevage français durables. Une baisse de la consommation de viande permettrait, outre les bénéfices sur notre santé, les animaux et notre planète, de réaliser des économies et de rediriger les achats vers des produits animaux de qualité et durables[5]. Il s’agit en fait de mettre un terme à une dépendance à l’élevage industriel. C’est de notre point de vue la réponse à apporter au débat sur la consommation de viande : moins et mieux. C’est aussi la seule bonne réponse pour donner accès à tous à une alimentation durable. Nous pouvons faire le choix d’une transition agricole et alimentaire qui soit soutenable pour la planète, bonne pour la santé de tous, rémunératrice pour les éleveurs, créatrice d’emplois[6] et même bénéfique pour la balance commerciale de la France. Ce choix c’est la réduction de la production et de la consommation de viande industrielle.

Alors face à la domination des lobbys agroalimentaires sur l’élevage français, face à l’étranglement des prix pour les éleveurs qu’elle génère, face à des systèmes qui dénient les besoins des animaux, face au risque que la production de viande industrielle fait peser sur notre santé et notre environnement, il ne faut pas se tromper d’ennemi. C’est bien pour sauver ce savoir-faire ancestral qu’est l’élevage, respectueux à la fois des paysans, des animaux et de leur environnement que nous devons aujourd’hui changer notre façon de consommer la viande, pour favoriser les produits de qualité, ceux issu de l’élevage durable français, et éloigner de nos assiettes la viande industrielle et transformée.

Nous prônons le Moins pour Mieux : pour notre santé, pour notre planète, pour les animaux et pour les éleveurs.

[1] Associations écologistes, de solidarité nord-sud, ou pour une amélioration des conditions d‘élevage : Réseau Action Climat, Greenpeace France, Agir pour l’Environnement, WWF, CIWF France, WECF France, Fondation pour la Nature et l’Homme, Alofa Tuvalu.
[2] Credoc, 2018. Gabriel Tavoularis, Eléna Sauvage, Les nouvelles générations transforment la consommation de viande, Crédoc, Consommation et modes de vie, n°300, septembre 2018.
[3] OMS, 2015. www.who.int/mediacentre/news/releases/2015/cancer-red-meat/fr/
[4] Réseau CIVAM, 2016. Réseau CIVAM, L’observatoire technico-économique des systèmes bovins laitiers du Réseau CIVAM, exercice comptable 2015, décembre 2016. https://www.wwf.fr/agriculture-durable
[5] WWF, 2018. https://www.wwf.fr/alimentation-durable
[6] Quirion, 2016. Evaluation socio-économique du scénario Afterres2050 afterres2050.solagro.org/2016/02/afterres2050-un-solde-net-de-148-000-emplois

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2019-01-28 06:00:00
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