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Comment Mehdi Meklat a soulevé Twitter contre lui en quelques jours

ÉCLAIRAGE - Ce journaliste du "Bondy Blog" s'est attiré les foudres des internautes, après la publication de messages racistes, homophobes et misogynes sur Twitter.

Mehdi Meklat sur France 5

Crédit : Capture d'écran LCI

Marie-Pierre Haddad

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Mehdi Meklat a-t-il un double maléfique ? Le jeune homme de 24 ans est au cœur d'une polémique depuis plusieurs jours. Ancien chroniqueur du Bondy Blog, "il a été rattrapé par son double virtuel", raconte Le Monde. Le 18 février dernier, il poste quatre messages sur Twitter : "Jusqu'en 2015, sous le pseudo 'Marcelin Deschamps', j'incarnais un personnage honteux raciste antisémite misogyne homophobe sur Twitter. À travers Marcelin Deschamps, je questionnais la notion d'excès et de provocation. Mais aujourd'hui je tweete sous ma véritable identité". Il ajoute : "Les propos de ce personnage fictif ne représentent évidemment pas ma pensée et en sont tout l'inverse", avant de conclure : "Je m'excuse si ces tweets ont pu choquer certains d'entre vous : ils sont obsolètes".

Ces explications n'ont pas suffi. Deux jours plus tard, le 20 février il poste à nouveau un message mais cette fois-ci sur Facebook. "D'abord, je souhaite présenter mes plus sincères excuses à la suite des tweets que j’ai pu poster sur Twitter sous le nom fictif de Marcelin Deschamps, commence-t-il. Dans la vie réelle, il n'existe que Mehdi, Marcelin lui ne prenait corps uniquement sur les réseaux sociaux. Marcelin avait peu de followers. Il explorait les zones d’ombres les plus immenses. Il se demandait quand on l’arrêterait et si son compte serait bientôt effacé. Ce ne fut jamais le cas. Il aimait flirter avec l'excès. Alors il continuait, avec la violence la plus extrême, à tester ses limites. Il était con. Mais quand on a 20 ans, on aime les interdictions pour pouvoir les franchir".

Des tweets de son double fictif

Mais qu'en est-il des tweets racistes postés qui n'ont jamais été effacés depuis la création du compte ? À cela, Mehdi Meklat explique : "Au lieu de tuer définitivement Marcelin en créant un nouveau compte, Mehdi a endossé rétroactivement ces insanités avec la naïveté de croire que la distinction entre les deux était claire -malgré les avertissements. 
Pourtant, ces outrances n’ont rien à voir avec moi. Elles sont à l’opposé de ce que je suis et ce que je veux représenter".

Cependant, Le Monde cite la violence de certains tweets. "Je crache des glaires sur la sale gueule de Charb et tous ceux de Charlie Hebdo", posté le 30 décembre 2012. Depuis, Mehdi Meklat a publié un livre, Minute, co-écrit avec Badroudine Saïd Abdallah, alias Badrou. Ils feront la couverture des Inrocks aux côtés de Christiane Taubira. Le 16 février dernier, il participe à l'émission La Grande Librairie sur France 5. "Au moment de leur passage sur France 5, de nombreux tweetos exhument des messages postés par Mehdi Meklat sous le pseudo de Marcelin Deschamps. Mais qui étaient associés à son propre compte il y a encore quelques jours", explique LCI.

De vives réactions sur les réseaux sociaux

En une nuit, Mehdi Meklat a supprimé environ 50.000 tweets qu'il avait écrits, comme le souligne le politologue Laurent Bouvet. 

Les réactions sur les réseaux sociaux sont vives. Marion Maréchal-Le Pen demandait le 19 février dernier : "Pourquoi les médias protègent-ils Mehdi Meklat ?". La ministre de la Famille Laurence Rossignol a repartagé sur Twitter certains messages qui dénonçaient les tweets du jeune homme.

Des tweets condamnés à la chaîne

La suite : "Le présentateur de La Grande Librairie, François Busnel, a condamné ses propos, comme la maison d’édition du Seuil. Le Bondy Blog s’est désolidarisé. Le directeur de la rédaction des Inrocks s’est fendu d’un édito. Christiane Taubira a réagi sur Facebook. Tandis que la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) a indiqué, dans un communiqué publié lundi 20 février, 'saisir immédiatement la justice, en transmettant l’ensemble de ces contenus au procureur de la République de Paris'", résume Le Monde

En effet, Christiane Taubira a commencé par écrire qu'il y a "beaucoup d'évidences dans cette affaire de tweets de Mehdi Meklat. À vrai dire, il n'y a même que cela (...) c’était un jeu, il est trop pestilentiel et trop dangereux pour ne pas faire l’objet d’un examen rigoureux. J’ai rencontré Mehdi Meklat pour cet entretien, j’avais lu leurs deux livres. Je maintiens qu’ils sont bien écrits".

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