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Comment les services de renseignement identifient les jihadistes français

DÉCRYPTAGE - Les doutes de la mère de Mickaël Dos Santos mettent en cause le processus d'identification des services français. Pourtant pour les spécialistes, la probabilité d'une erreur est très faible.

Mickaël Dos Santos, ou Abou Uthman de son nom jihadiste, dans des vidéos de propagande (capture d'écran)
Mickaël Dos Santos, ou Abou Uthman de son nom jihadiste, dans des vidéos de propagande (capture d'écran)
Crédit : RTL.fr
Thomas Prouteau & Raphaël Bosse-Platière

Mickaël Dos Santos est-il bien l'un des bourreaux du groupe État islamique ? Un communiqué du parquet de Paris répondait à la question par l'affirmative mercredi. Mais le doute est aujourd'hui permis. La mère du jeune homme a affirmé ne pas reconnaître son fils dans la vidéo de propagande, emboîtant le pas aux réserves exprimées par plusieurs spécialistes du jihadisme. Un revirement de situation qui pose la question de la fiabilité des méthodes d'identification des autorités françaises.

Une méthode jugée très fiable

Pour identifier les ressortissants français, les services secrets disposent d'une méthode dont "la conclusion est plus ou moins certaine", explique Yves Trotignon, un ancien de la DGSE. Ils ont à leur disposition de nombreux documents sur les jihadistes, comme des transcriptions d'écoute, de conversations sur internet et même parfois des indices de localisation.

Lorsqu'une vidéo arrive en leur possession, ils utilisent des logiciels de reconnaissance faciale. Les photos connues de la personne sont comparées point par point avec le visage qui apparaît sur le film, en accordant plus d'importance à certains détails. "Les veines de la main, les rides, les sourcils ou les lèvres" sont scrutés avec attention, raconte le spécialiste des questions de terrorisme, Jean-Charles Brisard.

Mais la certitude totale n'existe pas

Mais Yves Trotignon précise que la reconnaissance d'un homme ou d'une femme "n'est jamais sûre à 100%". "C'est pour cela que l'on s'appuie aussi sur les témoignage des proches, qu'on demande aux parents, aux amis, et logiquement on est censé parvenir à une identification fiable", estime ce spécialiste.

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Or dans le cas de Mickaël Dos Santos, la mère a changé de version. Après avoir cru reconnaître son fils, elle a finalement affirmé vendredi 21 novembre que l'homme qu'elle a vu "ne peut pas être" son enfant, mettant notamment en cause l'insistance des services français alors que ses doutes grandissaient au fur et à mesure de son entretien à la DGSI.

Un chercheur, Romain Caillet, et un journaliste, David Thomson, ont également mis en doute l'identité du jihadiste que l'on aperçoit dans la vidéo. Sur Twitter, un compte se revendiquant du nom de guerre du Français (Abou Uthman) affirme aussi que ce n'est pas lui, ajoutant à la confusion.

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