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Ces jolies expressions que nous a léguées l'armée

L’armée a ses codes de conduite et son langage. Efficace, précis, il ne doit pas prêter à confusion. Mais les militaires ont aussi des expressions joliment imagées et ancrées dans l’Histoire. Nous avons adopté certaines d’entre elles et les utilisons dans le langage courant mais sait-on encore d'où elles viennent ?

Ces jolies expressions que nous a léguées l'Armée
Ces jolies expressions que nous a léguées l'Armée
Crédit : Pixabay.com
Rendez-vous avec la maîtresse du 14 mars 2021
04:10
Lisa Kamen
Lisa Kamen
Journaliste

Je vous propose donc aujourd’hui un petit florilège d’expressions militaires. Et puisque le printemps arrive, commençons par une expression amoureuse : battre la chamade. Cette expression était autrefois utilisée dans le jargon militaire. 

Le terme "chamade" date du XVIe siècle et provient de l’italien "chiamada" signifiant "appel". À l’origine, après une bataille, un signal, la "chiamada", était donnée par un tambour ou une trompette pour indiquer que l’on souhaitait s'entretenir avec ses ennemis ou se rendre. Notre cœur "bat la chamade", quand nous sommes très émus ou apeurés, peut être en référence à ces soldats qui s'approchaient de leurs ennemis pour négocier

La croupière n'est pas toujours la femme du croupier

L’expression "tailler des croupières" signifie poser problème à quelqu’un, lui faire obstacle. Mais pourquoi ? Une croupière est une longe reliée à la selle du cheval. Elle passe sur sa croupe pour empêcher la selle de remonter vers le garrot. Au XVIIe siècle, quand les blindés n'existaient pas, tailler des croupières c'était mettre les ennemis en fuite, en galopant près d’eux afin de couper leurs croupières et, ainsi, provoquer leurs chutes. Par extension, l'expression a pris son sens actuel : malmener quelqu’un.

Autre expression venant de la cavalerie : mettre à pied. En effet, priver un soldat de son cheval l’obligeait à effectuer des basses tâches dans les écuries. Cette expression s’utilise aujourd’hui couramment pour dire qu'un employé est renvoyé pendant une période déterminée ou définitivement.

Dire quelque chose de but en blanc n’a rien à voir avec le football

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Encore une expression militaire : la "butte" était un tas de terre sur lequel devait être placé le canon. Le "blanc" quant à lui désignait la cible à atteindre. "De but en blanc" signifiait donc qu'il fallait tirer d'après la trajectoire la plus courte. Aujourd'hui, on emploie cette expression au sens figuré. Il ne s'agit pas de "tirs", mais de "paroles". "Dire les choses de but en blanc", c'est donc les dire sans ambages.

La drôle de postérité du soldat Mariolle

Et voilà une histoire de fausse étymologie, comme il y en a beaucoup. Je la dois à l’un de mes élèves à qui j’avais demandé d’arrêter de "faire le mariole". Il avait compris le sens mais ne connaissait pas l’expression et s’en était ouvert à ses parents le soir-même. Ceux-ci lui avaient raconté l’histoire suivante, que l’on trouve sur le site du musée de l'Armée.

"Dominique Gaye-Mariolle, héros des guerres de l’Empire, était réputé pour sa bravoure et pour sa taille : il mesurait plus de deux mètres ! En 1807, à la veille de l’entrevue de Tilsit entre le tsar Alexandre et Napoléon Ier, l’Empereur passe en revue ses troupes et notamment le bataillon de Mariolle. Le sapeur, voulant se faire remarquer, aurait alors présenté les armes, non pas avec son fusil, mais avec un canon d’une centaine de kilos ! Napoléon ne se serait pas formalisé et l’aurait félicité pour sa force. De cette facétie serait née l’expression : 'Faire le mariole'. C’est une anecdote savoureuse mais dont la véracité est démentie par la chronologie : le mot mariole, utilisé dans ce sens est attesté dès le XVIIIe siècle !"

Où est passée la poudre d'escampette ?

La poudre dont on parle ici est celle des canons. Au Moyen Âge, les artilleurs se plaçaient devant la "piétaille" à cause de la faible portée des bombardes. Les réserves de poudre, quant à elles, étaient stockées à l’arrière. Des aides de camp étaient employés à pourvoir les artilleurs en faisant des allers-retours mais il arrivait qu'ils ne reviennent pas quand ils sentaient que la bataille tournait mal. On le voit le vocabulaire et les expressions militaires ont beaucoup enrichi et vivifié notre langue. 

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