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Calais : "Notre seule solution, c'est de traverser", témoigne un migrant

REPORTAGE - Environ 1.500 migrants vivent en périphérie de Calais en ce moment, avec pour seule issue la traversée vers la Grande-Bretagne.

Dans migrants dans un camp de fortune à Calais en février 2019.
Dans migrants dans un camp de fortune à Calais en février 2019.
Crédit : Philippe HUGUEN / AFP
Migrants à Calais : "Ça me révolte", témoigne une habitante
03:30
Morad Djabari

Le père Philippe Demestère et deux autres militants associatifs ont entamé ce mercredi 3 novembre leur vingt-quatrième jour de grève de la faim en soutien aux migrants de Calais. Ils dénoncent les conditions de vie inhumaine sur place. Le médiateur envoyé par le ministère de l’Intérieur, Didier Leschi, a rencontré les grévistes une nouvelle fois pour désamorcer cette situation qui s’enlise sans succès.

Les migrants seraient plus de 1.500 à Calais en ce moment. Pourtant, dans les rues de la ville, ils sont presque invisibles, parce qu’ils se regroupent en périphérie de la ville. RTL s'est rendu dans l'un de ses sous-bois, au bord de l’autoroute.

Ils sont plus d’une centaine réunis ici, mais on ne peut pas appeler ça un campement. C’est un terrain vague, sans abri. Un sac poubelle posé sur la terre boueuse, le sol en guise de matelas, Alisha, 25 ans dort ici depuis 1 mois.

"C'est vraiment froid. La police est là et ce n'est pas facile. Parfois, ils prennent nos affaires et nos tentes. Parfois, il pleut aussi. Et quand ils prennent nos affaires, ce qu'il nous reste, c'est dormir à même le sol", explique-t-elle.

À écouter aussi

Il y a des Soudanais des Érythréens, des Irakiens. Des adultes, des enfants. Ici, un groupe d’Ethiopiens qui fuient la guerre civile dans le nord du pays. Tous sont là pour tenter la traverser. "On ne peut pas repartir et ce n'est pas une métaphore, notre seule solution c'est de traverser".

Deux fois plus de traversées que l'an dernier

Parfois, ils sortent du sous-bois pour rejoindre la plage avant la traversée. Et attendent le bus numéro 8 avec Colette, une habitante. "Ça m'arrive souvent de monter en même temps qu'eux et ça se passe bien. Ils sont gentils, ils sont plutôt timides. Cette situation me révolte. Je ne peux pas leur en vouloir, j'en veux au gouvernement", confie-t-elle.
 
Depuis le mois de janvier, 20.000 migrants auraient rejoint les côtes anglaises depuis Calais. C’est deux fois plus que l’année dernière. Ces traversées s'effectuent à bord de petits bateaux. Les migrants ne sont pas plus nombreux que les années précédentes. Mais ces embarcations gonflables coûtent environ 300 euros et on en trouve facilement.

J'ai quitté la guerre en Afghanistan, là, l'Angleterre est à 3 heures en bateau, ça va.

Youssouf

Youssouf est Afghan. Il a tenté la traversée à deux reprises. Il est arrivé à Calais, il y a un mois. "Ce n'est pas un problème pour moi, j'ai quitté la guerre en Afghanistan, là, l'Angleterre est à 3 heures en bateau, ça va".

Pourtant, les sauvetages se multiplient, 3.500 en six mois. Les morts aussi. Contrairement à ce que dit Youssouf, cette traversée est dangereuse. Aujourd’hui, il est quasiment impossible de franchir la frontière dans un camion depuis le Port de Calais. L’Eurotunnel est devenu une forteresse. "On observe de plus en plus de passages en bateau du fait de la politique de sécurisation qui empêche les passages", explique Pauline, de l’association Utopia.

La pression incessante des forces de l’ordre aussi. Les démantèlements quotidiens de campements poussent les migrants à prendre plus de risques, à prendre la mer même par mauvais temps.

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