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Le pape Léon XIV a porté lui-même sa croix lors de la commémoration religieuse de Vendredi saint, le 3 avril 2026.
Crédit : Handout / VATICAN MEDIA / AFP
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Quelque 30.000 fidèles de nombreux pays se sont réunis vendredi soir à Rome pour célébrer le Vendredi saint. Ce temps fort de la Semaine sainte, qui précède les fêtes de Pâques, s'est déroulé dans un contexte géopolitique tendu, assombri par la guerre au Moyen-Orient. Pour la première fois depuis 2022, le pape a participé en personne à cet évènement, organisé depuis 1964 au Colisée. Ces dernières années, François, mort au lendemain de Pâques 2025 à 88 ans, avait dû renoncer à y assister pour des raisons de santé.
C'est également la première fois depuis 30 ans que le souverain pontife, âgé de 70 ans, a lui-même porté la grande croix en bois sur l'ensemble des 14 stations retraçant le parcours de Jésus, de sa condamnation à mort à sa mise au tombeau.
Ce geste marque un retour à une tradition observée par Jean-Paul II et Benoît XVI.
Lors de la cérémonie, les textes des méditations résonnaient avec l'actualité : "(...) Toute autorité devra répondre devant Dieu de la manière dont elle aura exercé le pouvoir qui lui a été confié : le pouvoir de juger, mais aussi le pouvoir de déclencher une guerre ou d'y mettre fin, (...) le pouvoir d'utiliser l'économie pour opprimer les peuples ou pour les libérer de la misère". Des prières ont été offertes à Dieu pour qu'il inspire aux hommes de la compassion envers les prisonniers politiques, les familles d'otages ou les morts sous les décombres.
Vendredi matin, Léon XIV a de nouveau plaidé pour la paix lors de conversations téléphoniques avec l'homme d'État hébreu Isaac Herzog et le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Plus tôt dans la semaine, l'évêque de Rome avait également imploré Donald Trump de "trouver une porte de sortie" au conflit qui fait rage au Moyen-Orient.
Le pape est le seul leader politique purement sans intérêt personnel.
Patrick Buehler, 20 ans, étudiant dans le Tennessee venu à Rome
"Si seulement Trump écoutait qui que ce soit", confiait Inès Duplessis, 29 ans, venue de Paris en famille pour Pâques auprès de l'AFP. "Pour moi, c'est très symbolique, mais sans plus. Hélas, on est tellement sur des intérêts politiques, économiques" que "c'est un peu peine perdue".
Geryes Bejjani, Libanais de 33 ans, est venu avec des amis pour "porter un message de paix et de coexistence", malgré la difficulté du voyage, quatre mois après avoir assisté à la visite de Léon XIV dans son pays. "Le pape est le seul leader politique purement sans intérêt personnel. Il n'y a pas d'intérêt caché, il n'y a pas d'ambiguïté dans son message. Et c'est sa force", insistait ce dernier.
Pour Patrick Buehler, 20 ans, étudiant dans le Tennessee venu à Rome pour deux mois avec son université, "c'est une grande bénédiction pour l'Amérique d'avoir un pape américain." "Ma foi prime sur mon pays et je soutiens le pape Léon. Les prières sont efficaces", ajoute-t-il.
Dimanche matin, Léon XIV présidera la messe de Pâques sur la place Saint-Pierre avant de prononcer sa bénédiction "Urbi et Orbi" ("A la ville et au monde"), un message à la tonalité politique particulièrement attendu cette année.
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