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"C'est les pauvres qui trinquent" : avec la hausse des prix du carburant, le Secours populaire contraint de réduire ses tournées

Avec un litre de gasoil qui dépasse désormais les 2 euros, le Secours populaire ne peut plus assurer autant de tournée qu'il y a un mois. Ce qui signifie moins de collectes, et donc moins d'aide pour les personnes en situation de précarité.

Un bénévole du Secours Populaire (illustration)

Crédit : Patricia Huchot-Boissier / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Vincent Serrano - édité par Laurène Rocheteau

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Une autre conséquence de la guerre au Moyen-Orient. Un peu plus d'un mois après le début du conflit, le Secours populaire en France se voit contraint de réduire ses tournées de collecte. En cause : la hausse des prix du carburant, qui rend difficiles les déplacements de l'association. "Un plein de gasoil, 176,96 euros. À 2,31 le litre de gasoil. Il y a un mois et demi, on mettait 119 euros, on va dire", explique Manu, l'un des chauffeurs de l'association en Île-de-France, au micro de RTL. 

Ces derniers mois, le Secours populaire de l'Essonne a dû dépenser 30.000 euros en essence, soit plus de la moitié de son budget. Alors avec un prix au litre qui continue de flamber, certains centres sont contraints de laisser des véhicules au parking. 

"C'est frustrant de se rendre compte qu'il y a plusieurs opportunités qu'on manque. Il commence à y avoir une interrogation sur la diversité des produits que vous ne pouvez plus aller chercher parce qu'ils sont trop loin. En termes de kilométrage, on ne peut plus se permettre, vu le prix de l'essence, d'en faire autant", déclare Yacinthe, responsable d'un centre du Secours populaire. 

"On essaie de tenir"

Conséquence : les rayons des supérettes du Secours populaire commencent à se vider. "On s'inquiète beaucoup parce que s'il n'y a pas ça, on ne vit plus. On ne mange plus, on ne vit plus. On est pauvres, c'est les pauvres qui trinquent", déplore Stéphanie, à la fois bénéficiaire et bénévole. 

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Cette retraitée se retrouve à devoir payer 850 euros de loyer avec seulement 1250 euros de pension, alors sans les aides du Secours populaire, il va falloir faire des choix difficiles. "Il n'y a plus de loisirs, on ne mange plus comme avant. Il faut payer son loyer et son EDF pour ne pas se retrouver à la rue et sans lumière". 

Certains centres de l'association parviennent encore à résister. À Savigny-sur-Orge, en Essonne, il reste encore des provisions sur les étagères, mais les mines sont grises et la situation inquiétante. "On fait la ramasse pour d'autres structures", explique Manuela, la responsable du centre. "Là, je pense qu'on va doubler nos dépenses essence. Pour le moment, on essaie de tenir pour les familles qu'on accueille, jusqu'à ce que ce ne soit plus possible."

Une aide indispensable, puisque près de 480 familles dépendent du Secours populaire pour la seule antenne de Savigny-sur-Orge.

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