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Bactérie tueuse d'oliviers : "Nous sommes très inquiets", dit une oléicultrice corse

REPLAY - La Xylella fastidiosa, une bactérie tueuse d'oliviers en Italie, menace de se répandre en France, notamment sur l'Île de beauté. Fabienne Maestracci redoute une extension à d'autres arbres.

Olives de Nice, à Castagniers, le 27 novembre 2013. (archives)
Olives de Nice, à Castagniers, le 27 novembre 2013. (archives)
Crédit : AFP PHOTO / VALERY HACHE
Bactérie tueuse d'oliviers : "Nous sommes très inquiets", dit une oléicultrice corse
05:51
Yves Calvi & Loïc Farge

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a décidé d'interdire l'importation en France de végétaux sensibles à une bactérie tueuse qui s'attaque notamment aux oliviers et a déjà fait des ravages en Italie. Xyllela fastidiosa se transmet par les insectes.

"Nous sommes très inquiets d'autant plus que nous avons effectué au mois d'octobre un voyage dans le sud des Pouilles, dans le Salento - c'est le talon de la botte d'Italie. C'est là que la bactérie s'est déclarée. Et on a pu constater les désastres, à la fois économique, écologique et humain que ça entraîne", déclare Fabienne Maestracci, oléicultrice en Corse et membre du syndicat Oliu di Corsica.

"Ce qui nous fait soucie, c'est la façon dont la crise a été gérée par l'État italien", poursuit-elle. L'Europe propose aujourd'hui l'arrachage des arbres dans le Salento. Une réponse "complètement délirante", déplore-t-elle. Il y a 200 espèces qui sont atteintes par Xyllela fastidiosa.

"Je ne vois pas comment le fait de couper tous les oliviers, c'est-à-dire de ruiner tous ces pauvres gens, va changer les choses à partir du moment où y a des plantes aussi ordinaires que la pervenche, la myrte et le mûrier qui peuvent être porteurs de la maladie. Il faudrait désherber complètement les zones".

D'autres arbres peuvent être contaminés

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Elle explique que lors de son déplacement Italie, elle a vu des arbres morts "à perte de vue". Elle décrit des arbres tâchetés avec des rameaux qui se dessèchent. "Ils ont essayé de couper et de brûler les parties atteintes des arbres, mais ça progresse vraiment inexorablement", raconte Fabienne Maestracci.

Pour l'instant, il ne s'est encore rien passé en Corse. "Nous sommes très inquiets parce que nous sommes tout près. Ensuite, il y a énormément de circulation de végétaux entre l'Italie et notre île", concède pourtant l'oléicultrice. Elle rappelle que la bactérie est arrivée avec des plantes d'ornement depuis le Costa Rica, via Rotterdam, dans le sud de l'Italie.
Ce qui lui fait très peur, c'est qu'arrive le moment des plantations. "Tous ces gens qui ont des résidences secondaires reviennent en Corse prendre possession de leur maison. Ils vont tous acheter des plantes dans les pépinières pour refaire les jardins".

Un territoire sans arbre, c'est un territoire sans ombre, c'est un territoire mort

Fabienne Maestracci, oléicultrice corse

D'autres arbres peuvent être contaminés, comme la vigne, les agrumes, les amandiers, mais aussi énormément d'arbres sauvages. Une menace sur une profession, un patrimoine mais surtout un territoire, selon elle.

"Un territoire sans arbre, c'est un territoire sans eau, c'est un territoire sans ombre, c'est un territoire mort. Lorsque les arbres meurent, les abeilles meurent, tout meurt", lâche Fabienne Maestracci. 

Bactérie de la mondialisation

Elle avoue ne pas comprendre que les gens aient mis autant de temps à réagir. Elle explique s'être rendue au dernier Salon de l'agriculture de Paris. Elle a rencontré des producteurs de pruneaux du Sud-Ouest, dont les arbres sont aussi menacés par Xyllela fastidiosa. "Ils n'étaient au courant de rien. Qu'ont fait les chambres d'agriculture ?", peste-t-elle.
Le pire, c'est qu'il n'existe aucun remède à cette bactérie. "Les chercheurs californiens planchent dessus depuis des année (...). Ce sont des gens qui ont du matériel. Cela a coûté une fortune et ils n'arrivent pas à trouver de protection. Il faudrait utiliser les antibiotiques, ce qui est absolument interdit sur les végétaux", explique Fabienne Maestracci, pour qui Xyllela fastidiosa est la bactérie de la mondialisation.

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