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Bac 2026 : fini la triche ? Le ministère annonce des détecteurs de smartphones et montres connectées pour débusquer les fraudeurs

Près de 195.000 candidats au baccalauréat professionnel ouvrent ce mercredi 20 mai la saison des examens. Entre l’essor de la triche via l’IA et la hausse des fraudes constatée l’an dernier, le ministère de l’Éducation nationale annonce un renforcement des contrôles.

Étudiants passant l'épreuve du baccalauréat

Crédit : SEBASTIEN BOZON / AFP

Bac 2026 : fini la triche ? Le ministère annonce des détecteurs de smartphones et montres connectées pour débusquer les fraudeurs

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Léna Ménager

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C’est le coup d’envoi des épreuves du baccalauréat pour les près de 195.000 candidats au bac professionnel. Ce mercredi 20 mai, les élèves commencent les examens avec les langues vivantes en début d’après-midi. Mais au-delà du stress des révisions, un autre sujet monopolise les discussions devant les lycées : la triche.

Le phénomène inquiète particulièrement le ministère de l’Éducation nationale, alors que les cas de fraude ont augmenté de 30% l’an dernier. En ligne de mire : l’utilisation de l’intelligence artificielle, devenue un outil accessible à tous les élèves équipés d’un smartphone.

Devant un lycée, Maya et Léa expliquent sans détour leurs méthodes pour contourner les contrôles. "Beaucoup de ChatGPT, les IA, sur nos téléphones. On prend une photo du contrôle et il nous fait tout l'exercice", raconte une candidate au micro de RTL. Sur son téléphone, elle montre un exercice de physique-chimie photographié quelques secondes plus tôt. "Il m’a tout répondu. Il m’a donné les définitions qui sont demandées. Chloroplastes, mitochondries… Il m’a fait tous les exercices", poursuit-elle.

L’intelligence artificielle générative, capable de répondre instantanément à des questions ou de résoudre des exercices à partir d’une simple photo, bouleverse les méthodes de fraude traditionnelles. Face à cette évolution, certains établissements tentent déjà de s’adapter.

Téléphones verrouillés et détecteurs électroniques

Dans certains lycées, les élèves doivent désormais glisser leur téléphone dans une pochette verrouillée à l’entrée des cours. Impossible, en théorie, d’y accéder avant la fin de la journée. Mais pour certains élèves, ces mesures ne suffisent pas à empêcher la fraude.

"On ne peut pas ouvrir nos téléphones. Là, on revient aux enseignes méthodes, on prend des petites feuilles, on marque des petites réponses dessus. Et après, on regarde, on essaie de cacher avec la trousse", explique une autre lycéenne à RTL.

Pour les épreuves du baccalauréat, le ministère veut aller plus loin. Cette année, des détecteurs de smartphones et de montres connectées seront installés aléatoirement dans certains centres d’examen. Une manière de limiter l’utilisation discrète des appareils électroniques pendant les épreuves.

Des sanctions pouvant aller jusqu’à cinq ans d’interdiction

Les élèves interrogés semblent toutefois conscients des risques encourus. À l’approche du baccalauréat de français, une autre candidate assure qu’elle ne tentera rien : "C'est trop risqué ! Trop risqué, je ne peux pas tricher ! Je vais apprendre, il me reste plus que ça".

Les sanctions prévues par le ministère de l’Éducation nationale peuvent être lourdes. Selon le ministère de l'éducation nationale, les fraudeurs s’exposent notamment à un blâme, à la suppression des mentions obtenues sur le diplôme, mais aussi à une interdiction de passer tout examen conduisant au baccalauréat pendant une durée maximale de cinq ans.

Cette interdiction peut également concerner les formations et diplômes de l’enseignement supérieur public. Dans certains cas, les candidats peuvent même être empêchés de s’inscrire dans un établissement public post-bac pendant plusieurs années.

Orthographe, niveau des examens et âge minimum : les autres pistes du ministre

Au-delà de la lutte contre la fraude, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray souhaite plus largement "redonner de la valeur" au baccalauréat et au brevet.

Parmi les pistes évoquées ce mardi 19 mai figurent un durcissement des consignes concernant l’orthographe, mais aussi l’instauration d’un "âge plancher" pour se présenter à l’examen. Cette annonce intervient alors que le plus jeune candidat au bac cette année a moins de 10 ans.

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