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Aviation et coronavirus : "Mon avenir n'est pas dans un cockpit", témoigne un pilote de ligne

Alors que le secteur aérien est mis à mal par la pandémie, de nombreux pilotes font face à une crise sans précédent.

Des avions à l'aéroport Charles de Gaulle (Illustration).
Des avions à l'aéroport Charles de Gaulle (Illustration).
Crédit : ERIC PIERMONT / AFP
Aviation : "Mon avenir n'est pas dans un cockpit", témoigne un pilote de ligne
05:27
Aviation : "Mon avenir n'est pas dans un cockpit", témoigne un pilote de ligne
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Arnaud Tousch - édité par William Vuillez

Vous l'avez peut-être constaté en levant la tête depuis maintenant un an, dans le ciel les avions se font beaucoup plus rares et sur la terre ferme, les conséquences de cette réduction des vols sont très importantes en premier lieu pour les pilotes de ligne. Ces dernières semaines RTL a pu recueillir les témoignages de plusieurs pilotes qui font face à une crise sans précédent.

Le sujet n'est pas simple à aborder au micro avec cette profession à laquelle est souvent attachée le prestige de la fonction. Depuis l'année dernière, beaucoup se retrouvent dans des situations compliquées. Yann est commandant de bord sur Boeing 787, un avion long-courrier et son dernier vol était il y a tout juste un an. Une éternité pour Yann, qui affiche 20.000 heures de vol sur son carnet et plus de 30 ans de carrière. "C'est long un an, surtout pour un pilote puisque notre compétence est liée à la pratique", dit-il.

Il travaillait pour la compagnie Norwegian à Paris, qui a stoppé ses opérations dans la capitale ce qui a brutalement assombri l'avenir dans les airs du commandant de bord 
"Je le vois au sol, le marché est totalement mort. Mon avenir n'est pas dans un cockpit demain". Yann est également représentant du Syndicat National des Pilotes de ligne chez Norwegian, une compagnie qu'il accuse de ne pas respecter la loi française en matière de droit social. Il défendra ses collègues pilotes, mais pour lui sa carrière est désormais terminée.

Certains pilotes au RSA

Il a plusieurs autres exemples comme celui-ci, certains pilote se retrouvent même aujourd'hui au RSA. La situation est franchement compliquée pour certains pilotes de ligne, mais certaines compagnies profitent de la crise sur le dos des pilotes. Olivier Rigazio membre associé au Syndicat National des pilotes de ligne en France chargé de l'emploi dresse un constat très clair. "Je n'ai jamais vu ça, les crises pour les pilotes sont de plus en plus violentes", dit-il, expliquant qu'on propose même parfois aux pilotes de payer pour travailler.

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Bien que cette pratique soit interdite en France, certaines compagnies étrangères ne se privent plus et pour Olivier Rigazio cette crise laissera encore plus de traces que les autres. "Malheureusement on a cassé des gens, on a cassé des rêves". S'agissant des jeunes pilotes, ils ne lâchent rien à l'image de Théophile, 24 ans. "J'ai toujours su que c'était quelque chose que je voulais faire depuis tout petit. Dès qu'on pourra repartir voler, les besoins en pilotes se referont sentir. L'important dans ces crises c'est de réussir à rebondir", nous dit-il. 

Un constat partagé par la majorité des pilotes y compris senior qui poussent encore aujourd'hui leurs ainés à croire en ce métier pour pouvoir un jour travailler dans ce qu'ils appellent toujours le plus beau bureau du monde.

Des raisons d'espérer ?

La profession se mobilise pour aider les pilotes en difficultés, par exemple au SNPL, des cagnottes ont été ouvertes. Il y en a eu 3 depuis mars dernier, à chaque fois elles s'élevaient à environ 100.000 euros. Les bénéficiaires sont en priorité des pilotes qui touchent le RSA, c'est à dire 564 euros par mois pour une personne seule. Certains commandants de bord gagnaient plus de 10.000 euros par mois.

Par ailleurs le nombre de pilotes au chômage a été multiplié par deux l'année dernière. Avant c'était pratiquement le plein emploi. Dans l'aérien en général, 30.000 emplois sont aujourd'hui menacés à l'aéroport Roissy Charles de Gaulle d'ici l'été 2022. C'est énorme quand on sait que l'aéroport fait vivre 94.000 personnes au global. Ici bien sûr on parle notamment des 800 sociétés prestataires qui gravitent autour des compagnies.

Il y a des raisons d'espérer tout de même car l'aérien a connu des crises mais le trafic est toujours reparti. Le gouvernement croit également au futur du transport aérien et a fait le choix de renflouer Air France par exemple. Enfin, la recherche et développement ne s'arrête pas et les constructeurs ont pour objectif d'arriver à une neutralité carbone dans les décennies qui viennent. 

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