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Attentats de Paris : "Il faut dire aux enfants qu'on les protège", préconise Marcel Rufo

Pour aborder les attentats qui ont frappé Paris et Saint-Denis avec les plus jeunes, mieux vaut les laisser en parler en premier, avant d'expliquer la situation calmement, en maîtrisant ses émotions.

Évoquer des attentats avec des enfants est une étape difficile mais nécessaire
Évoquer des attentats avec des enfants est une étape difficile mais nécessaire
Crédit : AFP/MYCHELE DANIAU
Hélène Romano, psychologue spécialiste des traumatismes
03:27
Marcel Rufo : "Il faut dire aux enfants qu'on les protège, c'est ce qu'ils attendent"
06:59
Martin Cadoret & Morgane Giuliani

Après les attentats qui ont endeuillé Paris, les plus jeunes vont être exposés à des images et des mots difficiles à appréhender pour eux. Au moment de la fusillade de Charlie Hebdo, le docteur Geneviève Djénati, psychologue et thérapeute familiale, recommandait au micro de RTL de "laisser l'enfant en parler en premier". Le but : établir une communication avec l'enfant pour savoir ce qu'il a compris de l'affaire, afin de ne pas "se fourvoyer dans des explications trop bébé ou beaucoup trop compliquées qui ne rassureront pas non plus". Savoir maîtriser son émotion est aussi essentiel pour aborder le sujet avec des enfants. Il faut oublier les réactions indignées du type "Quelle horreur !", car l'information va "rester brute en lui et faire des dégâts, en terreur nocturne par exemple".

Les enfants attendent un seul mot de nous : 'on te protège, on est là pour te protéger'

Marcel Rufo

Pour le pédopsychiatre Marcel Rufo, le dialogue est également primordial : "La meilleure façon de maîtriser son émotion, c'est d'en parler avec eux, estime-t-til sur RTL. De dire ce que l'on ressent, ce que comprend et peut-être aussi ce qu'on ne comprend pas, et avec toujours l'idée que les enfants attendent un seul mot de nous : 'on te protège, on est là pour te protéger'."

Donner des repères aux enfants

L'enfant doit également être protégé des images sur le sujet, pour éviter qu'il ne se croie menacé. "L'enfant a tendance à rapprocher le danger de lui. On l'a vu au moment des tours de New York, les enfants avaient peur que la tour Eiffel leur tombe dessus", explique notamment Geneviève Djénati. Dans Les Maternelles sur France 5, le psychiatre Serge Tisseron recommandait de donner des repères aux enfants "notamment des repères géographiques. Il faut montrer une carte de France, localiser les choses, donner des repères dans l'espace et le temps".

De son côté, Marcel Rufo estime que les enfants résidant dans le 11e arrondissement de la capitale, particulièrement touché par les attentats, doivent être accompagnés : "Je pense aux enfants du 11e, qui connaissent ces endroits, et les adolescents pour lesquels les salles de concert sont des moments de vie. C'est fondamental, la musique. Ils sont touchés sur des fondations importantes : le sport, le plaisir d'aller au stade avec ses parents, la musique et l'adolescence. C'est très bien qu'ils retournent à l'école, qu'il n'y ait pas cette crainte que tout recommence. Mais il va peut-être falloir mettre en place des moments de discussion, avec les parents et les enseignants."

Mettre de côté ses opinions politiques

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L'auteur de Élever son enfant (2014) insiste également sur l'importance de ne pas confronter les enfants à des discours contradictoires. "Lorsque la président de la République parle, les enfants attendent le discours de celui qui est le père de la nation, celui qui nous représente, explique Marcel Rufo. Il faut que les parents soient attentifs, quelque soit leur position politique, à bien accepter le discours et observer ce que les enfants disent. Ils sont rassurés par le discours de celui qui protège la nation et qui donc, est l'équivalent généraliste de la protection intime. Donc attention à des discours contradictoires, parce que ça affole les enfants. Un discours négatif sur une proposition leur fait donc penser 'Ça ne va donc pas être possible de me protéger. Tu dis que tu me protèges et celui qui doit nous protéger ne nous protège pas.'" 

Plusieurs médias spécialement conçus pour les enfants peuvent aider à aborder le sujet, comme le Petit Quotidien, qui avait publié une édition spéciale au moment des attentats à Charlie Hebdo. Le journal pour enfant conseille cependant aux parents d'accompagner les enfants dans la lecture du numéro.

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