2 min de lecture Attentats à Paris

Attentats à Paris : le coup de gueule d'un médecin arrivé avant les secours

REPLAY / INVITÉ RTL - Michel Bonnot, médecin anesthésiste-réanimateur, est très vite descendu dans la rue porter secours à des blessés vendredi 13 novembre.

Calvi-245x300 3 minutes pour comprendre La rédaction de RTL iTunes RSS
>
Attentats à Paris : "Rue Fontaine au Roi, nos secours n'étaient pas totalement à la hauteur", déplore un médecin Crédit Image : AFP/P.Kovarik | Crédit Média : La rédaction de RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Yves Calvi
Yves Calvi et Gregory Fortune

Le docteur Michel Bonnot, habite juste au-dessus du restaurant Casa Nostra dans le 11e arrondissement de la capitale. Dès la première détonation vendredi 13 novembre en début de soirée, il n'a pas hésité et est descendu dans la rue. Pourquoi ? "C'est un peu l'idée que je me fais de ce que je dois faire, a répondu l'anesthésiste-réanimateur mardi 17 novembre au micro de Yves Calvi. J'ai beaucoup travaillé en zone de guerre par le passé, dans l'humanitaire, à Beyrouth, au Kurdistan, en Afghanistan à Sarajevo. Il me semblait quand même logique de porter secours en bas de chez moi".

"Je n'ai pas cru l'ombre d'un instant que c'était des pétards, poursuit-il. Le temps de mettre un manteau et je suis descendu assez rapidement". Sur une terrasse, il voit "quatre corps dans les débris de verre". Parmi ces corps, "celui d'une jeune femme. On a commencé à la masser, à faire le bouche à bouche, détaille-t-il. On a attendu très longtemps les secours - je n'ai pas dit qu'ils étaient en retard, vingt minutes. Dans ces circonstances, c'est une éternité. Elle est partie entre mes doigts (...) C'est dur".

Ce qui m'a choqué, c'est ce sentiment d'impuissance et d'injustice

Michel Bonnot, anesthésiste-réanimateur
Partager la citation

"Ce qui m'a choqué, c'est ce sentiment d'impuissance et d'injustice, de ne pas avoir pu faire quelque chose, déplore aujourd'hui Michel Bonnot. Les sapeurs-pompiers sont arrivés. Sur la première jeune fille, j'ai demandé le renfort d'un médecin. Le sapeur-pompier m'a dit : 'il n'y a pas de médecin'. Il m'a dit : 'les camions de Samu vont arriver'. J'ai dit : 'bon alors passez moi le matériel pour intuber - intuber, ventiler c'est le b.a.-ba de la réanimation des blessés graves - et passez moi de quoi la perfuser'. Réponse : 'et bien on n'a pas tout ça'. Alors là j'étais un peu sidéré".

"Il faut savoir qu'aujourd'hui les sapeurs-pompiers - c'est un constat, pas un jugement -, ils ont de l'oxygène à bord, des garrots - c'est très utile. Mais j'ai demandé de la morphine. Il n'y en avait pas". Certains blessés auraient-ils pu être sauvés avec un minimum de soins et de matériel ? "Moi, je parle des blessés graves, répond-il. Il y en avait trois, j'en ai perdu deux, et le troisième est une histoire absolument étonnante (...) tout le monde a pensé qu'il était mort à tel point que quelqu'un avait jeté sur lui une bâche (...) et le sapeur-pompier se retourne vers moi et me dit "docteur, il respire. Il était vivant".

Il faut réinventer un système pour faire face. C'est un véritable défi qui nous est jeté à la face

Michel Bonnot, anesthésiste-réanimateur
Partager la citation
À lire aussi
Le préfet de police de Paris envisage de réformer la Brigade de recherche et d'intervention police
Des rescapés du Bataclan affichent leur soutien à la BRI dans une tribune

Dès lors, de quoi a-t-on besoin à l'avenir ? "Aujourd'hui on est en guerre, on va avoir des blessés de guerre, et on est pas profilé pour les transporter dans des bonnes conditions dans les hôpitaux. Maintenant, il faut réinventer un système pour faire face. C'est un véritable défi qui nous est jeté à la face. Rue de la Fontaine au Roi, nos secours n'étaient pas totalement à la hauteur, on aurait pu faire mieux, il faut avoir une certaine humilité pour l'accepter. Voilà un petit peu mon coup de gueule, il faut que l'on se remette en cause".

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Attentats à Paris Attentat Terrorisme
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7780536456
Attentats à Paris : le coup de gueule d'un médecin arrivé avant les secours
Attentats à Paris : le coup de gueule d'un médecin arrivé avant les secours
REPLAY / INVITÉ RTL - Michel Bonnot, médecin anesthésiste-réanimateur, est très vite descendu dans la rue porter secours à des blessés vendredi 13 novembre.
https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/attentats-a-paris-rue-fontaine-au-roi-nos-secours-n-etaient-pas-totalement-a-la-hauteur-deplore-un-medecin-7780536456
2015-11-17 12:42:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/-yvRwA98XGoa_KkDt9J-7A/330v220-2/online/image/2015/1117/7780539323_des-anonymes-deposent-des-fleurs-devant-le-restaurant-cosa-nostra-dans-le-11e-arrondissement-de-paris-dimanche-15-novembre-2015.jpg