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Attentats à Paris : plusieurs familles de terroristes ont réclamé les corps pour les mettre en terre

Info RTL REPLAY / INFO RTL - Que faire des corps des assaillants qui ont récemment été tués à Paris et à Saint-Denis ? Les familles veulent les récupérer. Mais méritent-ils vraiment une sépulture ?

Rémi Sulmont
Rémi Sulmont
Crédit : Romain Boé
Attentats à Paris : la difficile inhumation des kamikazes du 13 novembre
02:59
Thomas Prouteau & Loïc Farge

Où et comment va-t-on enterrer les kamikazes des récentes attaques de Paris et de Saint-Denis ? Ces questions embarrassantes vont se poser dans les jours qui viennent. Les autorités françaises attendent que les enterrements des victimes soient terminés avant de délivrer les permis d'inhumer des terroristes. Mais d'après les informations que RTL a pu recueillir, plusieurs familles ont déjà demandé à récupérer les corps. Les proches de Bilal Hadfi, qui s'est fait exploser au Stade de France, ont indiqué qu'ils attendaient "un peu inquiets" la réponse de l'État français. Concernant Samy Amimour, l'ex-machiniste de la RATP, membre du commando du Bataclan, son avocat indique que la famille a également réclamé la dépouille pour l'enterrer "dans la plus grande discrétion".

Les mairies concernées affûtent leurs arguments

Il y dix corps de jihadistes "à gérer" : sept mort le 13 novembre et trois autres morts lors de l'assaut de Saint-Denis. Le premier réflexe des autorités françaises est souvent de tenter renvoyer des dépouilles à l'étranger. En Belgique, dans le cas d'espèce, ou ailleurs. Mais l'Algérie et le Mali avaient refusé d'accueillir le corps de Mohamed Merah, des frères Kouachi et d'Amedy Coulibaly, estimant qu'ils avaient été radicalisés en France.

S'il faut donc les enterrer ici, dans quels cimetières le faire ? La loi française dit sur le lieu de naissance, de résidence ou bien de décès. Toutes les mairies concernées que RTL a contactées ont préparé leurs arguments. Le maire de Drancy, où a grandi Amimour, indique, soulagé, qu'il n'y a pas de "carré musulman dans son cimetière". Le maire de Courcouronnes, où est né Ismaël Mostefaï, nous fait savoir par ses services qu'il n'y a plus de place dans sa commune.

Donner une sépulture, c'est redonner de l'humanité aux terroristes. C'est donc très délicat. Il y a le rejet des autorités qui voudraient ainsi anéantir l'ennemi. Il y a la honte et le besoin des familles des kamikazes d'enterrer. Il y a surtout le respect qu'on doit aux victimes.

Ne pas laisser de traces

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"On est face des questions inédites", explique la sociologue Riva Kastoryano, qui a écrit Que faire des corps des jihadistes ? (éditions Fayard). "Autoriser une sépulture, c'est reconnaitre que c'est un combattant légitime. Or c'est pas une guerre normale, ce ne sont pas des soldats d'un État", dit-elle. "Leur guerre n'est reconnue par aucune convention internationale, aucun État. L'État français est donc incapable d'agir face à ces corps embarrassants. La réponse, c'est de ne pas laisser de traces de ces gens-là", poursuit Riva Kastoryano.

Ne pas laisser de traces pour éviter que la tombe devienne un lieu de pèlerinage. L'Amérique a fait ça avec Oussama Ben LadenSon corps a été jeté à la mer. L'État d'Israël a ouvert un "cimetière de l'ennemi" dans le Golan pour les kamikazes palestiniens. En France, la réponse pour l'instant, ce sont des sépultures anonymes. C'est le cas des tombes des frères Kouachi et Amedy Coulibaly, qui a enterré à 6 heures du matin avant l'ouverture du cimetière. À Toulouse, dans le cimetière où Mohamed Merah a été mis en terre en petit comité, la sépulture a disparu.

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