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Attentat déjoué au Fort Béar : les 3 suspects pourraient être présentés à un juge vendredi

À 17, 19 et 23 ans, trois gardés à vue sont soupçonnés d'avoir préparé un attentat d'une installation militaire dans les Pyrénées-Orientales.

Des militaires français (Image d'illustration)
Des militaires français (Image d'illustration)
Crédit : JOEL SAGET / AFP
Cécile De Sèze & AFP

Trois jeunes hommes, dont un ancien militaire, soupçonnés d'avoir projeté l'attaque d'une installation militaire des Pyrénées-Orientales et la décapitation d'un officier au nom du jihad, pourraient être présentés à un juge vendredi à l'issue de leur garde à vue. 

Âgés de 17, 19 et 23 ans, les trois hommes entendus par la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) ont été interpellés lundi, veille de fête nationale, tout comme un adolescent de 16 ans depuis relâché. L'opération n'avait pas fuité jusqu'à ce que François Hollande lâche mercredi que "des actes terroristes" avaient été déjoués "cette semaine". Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a lui évoqué une "action terroriste contre des installations militaires françaises". 

Les militaires pris pour cible

Face à ces annonces en pleine garde à vue, le directeur général des Républicains (ex-UMP) et ancien patron de la police nationale Frédéric Péchenard a dénoncé une "volonté d'appropriation politique" de l'antiterrorisme. "Lorsqu'il y a des faits graves, il est du rôle du gouvernement d'en informer les Français. On ne peut pas cacher la vérité aux Français", a rétorqué Bernard Cazeneuve. 

Les militaires sont une cible récurrente des jihadistes en France : Mohamed Merah en avait assassiné trois et très grièvement blessé un en mars 2012. Des membres de la cellule dite de Cannes-Torcy, démantelée quelques mois plus tard, projetaient d'attaquer des soldats. Et plusieurs militaires déployés dans le cadre de l'opération Vigipirate ont été agressés. 

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Selon une source proche du dossier, les trois hommes, qui se réclament en garde à vue de l'organisation de l'État islamique (EI) et revendiquent leur engagement jihadisteauraient projeté d'attaquer le Fort Béar, un camp militaire situé sur les hauteurs de Port-Vendres dans les Pyrénées-Orientales. 

Un projet initialement prévu pour la fin 2015

Ils auraient envisagé d'y tuer des militaires en poste dans ce sémaphore, et de décapiter le chef du détachement, a expliqué la source. Une scène que, selon une source proche de l'enquête, ils auraient souhaité filmer pour la diffuser sur internet. Un projet envisagé pour la fin d'année, peut-être le 31 décembre 2015, en tablant sur le fait que les effectifs y auraient été plus réduits en cette période de fêtes, a rapporté la source. 

Le plus âgé du trio a été guetteur au sémaphore de Fort Béar, selon une autre source proche du dossier, avant d'être réformé de la Marine nationale. Son contrat a pris fin le 21 janvier 2014. Il avait des problèmes de santé, selon la source proche du dossier, qui a ajouté qu'il avait pu "nourrir une rancune personnelle contre le chef de détachement". 

Arrêtés près de Valenciennes (Nord), au Chesnay (Yvelines) et à Marseille, selon la source, les trois hommes sont entrés en contact par internet, via des applications cryptées. Un billet de train retrouvé chez l'un d'eux accrédite l'hypothèse selon laquelle ils comptaient se rencontrer rapidement. Ils auraient initialement envisagé de se rendre en Syrie pour y mener le jihad. Mais la radicalisation du plus jeune a été signalée par un membre proche de sa famille. Décrit comme "un élément moteur", le jeune homme de 17 ans a été repéré et a fait l'objet d'un entretien administratif. 

De plus en plus d'actions au nom du jihad en France

Depuis le début de l'année, les actions au nom du jihad se sont multipliées en France : attentats de Paris qui ont fait 17 morts en plus des auteurs en janvier, projet d'attaque évitée contre des églises du Val-de-Marne dont l'auteur présumé est soupçonné d'avoir tué une jeune femme, décapitation d'un chef d'entreprise par un de ses employés en Isère

"Nous faisons face à une menace terroriste que nous n'avons jamais connue, inédite. Une menace extérieure et une menace intérieure", a affirmé jeudi matin Manuel Valls. 

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