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Attentat déjoué au Fort Béar : l'opposition dénonce la "surcommunication insupportable" de Hollande

La révélation mercredi soir par François Hollande du projet d'attentat déjoué en a surpris plus d'un.

François Hollande le 14 juillet 2015.
François Hollande le 14 juillet 2015.
Crédit : ALAIN JOCARD / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Bourde ou manœuvre stratégique ? Alors qu'il accompagnait ce mercredi 15 juillet le président mexicain à Marseille dans le cadre d'une visite d'État, François Hollande s'est fendu d'une déclaration des plus inattendues : "Cette semaine, nous avons également prévenu des actes terroristes qui auraient pu être produits. Le ministre de l'Intérieur fera une communication demain (jeudi) à cet effet". Une déclaration qui a même été jusqu'à surprendre Bernard Cazeneuve lui-même, ainsi que le Premier ministre Manuel Valls, qui assistaient tous deux au même moment au pot de départ du préfet de police de Paris, et qui ne semblaient pas s'attendre à de telles révélations.

Réagissant au quart de tour, le ministre de l'Intérieur a fourni dans la foulée les détails attendus : quatre personnes âgées de 16 à 23 ans, qui projetaient de filmer la décapitation d'un militaire gradé, ont été arrêtées et placées en garde à vue. Selon une source proche du dossier, les suspects projetaient de s'attaquer à un militaire au Fort Béar, dans les Pyrénées-Orientales.

Une "appropriation politique"

Cette façon de communiquer a grandement exaspéré les forces de l'ordre. Mais pas seulement. Au lendemain des déclarations du président, une grande partie de l'opposition a dénoncé la méthode. Directeur général du parti Les Républicains, Frédéric Péchenard n'a pas mâché ses mots ce jeudi matin 16 juillet. "On voit bien que l'unité nationale tant défendue par le Parti socialiste vole en éclats aujourd'hui puisqu'il y a une volonté d'appropriation politique, probablement pour masquer un certain nombre d'échecs du gouvernement ou de difficultés dans les domaines du chômage ou économique", a dénoncé ce proche de Nicolas Sarkozy et ex-directeur général de la police nationale. Même son de cloche chez le conseiller régional du Front national Wallerand de Saint-Just, pour qui François Hollande s'est "très bien débrouillé" depuis les attentats de janvier "pour utiliser les éléments à son avantage".

L'ex-ministre de la Défense, le centriste Hervé Morin n'y est pas allé non plus de main morte : "la surcommunication du président de la République et du gouvernement sur le terrorisme est insupportable". Quant à l'eurodéputé Les Républicains Arnaud Danjean, il estime que "les politiques seraient bien inspirés de laisser travailler les services spécialisés".
 
Plus mesuré, le député (LR) Éric Ciotti a relevé une "démarche un peu inédite" car "d'habitude, la communication dans ce genre d'affaires est réservée au parquet et au procureur de Paris, qui est en charge des question de terrorisme". S'il a dénoncé une "communication un peu précipitée" il a également ajouté que, "là (n'était) pas le fond de l'affaire, l'essentiel est que, s'il y a eu un attentat déjoué, je m'en réjouis". Sur le même ton, l'ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, a préféré retenir que "notre dispositif fonctionne et (que) de ce point de vue, c'est rassurant de pouvoir déjouer des attentats".

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Malgré l'évidente surprise qu'a suscité cette annonce, les membres du gouvernement font néanmoins front. Depuis Lannemezan, dans les Hautes-Pyrénées où il suit ce jeudi une étape du Tour de France, Manuel Valls s'est employé à cadrer cette communication. "Le président de la République, moi-même, le ministre de l'Intérieur, depuis des mois, rappelons la puissance de la menace (...) Régulièrement, nous déjouons des attentats. C'est sans doute le cas avec l'arrestation de ces quatre individus", a déclaré le Premier ministre.

François Hollande "a estimé qu'à un moment, il était important de montrer aux Français qu'ils étaient protégés", a pour sa part plaidé Ségolène Royal. "On ne peut pas cacher la vérité aux Français", a justifié Bernard Cazeneuve.

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