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Après la moralisation de la vie publique, celle de la vie syndicale ?

REPLAY - ÉDITO - S'il y a eu deux lois, en 2008 et 2014 pour tenter de mettre fin à l'opacité qui règne autour des organisations syndicales, cela n'est pas suffisant.

Des militants de la CGT manifestent au Havre
Des militants de la CGT manifestent au Havre
Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP
Après la moralisation de la vie publique, celle de la vie syndicale ?
00:03:34
Lenglet-Co du 31 juillet 2017
00:03:47
Éric Vagnier & La rédaction numérique de RTL

Le projet de loi sur la moralisation de la vie publique, désormais appelé Loi confiance a été adopté par l'Assemblée nationale dans la nuit du vendredi 28 au samedi 29 juillet. Mais aurait-il fallu élargir le texte aux élus syndicaux ? Certains, du côté du Sénat, l'ont réclamé. On dit même que le gouvernement s'est posé la question. L'auteur d'un rapport explosif datant de 2011 sur les syndicats, l'ancien député centriste Nicolas Perruchot est remonté en vain au créneau : il faut aussi moraliser la vie syndicale, autant du côté des organisations de salariés que des organisations patronales

La politique et le syndicalisme ne sont finalement pas si opposés que ça. On retrouve souvent les mêmes profils : des apparatchiks et des cumulards. Des professionnels du mandat syndical, des salariés qui font carrière dans le syndicalisme, cela existe autant qu'en politique et cela génère les mêmes travers : on finit par avoir des élus qui n'ont plus les pieds sur terre,  qui sont coupés du terrain et du monde du travail

Un droit de regard légitime

Pourquoi le législateur aurait du s'en mêler ? Parce que c'est essentiellement de l'argent public qui fait tourner le système, c'est à dire des subventions. C'est une caractéristique des syndicats français : ils sont peu financés par leurs d'adhérents qui ne sont pas assez nombreux. Il dépendent donc financièrement de l'argent public, encore plus d'ailleurs que les partis politiques. Il est donc normal qu'il y ait un droit de regard de la société et que tout cela soit encadré

Certains pratiques sont parfois à la limite de la morale ou de la légalité. Par exemple s'agissant des syndicalistes qui deviennent des permanents au niveau national dans les fédérations ou les confédérations, tout en continuant à être payés par leur entreprise, où ils ne mettent quasiment plus les pieds (ou leur administration quand ils viennent de la fonction publique). Sans parler de ceux qui flirtent avec des mouvements politiques. En regardant bien, on ne doit pas être très éloigné de la définition de ce qu'est un emploi fictif

L'argent des syndicats, c'est un sujet tabou

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Actuellement, très peu de contrôles existent. L'argent des syndicats, c'est un sujet tabou. Pourtant, ce sont des milliards qui sont en jeu. Alors il ne s'agit pas de dénigrer le rôle et l'action des syndicats (qui d'ailleurs globalement ont une meilleure image que les partis politiques). Ils touchent des aides, des subventions, en échange des services rendus dans la gestion des organismes paritaires comme l'assurance-chômage, les retraites complémentaires ou la formation professionnelle. Et cela fonctionne plutôt mieux d'ailleurs que lorsque l'État s'en mêle directement. 

Le problème, c'est le manque de transparence. On est dans l'opacité. Combien touchent réellement les syndicats et les organisations patronales ? Comment utilisent-ils vraiment les moyens financiers mis à leur disposition ? Cela reste très flou. Et c'est comme cela que l'on arrive on arrive à des découvertes surprenantes comme les dessous de tables de l' UIMM (la branche patronale de la métallurgie, ndlr), ou les dépenses inconsidérées de la CGT pour le train de vie de son ancien secrétaire général Thierry Le Paon, ou encore les pratiques douteuses de certains comités d'entreprises de grands groupes publics. Cela ne vous rappelle pas le monde politique tout ça ?

Il y a pourtant eu deux tentatives de lois, l'une en 2008 pour contraindre les syndicats à tenir une comptabilité, l'autre en 2014 sous le précédent quinquennat, pour bien séparer les fonds de la formation professionnelle  de ceux des syndicats. Mais cela ne suffit pas. Il n'aurait donc pas été inutile de profiter de la discussion sur le projet de loi de moralisation de la vie publique pour franchir un cap supplémentaire. C'est dans l'intérêt des syndicats de de rétablir le lien de confiance avec la société et l'occasion n'a pas été saisie. Mais tôt ou tard il faudra y revenir. 

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