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Alsace : les autonomistes revigorés par la réforme des régions

Avec les élections départementales qui approchent, les autonomistes, médiatisés grâce à la réforme territoriale, rêvent de traduire cette popularité dans les urnes.

Une manifestation contre la réforme territoriale, le 10 janvier 2015, à Strasbourg (archives).
Une manifestation contre la réforme territoriale, le 10 janvier 2015, à Strasbourg (archives).
Crédit : PATRICK HERTZOG / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Les autonomistes alsaciens, très discrets ces dernières années sur la scène politique régionale, ont attiré l'attention en battant le pavé contre la réforme territoriale. Ils rêvent de traduire ce sursaut dans les urnes lors des élections départementales.

"Touche pas à l'Alsace", "Paris, nous n'avons pas besoin de toi" : les dirigeants du petit parti autonomiste alsacien Unser Land (notre terre, en allemand) ont souvent été en bonne place derrière les banderoles des défilés hostiles au mariage avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne.

Des candidats dans 20 cantons sur 40

À la faveur de ces manifestations aux accents parfois folkloriques, le parti créé en 2009 a rodé son discours, attiré de nouveaux militants et gagné de la confiance. Suffisamment pour présenter sous sa bannière des binômes de candidats dans 20 des 40 cantons de la région pour les élections départementales, alors qu'il n'avait eu que 7 candidatures lors des cantonales de 2011.

Unser Land, qui ne compte aucun élu au conseil régional, avait alors gagné un siège dans le Bas-Rhin, perdu après la démission de son occupant. Dans les autres cantons, il avait souvent oscillé entre 3% et 5%, selon un cadre du parti. Andrée Munchenbach, sa présidente, n'a pas fixé d'objectifs chiffrés, mais elle est convaincue de pouvoir faire mieux cette année en misant sur les craintes suscitées par la nouvelle carte des régions.

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"On devra payer davantage pour les politiques d'investissement au niveau de la méga-région, cela voudra dire plus d'impôts pour les Alsaciens", prévient-elle, souhaitant que la France prenne pour modèle le système des cantons suisses.

Défense des particularismes régionaux

Unser Land, qui se décrit comme un parti "centriste-écologiste", fait aussi campagne sur la défense des particularismes régionaux (droit local, régime spécifique d'assurance maladie, etc.), qui seraient voués à disparaître dans la "méga-région" selon le parti.

"Si on a beaucoup vu les autonomistes, c'est parce que l'on a vu personne d'autre" se mobiliser contre la réforme territoriale, observe le politologue et sociologue Philippe Breton, de l'Observatoire de la vie politique alsacienne. 

L'identité alsacienne est en grande partie un fantasme

Philippe Breton, de l'Observatoire de la vie politique alsacienne



Mais même si cette visibilité a pu attirer des "groupes de copains, des groupes familiaux interconnectés", le spécialiste estime qu'il ne s'agit pas "de la constitution d'un véritable électorat". Cela, d'autant que "l'identité alsacienne est en grande partie un fantasme", juge-t-il, à preuve selon lui l'échec du référendum de 2013 pour la création d'un Conseil unique regroupant les trois collectivités alsaciennes.

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