2 min de lecture Histoire

Albert Camus a-t-il vraiment été assassiné par le KGB ?

Une étude vient compléter des archives de 2011, prouvant que le célèbre écrivain n'est pas mort dans un simple accident de voiture en 1960.

Albert Camus
Albert Camus Crédit : AFP
Sarah Belien
Sarah Belien
Journaliste RTL

Après une théorie déjà exposée en 2011, l'écrivain italien Giovanni Catelli revient sur la mort d'Albert Camus dans un nouveau livre, The Death of Camus. Ce dernier affirme que le célèbre écrivain français a été assassiné par des espions du KGB, en représailles de ses positions anti-soviétiques.

Huit ans plus tôt, Giovanni Catelli avait découvert des propos dans le journal du célèbre écrivain tchèque Jan Zábrana, selon lesquels la mort d'Albert Camus n'était pas un accident. Le lauréat du Prix Nobel de littérature est, officiellement, décédé le 4 janvier 1960 dans un accident de voiture. Son conducteur et également célèbre éditeur, Michel Gallimard, a perdu le contrôle du véhicule et s'est écrasé contre un arbre. 

Dans sa biographie en 1978, l'auteur Herbret Lottman émettait déjà des doutes sur les circonstances de l’accident. "Les experts ont été intrigués par le fait que cela se produise sur une longue route rectiligne, une route de 10 mètres de large et peu fréquentée à l'époque", a-t-il écrit.

Un accident commandité par l'Union Soviétique

Selon les propos rapportés par Giovanni Catelli, Jan Zábrana a écrit en 1980 qu'"un homme compétent et bien connecté" lui avait dit que le KGB y était pour quelque chose. "Ils ont tricoté le pneu avec un outil qui l'a probablement percé lorsque la voiture roulait à grande vitesse."

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Cet ordre aurait été donné par le ministre de l'Intérieur de l'Union soviétique, Dmitri Shepilov, à la suite de la publication d'un article écrit par Camus dans le journal français Franc-Tireur en 1957. Toujours selon le journal de Zábrana, "il semble qu'il ait fallu trois ans aux services de renseignement pour exécuter l'ordre," indique l'écrivain tchèque. 

"Ils ont finalement réussi à faire en sorte que, jusqu'à aujourd'hui, tout le monde pensait que Camus était décédé des suites d'un accident de voiture ordinaire. L’homme a refusé de me dire sa source mais il a affirmé que c’était totalement fiable,” a écrit Jan Zábrana.

"Sauver" les relations franco-soviétiques

 À l'époque, Albert Camus s'était rallié au soulèvement hongrois et avait ouvertement critiqué les actions soviétiques. L'auteur français avait également apporté son soutien à l'auteur russe Boris Pasternak, considéré comme anti-soviétique.

Pour Giovanni Catelli, le "franc-parler" de l'auteur de L'Étranger risquait d'interférer dans les relations franco-soviétiques. Camus "se démarquait aux yeux du peuple français pour rappeler le cruel impérialisme de l'URSS. Les gouvernements français et soviétique auraient grandement profité du fait de faire taire ce rappel déplaisant. Aucune enquête appropriée n'a été menée", déclare-t-il.

Si cette théorie n'a pas été approuvée par tous, notamment par la fille de Camus, The Death of Camus a été publié et repris. L'écrivain américain Paul Auster a même écrit dans une préface, "après avoir assimilé les preuves que Catelli nous a données, il devient difficile de ne pas être d'accord avec lui. Ainsi, 'l'accident de voiture' devrait maintenant être classé dans un autre tiroir comme un 'assassinat politique' - et c'est ainsi qu'Albert Camus a été réduit au silence quand il avait 46 ans".

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