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Air France : comment l'interpellation des cinq salariés s'est réellement passée

REPLAY - La justice serait-elle allée trop loin ? La questions se pose après l'interpellation polémique, lundi 12 octobre, de cinq salariés d'Air France, poursuivis pour des violences contre des dirigeants de la compagnie.

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Air France : comment l'interpellation des cinq salariés s'est réellement passée Crédit Image : AFP / Dominique Faget | Crédit Média : Jean-Alphonse Richard | Durée : | Date : La page de l'émission
Jean-Alphonse Richard
Jean-Alphonse Richard Journaliste RTL

Lundi 12 octobre au petit matin, personne ne s'attend à la visite de la police. Et surtout pas les principaux intéressés : quatre salariés de la branche Cargo Air France, et un cinquième employé à Air France Industries. Deux d'entre eux ont bien alerté, discrètement, un avocat lors du week-end. Mais c'est parce qu'ils s'attendent à être convoqués. C'est la règle en matière de violences sur fond de conflit social. Nous sommes donc en Seine-et-Marne, dans l'Oise, dans les Yvelines et dans l'Aisne. Il est 6 heures. Les fonctionnaires de la Police aux frontières sonnent aux portes de ces pavillons.

Pas de cri, pas d'insulte, pas de menottes.
Juste le regard des proches qui se réveillent et voient s'éloigner leur mari ou leur père entre deux policiers. Un de ces salariés vient tout juste de rentrer de son poste de nuit. Il n'aura toutefois pas de traitement de faveur et sera interrogé comme ses collègues. Les gardes à vue vont durer une trentaine d'heures.

Faciles à identifier

L'interpellation de syndicalistes à leur domicile aux aurores, ce n'est pas une première mais c'est rarissime. Seul exemple connu ces quinze dernières années, le plus célèbre : le saccage du McDonald's de Millau en 1999. Cinq membres de la Confédération paysanne arrêtés. José Bové, absent de chez lui, finira par se rendre. En général, c'est toujours la convocation qui prévaut. C'est l'option choisie en 2009 par le parquet de Compiègne pour les salariés de Continental. Ils avaient détruit les bureaux de la sous-préfecture de l'Oise.

L'interpellation de syndicalistes à leur domicile n'est pas une première, mais c'est rarissime

Jean-Aphonse Richard
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La convocation presque dans tous les cas : tout simplement parce que les intéressés sont faciles à identifier, reconnaissent le plus souvent les faits, et parfois même les revendiquent. Des salariés qui ont une famille et une adresse précise : zéro risque qu'ils prennent la fuite.

Un magistrat nous a expliqué qu'il existe en matière sociale "des habitudes non écrites de conciliation, une tradition de souplesse". On n'est plus du tout ici dans ce cadre. On est dans l'exceptionnel.

Un dossier à régler en toute urgence

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Pourquoi donc avoir choisi la manière forte (l'interpellation) plutôt que la méthode douce (la convocation) ? Tout simplement parce que le parquet de Bobigny voulait empêcher des concertations entre les cinq salariés d'Air France. Il voulait éviter qu'ils puissent se mettre d'accord sur la version à donner avant de se rendre à leur convocation. Sauf qu'il s'est écoulé tout de même six jours entre les incidents et les interpellations. Les salariés, vu le bruit provoqué par l'affaire, ont eu tout le temps de s'inquiéter et de se parler.
Deuxième raison, non officielle : il fallait prendre de court la CGT, éviter des rassemblements de soutien, inévitables en cas de convocation des uns et des autres. Tout cela dans le but de faire baisser la tension. Mais c'est tout le contraire qui s'est produit.
Le ministère de la Justice était très certainement au courant du choix des interpellations. Après les images de la chemise arrachée du directeur des ressources humaines qui ont fait le tour du monde, les déclarations du Premier ministre et du président de la République, Air France était devenu un dossier signalé, suivi de très près à la Chancellerie. À régler en toute urgence.

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