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Act Up : le succès de "120 battements par minute" dynamite la direction

Samedi 31 mars, l'équipe dirigeante de l'association de lutte contre le sida a quitté ses fonctions, déplorant la "transition brutale" liée au succès du film "120 battements par minute", qui a amené une nouvelle génération de "militants politisés".

"120 battements par minute", réalisé par Robin Campillo
"120 battements par minute", réalisé par Robin Campillo Crédit : Memento Films Distribution / Céline Nieszawer
Eleanor Douet
Eléanor Douet
et AFP

Le succès de film 120 battements par minute a profondément bouleversé Act Up-Paris, l'association de lutte contre le sida au cœur du long-métrage. Samedi 31 mars, l'ancienne équipe dirigeante a quitté ses fonctions, non sans fracas.

Dans un communiqué, l'équipe démissionnaire explique qu'avec le plébiscite du film, l'association, en perte de vitesse et même un temps placée en redressement judiciaire en 2014, a connu "une vague de nouvelles arrivées" avec notamment "de jeunes militants déjà politisés et expérimentés dans d'autres luttes, notamment antiracistes".

Ceux-ci "détournent et exploitent l'outil d'Act Up, en se servant de son historique, pour mettre en avant d'autres luttes", affirment les deux anciens coprésidents, Rémy Hamai et Mikaël Zenouda, et l'ancien vice-président Xavier Cœur-Jolly, en déplorant que le travail d'expertise soit "relégué au dernier plan" au profit "du commentaire permanent de la critique spectacle".

"Ecoeurés au point de démissionner" par les "insultes" et les "dépréciations gratuites", les anciens responsables ont été remplacés lors d'une assemblée générale extraordinaire samedi par une nouvelle équipe élue, "dont deux personnes arrivées depuis trois semaines", ajoute leur communiqué, qui dénonce "toute forme d'entrisme politique" et de "violence revendiquée". Les deux nouveaux vice-présidents sont Fabrice Clouzeau et Marc-Antoine Bartoli.

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La décision provoquait des réactions contrastées sur les réseaux sociaux, où certains rappelaient le mode d'action spectaculaire qui était la signature d'Act Up dans les années 1990 (préservatif géant sur l'obélisque de la Concorde à Paris, jets de faux sang ou de vraies cendres de militants...)

"La lutte contre le sida a toujours été profondément politique. C'est aberrant, surtout venant d'Act Up", estimait un internaute sur Twitter, tandis qu'un autre affirmait : "Act Up-Paris est une association de gauche", ce que le conseil d'administration sortant, "dépolitisé", ne "comprend pas". 

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