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510 personnes sont mortes dans la rue en une année

Le quotidien "La Croix" a publié ce mercredi la liste complète des personnes décédées dans la rue lors des 12 derniers mois.

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510 personnes sont mortes dans la rue en une année Crédit Image : KENZO TRIBOUILLARD / AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Amandine Bégot

Antoine 40 ans, Cristina 6 semaines, Kiril 84 ans ou encore Suzanne, 63 ans. Des hommes, une femme, un bébé. Tous sont morts dans la rue au cours des 12 derniers mois. Une liste glaçante que publie ce matin le quotidien La Croix, 4 pages de noms, 510 morts et derrière chacun d'entre eux une réalité : 510 vies brisées.

La plupart sont des hommes. Sur ces 510 victimes, 467 hommes et 43 femmes et 6 étaient des enfants de moins de 5 ans. En regardant de près cette liste on s’aperçoit aussi, c'est écrit noir sur blanc, que la rue tue en hiver bien sur mais aussi en été. On dénombre 156 décès entre les mois de juin et août dernier, contre 90 en décembre et janvier.Certains n'ont même pas pu être identifiés. C'est le cas de cette femme morte en novembre dernier à Nice, elle avait 42 ans. 

C'est pour leur redonner un peu de dignité que le collectif  "Les morts de la rue" leur rendra hommage ce mercredi 4 avril soir à 17h, devant l’hôtel de ville de Paris. Ce collectif qui a fournit cette liste combat chaque jour pour qu'un jour on ne la publie plus, qu'elle n’existe plus. En honorant les morts explique-t-il nous agissons pour les vivants.

Les médecins hospitaliers saturés

Eux aussi sauvent des vies, tous les jours, et pourtant ils sont au bord du chaos. 5 médecins en colère ont décidé de poser cette semaine à la une de L'Express pour crier leur détresse. Manque de moyens, harcèlement, mise en danger de la vie des patients ... Ils sont à bout.

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Le docteur Agnès Gautier, neuropédiatre raconte ainsi comment après un burn out et des années de surmenage à faire le travail de deux médecins et d'une secrétaire, elle a décidé de quitter l’hôpital. "Je me revois, raconte-t-elle, face à la Loire qui coule face à mon bureau, m'y jeter et disparaître à jamais est une issue". 

"Je ne sers plus à rien. Une partie de moi est morte, on m'a volé ma passion de soigner et d'accompagner des petits patients épileptiques". Des enfants qui aujourd'hui en Loire-Atlantique et en Vendée ne savent plus vers qui se tourner. Les deux collègues du Dr Gautier ont quitté le CHU quelques mois après elle, pour les mêmes raisons. Quant à la spécialiste d'Angers, à 90 km, elle est seule et débordée.

Drame à la Timone

Autre ambiance, autre décors, mais même désarroi à Marseille. Au CHU de la Timone, le 3ème CHU de France, les drames se succèdent. En septembre dernier,  Marine et Julien ont erré pendant des heures, leur bébé sans vie dans les bras, à la recherche d'une chambre mortuaire introuvable.

Il y a quelques semaines, en février deux corps de bébés ont été inversés à la morgue. Une famille a ainsi assisté à l’incinération d'un enfant qui n'était pas le sien. Pour une partie du personnel, ces drames à répétition illustre une réalité bien plus large. C'est l'institution elle même écrit L'Express qui est en phase terminale. "On n'est même plus étonné se désole Yves, aide soignant".

Les médecins victimes d'agressions

Des soignants victimes aussi parfois de leur propre patients. Le docteur Claire Marie raconte ainsi ce matin dans Le Parisien aujourd'hui en France comment elle a pris un coup de poing, en pleine consultation, le patient a jugé qu'elle l'examinait mal.

Comme elle plus de 1.000 médecins ont été agressés en 2017, 51% étaient de femmes contre 46% en 2016. Du jamais vu selon le Conseil de l'ordre qui appelle ce matin le gouvernement à réagir. "Si la mesure du problème n'est pas prise, indique le président de France asso santé, c'est une fois encore le patient qui va trinquer". "On va voir des médecins quitter certaines zones, réduire leur présence le soir, ne plus faire de visite à domicile"

Il y a 50 ans mourrait Luther King

Lui a fait de sa vie un combat, et ça lui a d'ailleurs coûté la vie. La plupart de vos journaux reviennent ce matin sur le 50ème anniversaire de la mort de Martin Luther King. "Un rêve assassiné", titre ainsi L'Humanité qui rappelle qu'aujourd'hui encore le combat du pasteur reste d'actualité.

Ni la fin de la ségrégation, ni l'élection d'un président noir n'ont permis de surmonter les pesanteurs de l'histoire explique ainsi le journal. Le magazine L'éléphant retrace lui le parcours de l'icone, du combat aussi des noirs outre atlantique, de Lincoln à Obama.

Vous y retrouverez le célèbre discours de 1963. Le I have a dream. "Retournez dans le Mississippi, en Caroline du Sud, en Géorgie, retournez dans les taudis et les ghettos des villes du nord, disait-il, en sachant que de quelque manière que ce soit cette situation peut et va changer". "Ne croupissons pas dans la vallée du désespoir". Un appel au combat qui pourrait être celui que mènent bien d'autres aujourd’hui. 

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