3 min de lecture Économie

2017 : la santé des banques européennes, défi du prochain président

ÉDITO - Banques italiennes et allemandes fragiles,taux d'intérêt très bas, nouveaux acteurs d'Internet : on n'est pas à l'abri d'une nouvelle crise bancaire. La réponse sera européenne et politique.

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2017 : la santé des banques européennes, défi du prochain président Crédit Image : SIPA | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Martial You
Martial You et Loïc Farge

Dans les prochains mois, le successeur de François Hollande devra faire face à une problématique autour de la fragilité des banques. Une question qui pourrait être largement européenne. Mais c'est une question qui pourrait se poser rapidement à nous. Quand vous discutez avec les banquiers français, il y a d'abord une forme de déni : on ne veut pas croire que nos banques sont encore fragiles. Il y a eu l'union bancaire, décidée à l'échelle européenne, et qui permet de superviser l'ensemble des acteurs de la zone depuis la crise de 2008.

Après cette crise, on a demandé aux banques d'avoir plus d'argent immobilisé pour faire face à un nouveau crack si jamais il avait lieu. C'est ce qu'on a appelé les "ratios prudentiels". On a officiellement limité les activités spéculatives. On a enfin mis en place un fonds de résolution de 55 milliards d'euros pour venir en aide à une banque qui ferait faillite. On a fait des crash tests pour évaluer la solidité des établissements. Bref, les banquiers estiment qu'on est équipé de parachutes, d'airbags et de garde-fous pour faire face à un coup de grisou.

Signes de faiblesse dans notre système bancaire

La question maintenant, c'est est-ce que ça suffit ? Car si on creuse un peu, on voit qu'il y a beaucoup de signes de faiblesse dans notre système bancaire. D'abord, vous avez des géants du secteur qui sont très fragilisés. En Italie, Monte dei Paschi (la plus vieille banque du pays) a un stock de créances à risques en magasin (ce sont ces créances à risque qu'on avait baptisées les "subprimes" aux États-Unis). C'est énorme ! En France, on en a moins de 5% dans les comptes de nos banques.

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En Allemagne, la Deutsche Bank - autre grande institution - est toujours sur le fil. D'autant que ses activités aux États-Unis ont été ralenti ces derniers mois. L'élection de Donald Trump va encore replier l'économie américaine sur elle-même et sur ses propres banques. Enfin, certaines petites banques régionales allemandes qui financent l'économie des Länder ne sont pas non plus très solides.

Quand un leader comme Orange débarque sur votre marché, vous vous posez des questions existentielles

François Lenglet
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On voit aussi arriver de nouveaux acteurs sur le marché de la banque, comme l'opérateur Orange. C'est une difficulté supplémentaire. Quand un leader de son secteur comme Orange, avec ses 27 millions de clients mobile et ses 140 boutiques, débarque sur votre marché, vous devez vous poser quelques questions existentielles. En gros : "Qu'est-ce que j'apporte de plus, moi, acteur historique avec mes milliers d'agences ?" Quelle que soit la part de marché que prendra Orange Bank, ce sera autant de chiffre d'affaires en moins pour les acteurs du secteur.

Ajoutez à cela les taux d'intérêt très bas, en ce moment, qui fragilisent la rentabilité de toutes les banques européennes. Car elles ont dû accepter des renégociations de prêts en masse sur des emprunts longs. Cela pèse sur la marge aujourd'hui, et c'est une bombe à retardement le jour où les taux remonteront.

Donner un projet politique à l'union bancaire

Une banque européenne pourrait donc encore faire faillite. Après, il faut savoir si cette banque entraînerait les autres. Aujourd'hui, les banquiers français ne veulent pas voir qu'il y aurait un risque de contagion si jamais l'une de ces institutions faisait faillite en Italie ou en Allemagne. Ces deux pays sont nos principaux partenaires commerciaux. Et si on voit des queues d'épargnants italiens inquiets aux portes des agences de Monte dei Paschi, on aura sans doute un phénomène de panique européenne.

Si cette banque fait partie des trois premières économies de la zone Euro, et si elle a des clients particuliers et des entreprises, cela peut faire tâche d'huile. Dans ce cas-là, les 55 milliards du fonds de secours ne suffiraient pas.

La balle revient donc dans le camp des dirigeants politiques. Car la crise financière de 2008 a été résolue grâce aux politiques. Mais dans l'urgence. Il faut maintenant donner un projet politique à cette union bancaire, une vraie solidarité. Car le risque principal si on renfloue une banque européenne en faillite, c'est de faire exploser l'union entre les pays de la zone Euro. Si on doit sauver un établissement allemand, les banquiers, et au bout de la chaîne les épargnants français, polonais ou espagnols, auront du mal à l'accepter si on n'habille pas cette solidarité d'un vrai projet politique.

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2016-12-29 08:29:00
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