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Chine : 30 ans après Tiananmen, la jeunesse “est beaucoup moins remuante”, dit Lenglet

Alors qu’en 1989, la jeunesse chinoise contestait le régime, elle est aujourd'hui très nationaliste, convaincue de la supériorité de son modèle.

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Répression de Tiananmen : 30 ans après, la jeunesse "est beaucoup moins remuante", dit Lenglet Crédit Image : MARK RALSTON / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Camille Schmitt

Le 4 juin 1989, il y a 30 ans exactement, c’était le massacre des étudiants sur la place Tiananmen de Pékin. Un massacre perpétré par l’armée et décidé par le chef de l’État d’alors, Deng Xiaoping, qui a fait plusieurs milliers de morts. 

Un massacre qui a mis un terme à l’occupation de la place par la jeunesse pékinoise en révolte, et qui a stoppé un temps l’ouverture du pays, ouverture à la fois modeste et toute récente. Quel chemin parcouru depuis... "L’économie socialiste de marché" a fait progresser le PIB chinois de 1.300%, c’est-à-dire qu’il a été multiplié par 14 sur 30 ans. 

Une réussite sans précédent à cette échelle, dans l’histoire de l’humanité. Sur la même période, la France a fait + 66% seulement. Mais aujourd'hui, la jeunesse chinoise est beaucoup moins remuante qu’à l’époque.

Une lutte pour de meilleures conditions de vie

Les révoltés de Tiananmen étaient les enfants de la classe moyenne des villes, souvent des intellectuels, futurs médecins, futurs profs. Leurs revendications étaient politiques. À l’époque, à l’université de Pékin, tous les vendredis après-midi, on était obligés de faire le commentaire des textes sacrés, la pensée du camarade Mao, et parfois de faire son autocritique publique. 

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Mais ils voulaient surtout de meilleures conditions de vie. Ces étudiants vivaient dans la misère, et subissaient à la fois les pénuries incessantes, la corruption, les avanies des nouveaux riches incultes. Les prémices de l’ouverture avaient fait bondir les inégalités, au détriment des intellectuels. Une très forte hausse des prix condamnait ces jeunes à assister au festin bruyant des parvenus qu’ils méprisaient, les petits commerçants, les débrouillards. 

Et même leur admiration pour les États-Unis - il faut se souvenir qu’ils avaient édifié, en face des portraits de Mao Zedong sur la cité interdite, une réplique de la statue de la liberté de New York de 10 mètres de haut, en carton – cette admiration signait davantage le désir du mode de vie occidental, de la société de consommation, que l’attrait pour la démocratie.

Une jeunesse convaincue de la supériorité du modèle chinois

Aujourd’hui, les jeunes Chinois sont passionnés par leur smartphone et les réseaux sociaux. Et si les inégalités ont explosé, toutes les classes sociales ont vu leur niveau de vie progresser. Nombre de ces jeunes peuvent voyager à l’étranger, contrairement à leurs aînés. En fait, le pari de Deng Xiaoping a réussi : en Chine, le développement économique a été le meilleur antidote contre les revendications politiques. 

Alors qu’ils étaient aimantés par l’Occident il y a 30 ans, les jeunes d'aujourd'hui sont nationalistes, souhaitant la réussite chinoise, et critiquent sans ménagement les États-Unis, surtout en ces temps de guerre commerciale. Il n’y aurait pas de statue de la liberté aujourd’hui.

Mais ils ont toutefois des problèmes. Ça n’est plus si facile de trouver un travail, et les prix de l’immobilier ont fortement monté. C’est donc compliqué de se loger, et les transports sont dantesques dans les mégavilles de la Chine moderne. Mais il n’y a pas de contestation du régime. Plus encore, ils sont bien souvent convaincus de la supériorité de leur modèle

C’est un pied de nez de l’Histoire. En 1989, il s’était produit le pire, à Pékin, et quelques semaines plus tard le meilleur, à Berlin, avec la chute du Mur, qui libérait l’Europe de l’Est de la dictature communiste. Trente ans plus tard, le régime chinois semble plus solide que jamais, et les pays d’Europe orientale, au moins certains d’entre eux, récusent la démocratie libérale pour retrouver une forme d’autoritarisme, à la chinoise. 

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