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Assurance-chômage : l'État fera-t-il mieux que les partenaires sociaux ?

Les propositions alternatives au bonus-malus faites par le patronat n'ont pas convaincu les syndicats. L'État doit reprendre la main sur le dossier.

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Assurance-chômage : L'État fera-t-il mieux que les partenaires sociaux ? Crédit Image : AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Christian Menanteau édité par Marie Sasin

L’ultime séance de négociations entre les partenaires sociaux sur l’évolution de l’assurance chômage s’est soldée par un échec. C'est le point de crispation que l’on connaît depuis des mois qui a provoqué la rupture : le fameux bonus-malus.

C’est un mécanisme qui, en théorie, alourdit les cotisations chômage des entreprises qui utilisent trop systématiquement les CDD d’un jour, d’une semaine, voire même parfois d’une heure alors qu’en contrepartie cela allégerait la facture des entreprises qui stabilisent leur emploi.

Il s’agissait, pour faire simple, d’installer un mécanisme contre la précarité instituée comme modèle de gestion, c’est ce dossier des "contrats Kleenex" qui a provoqué la rupture des négociations.

Difficile de pointer un seul méchant parce que le Medef a résolument refusé d’ouvrir un dialogue qui aurait pu aménager les exigences du gouvernement. Les syndicats de leur côté n’ont pas su proposer des adaptations de ce bonus-malus suffisamment convaincantes pour le patronat et le gouvernement, lui, est resté totalement inflexible sur ses exigences, à savoir près de quatre milliards d’économies en moins de trois ans et n’a pas fait vraiment dans la diplomatie.

La messe était dite

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En réalité, la messe était dite depuis l’élection présidentielle, depuis la campagne. Emmanuel Macron n’a jamais caché que, dans la gestion de l’assurance chômage, il y avait un patron : c’est celui qui fait les chèques des Assedic en fin de mois, c’est-à-dire l’État. Comme il garantit les finances, il considère qu’il doit tenir les rênes très courtes de cette institution.

Cette rupture signe-t-elle la mort du paritarisme ?

Pas sa mort clinique mais c’est vraiment un clou supplémentaire dans le cercueil. Tout cela a évolué très très vite depuis Emmanuel Macron. Le nouveau mode de financement du chômage est un signe fort. Ce n’est plus les cotisations des salariés, c’est la CSG qui le finance pour une large partie. C’est un impôt d’État, donc c’est le contrôle du gouvernement. Les règles financières sont fixées par Bercy. Les contrôles, la gestion des chômeurs c’est le ministère du Travail.

Les marges de manœuvre des partenaires sociaux se sont rétrécies de plus en plus au fur et à mesure des dernières semaines et des derniers mois.

L’État serait-il un meilleur gestionnaire ?

Ce matin les comptes de l’assurance-chômage sont en déficit de 35 milliards d’euros, ce n’est a priori pas un brevet de bonne gestion. Si l’on creuse un peu, l’Unedic finance Pôle emploi et aussi l’ensemble des demandes et des politiques publiques.

Les partenaires sociaux ont finalement relativement bien réussi la gestion de l’assurance-chômage parce qu’ils ont permis de la faire évoluer au niveau des cotisations et au niveau des remboursements des chômeurs. Est-ce que l’État sera en mesure de faire aussi bien, alors qu’il a des contraintes très fortes d’économies ? Rien ne dit que ce soit possible aujourd’hui, sauf rupture majeure.

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