4 min de lecture Psycho

Pourquoi la crise des 25 ans est bien réelle et douloureuse

ÉDITO - Désillusion face à l'amour, le marché du travail, perte des repères, entrée soudaine dans la vie adulte... avoir 25 ans n'est pas toujours un rêve éveillé.

Dans "Girls", le personnage de Marnie connaît de nombreuses déconvenues, aussi bien dans sa vie personnelle que professionnelle
Dans "Girls", le personnage de Marnie connaît de nombreuses déconvenues, aussi bien dans sa vie personnelle que professionnelle
MorganeGiuliani
Morgane Giuliani
Journaliste RTL

Quand j'étais ado, je rêvais de l'après. Toujours. Parce que je m'ennuyais, je me sentais enfermée. Je n'avais qu'une hâte : avoir 25 ans. Pour moi, c'était l'âge d'une vie professionnelle et personnelle stabilisée et épanouie, dans une grande ville, entourée d'amis formidables.

Lorsque je suis admise à l'école de mes rêves, juste après le bac, une pensée me traverse l'esprit : "Ça y est, ma vie va changer !", et j'en pleure de joie (littéralement). Rebelote 3 ans plus tard, lorsque je réussis l'oral d'une grande école que je veux absolument. Dans la matinée, j'ai décroché un stage tout aussi désiré. J'appelle mes parents, mon mec, pour leur annoncer les bonnes nouvelles. Je suis si contente que j'en dérange mes voisins au Starbucks.

Ce jour-là, j'atteins mon pic de fierté et de plénitude. Je suis (follement) amoureuse pour la première fois (les nombreux crushs à sens unique ayant rythmé mon adolescence ne comptent pas), mes premières expériences professionnelles se passent très bien, mon année Erasmus est au-delà de mes espérances, j'ai de nombreux amis proches. Tout va pour le mieux.

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Le travail n'est pas un eldorado

J'ai fêté mes 25 ans à l'été 2016, et cette liesse qui m'a portée ce jour de printemps 2012, je ne l'ai plus retrouvée. C'était il n'y a pas si longtemps, mais ça me paraît à des millénaires. Je suis peu à peu rentrée dans cette "crise des 25 ans" sur laquelle j'avais lu quelques articles, et qui promettait d'aller de désillusion en désillusion.

Commençons par le monde du travail. Je pensais être chanceuse en décrochant un CDI alors que je n'étais même pas encore diplômée. Pourtant, très vite, un sentiment de malaise s'est installé. L'impression de ne pas être à ma place, de ne pas comprendre ce qu'on attend de moi. Tout ça pour ça ? 

Au bout de 5 mois, je démissionne. Une décision qui est d'abord mal comprise par ma famille. Dans un marché du travail toujours plus incertain, un CDI est l'équivalent du Graal, surtout si on le décroche juste après les études. Pourtant, tant de gens se sont jetés dans un premier job pour "la sécurité de l'emploi" et ont été parfois déçus. Ils ont l'impression de ne pas avoir un travail "gratifiant", galèrent à joindre les deux bouts, sont frustrés de ne pas évoluer assez vite. Et se retrouvent perdus quelques années plus tard.

Libérée, délivrée !
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L'amour se révèle imprévisible

Parlons à présent de l'amour. Ah, l'amour ! Les heures que j'ai passées à attendre, encore et toujours, que "le bon" débarque dans ma vie. Plusieurs fois, j'ai cru le voir venir, et j'ai tout donné. À 25 ans, on a eu le temps de s'user le cœur dans plusieurs relations qui se sont royalement plantées. On a eu le temps de tomber follement amoureux, de se faire des plans sur la comète, des belles promesses, de construire.

On a eu le temps de rencontrer la belle-famille, emménager avec l'autre dans la liesse, jouer aux adultes en passant des weekends à l'étranger, alors que cette coquetterie serait impossible sans les compagnies low-cost. On a eu le temps d'exposer son bonheur partout sur les réseaux sociaux. De se croire mieux que tout le monde, à l'abris d'une certaine forme de fatalité. 

À 25 ans, on a eu le temps de voir l'un s'éloigner de l'autre, et de se sentir impuissant. De décevoir et d'être déçu. On se rend compte que l'autre reste un étranger, même si on pense le connaître parfaitement. On peut aimer une seconde, et blesser la suivante, parfois gratuitement. Car l'amour ne fait pas forcément ressortir le meilleur en soi (Oui, Hollywood nous ment). 

Il n'existe pas de manuel décrivant toutes les situations possibles et les comportements à adopter. Rien n'est prévisible. Un coup de foudre ne mène pas forcément à la plus grande histoire de ta vie. La plus forte des passions ne parvient pas toujours à se solidifier. Alors qu'une relation bancale peut te rendre accro. Comme le chante si bien Cléa Vincent.

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Cléa Vincent - "Jmy attendais pas"

L'amitié devient bancale

L'amitié n'est pas folichone non plus à 25 ans. C'est l'âge où on commence à perdre des amis (ça a été scientifiquement prouvé). Pour plusieurs raisons : on n'a plus le même rythme de vie, on est éloigné géographiquement, on n'a plus les mêmes centres d'intérêt. L'éloignement amical peut amener à des mises au point violentes, voire, des ruptures, parfois plus douloureuses qu'avec un partenaire.

Si, pendant les études, les amis sont généralement inséparables, ce n'est plus le cas une fois lancé dans le grand bain de la vie. Car on est souvent pris par des boulots chronophages, fatigués. On court de date Tinder foireux en cours de pilâtes à 20h30, sans oublier les "after-work" qui permettent de se faire un réseau et parasitent l'emploi du temps.

Alors, pour se voir, on doit prendre rendez-vous. Plusieurs jours, voire, semaines, à l'avance. Ne parlons même pas des grosses réunions entre amis, où il faut presque poser un demi-RTT pour trouver une date qui arrange tout le monde. Bref, Doodle est devenu indispensable pour entretenir ses amitiés. 

Alors, on fait quoi ?

Comme si ces désillusions ne suffisaient pas, on se compare à tous ces "moins de 30 ans" qui ont l'air de réussir bien mieux que nous, dans leur travail et leur vie personnelle. Se comparer aux autres est bien sûr la pire chose à faire. Rien n'est écrit, il ne faut pas se fermer des portes. Il ne faut pas chercher à tout contrôler. Écouter son instinct. Être ouvert aux possibilités offertes par la vie. S'entourer des gens qui nous aiment et nous veulent du bien. Ne pas être trop sévère envers soi-même.

Si ce tournant des 25 ans est difficile, il faut le voir comme l'opportunité de tout remettre à plat pour repartir du bon pied. Vivement la crise de la trentaine !

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2017-02-10 14:15:00
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