3 min de lecture Terrorisme

Terrorisme : la menace toujours "très forte" selon le patron de la DGSI

Dans une interview au "Figaro", Laurent Nuñez explique que la France reste une cible prioritaire des groupes terroristes, en évoquant aussi bien Daesh qu'al-Qaïda.

Les membres d'un groupe jihadiste, en Syrie, près d'Alep, le 19 juillet 2012.
Les membres d'un groupe jihadiste, en Syrie, près d'Alep, le 19 juillet 2012. Crédit : AFP
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Cécile De Sèze
Journaliste RTL

La France reste menacée. Deux ans après les terribles attaques de Saint-Denis et Paris, qui ont fait 130 morts et plus de 500 blessés (sans compter les victimes psychiques) revendiquées par Daesh, le territoire national est toujours une cible prioritaire des groupes terroristes.

Dans une longue interview accordée au Figaro lundi 13 novembre 2017 - la première depuis sa prise de fonctions - Laurent Nuñez prévient sur les risques d'attentats toujours forts en France.

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Le directeur général de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) - nommé en juin 2017 - évoque aussi bien des menaces d'attentats préparés depuis la zone de conflits irako-syrienne - comme cela a été le cas pour les attentats du 13 novembre 2015 - qu'un risque d'attaque endogène (provenant de l'intérieur) dont la menace "demeure élevée". 

Nous savons que la volonté des jihadistes de passer à l'action est intacte

Laurent Nuñez, directeur général de la DGSI
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Selon lui, cette menace n'émane pas seulement de l'organisation tristement célèbre de Daesh - en train d'être battue militairement - mais aussi d'al-Qaïda "qu'il ne s'agit pas d'oublier", insiste-t-il. Rappelons que les frères Kouachi responsables de la tuerie à Charlie Hebdo qui avaient frappé la France à l’orée de l'année 2015, ont agi au nom de la branche yéménite de l'organisation. "Nous savons que la volonté des jihadistes de passer à l'action est intacte. Toute la question est de savoir s'ils ont encore la capacité de le faire", poursuit-il dans le quotidien.

Laurent Nuñez explique : "Comme il n'y a quasiment plus de départs sur zone, la tentation est en effet forte chez certains qui adhèrent à l'idéologie de Daesh, voire qui prêtent allégeance, de passer à l'acte avec des moyens rudimentaires, une arme blanche avec un effet très traumatisant comme à Marseille ou une voiture-bélier pour faire le maximum de victimes, comme à Nice."

D'après lui, les attaques de ce type sont en train de se professionnaliser, répondant aux appels toujours nombreux de la propagande jihadiste à frapper "là où ils vivent", précise le chef du renseignement intérieur français. 

46 attentats déjoués depuis 2013

D'autant que les tentatives d'attaques au TATP se sont multipliées, aussi bien en France qu'à l'étranger (Bruxelles, Manchester, Barcelone), et "les engins découverts (à Villejuif ou Marseille, ndlr) sont assez sophistiqués, ajoute-t-il. Tout ce qui se passe sur les théâtres d'opérations est transportable", évoquant des attaques à la voiture piégée ou un attentat kamikaze. "Ce type de mode opératoire, exportable n'importe où, suscite toute notre attention".

Pour contrer ces risques élevés, tous les pays européens s'accordent et se renseignent respectivement. Ainsi, il évoque les attentats déjoués et échoués de ces dernières années et se félicite que, depuis 2013, "46 attentats ont été déjoués, 17 ont échoué et 10 ont eu lieu". Selon lui, ce qui a changé entre les différentes puissances européennes de nombreuses fois bernées par des terroristes en cavale, "c'est une coopération très renforcée" qui "fonctionne très bien", et qui vaut aussi pour les États hors d'Europe, comme le nord de l'Afrique.

244 hommes et femmes de retour sur le territoire

Côté chiffres, Laurent Nuñez précise que 244 personnes adultes et 58 enfants sont revenus des zones de guerre jihadistes. Tous les adultes sont, selon lui, suivis par la DGSI. Selon Nicole Belloubet, invitée de RTL le 13 novembre, huit mineurs sont en détention, 134 individus sont incarcérés et 168 en liberté.

Il confirme l'information de L'Express selon laquelle, depuis le début de l'année, "neuf cas de retours ont été répertoriés" et précise qu'il s'agit, pour les deux tiers, de femmes "accompagnées d'un ou plusieurs enfants". Concernant les mineurs, ils sont "pris en charge par un dispositif d'assistance éducative mis en place après bilan psychologique", explique encore Laurent Nuñez. 

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2017-11-13 16:09:00
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