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En seulement 24h, Sarkozy et Juppé ont incarné ce qui divise Les Républicains

DÉCRYPTAGE - À quelques heures d'intervalle, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ont incarné le double discours qui fait planer la menace d'une division chez Les Républicains.

Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, le 7 juillet 2016 Crédit : PATRICK KOVARIK / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

À un mois de l'élection du prochain président des Républicains, le parti fait face à ses démons. En 24 heures, durant le week-end des 11 et 12 novembre, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ont tenu des propos à l'opposé politiquement l'un de l'autre. L'ancien président a mis en garde contre tout risque d'éclatement de sa famille politique, tandis que l'ancien candidat à la primaire de la droite et du centre s'est réjoui de l'action menée par Emmanuel Macron à la tête de l'État.

"Rassembler". Tout a commencé avec ce mot. Après l'UMP, Les Républicains doivent faire face aux risques du division au sein de leur groupe ainsi qu'au risque d'éclatements de leur électorat. Alors que tous les ténors du parti étaient d'accord pour entamer un processus de reconstruction post-affaire Fillon, l'élection d'Emmanuel Macron à la tête du pays est venue changer les règles du jeu politique.

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Sarkozy somme LR de ne pas se transformer en "secte"

Il y a d'abord eu la sévère mise en garde Nicolas Sarkozy. Selon un discours retranscrit par Le Parisien, l'ancien chef d'État a lancé : "Celui qui ne rassemble pas, qui pense qu'une famille politique c'est une secte, ne peut pas défendre ses convictions". Dans des propos rapportés par LorraineActu, l'ancien candidat ajoute que "la famille, ça ne marche pas à tous les coups mais on a besoin de la famille pour vivre".

Un message adressé directement à Laurent Wauquiez. Le candidat à la présidence Les Républicains tente d'incarner une "droite sociale", comme il l'a assuré à plusieurs reprises dans les médias. Cependant, la ligne Wauquiez cristallise les tensions au sein des Républicains, d'où l'appel à l'unité lancé par Nicolas Sarkozy. Le vice-président du parti a milité avec ferveur pour l'exclusion des Macron-compatibles. Une action à l'opposé des conseils prodigués par son mentor, qui lui a soufflé "d'attendre d'abord son élection annoncée à la présidence du parti, puis d'inviter Édouard Philippe au prochain conseil national des Républicains, de lui proposer de s'exprimer et ensuite de lui répondre", comme le raconte L'Opinion

Autre sujet qui est venu renforcer la division : Sens Commun. Pendant que Les Républicains se décidaient sur le sort des membres du gouvernements encartés chez eux, les relations avec l'émanation politique de la Manif pour tous étaient gelées. Lors du Bureau politique du parti le 25 octobre dernier, des voix se sont élevées contre cette situation. Christophe Billan, à l'époque président de Sens Commun, avait créé une polémique en évoquant notamment un rapprochement avec Marion Maréchal-Le Pen.  Depuis, le président de ce microparti a démissionné et a été remplacé par Madeleine de Jessey, proche de Laurent Wauquiez

Juppé déjà dans "l'après Les Républicains" ?

Le sort des Républicains semble déjà scellé pour Alain Juppé. L'un des fondateurs de l'UMP, qui a participé à la renaissance du parti, a encensé la politique d'Emmanuel Macron, en saluant "une forme de crédibilité retrouvée". L'ancien premier ministre a cependant précisé qu'il n'avait jamais envisagé "un grand mouvement central" avec le président de la République pour les élections européennes, contrairement à ce qui a un temps été annoncé.

Ces propos ont toutefois revigoré les Constructifs, qui assument leur penchant macroniste. Dans la foulée de l'interview d'Alain Juppé, Thierry Solère a annoncé qu'il était prêt à s'allier avec La République En Marche pour les élections européennes de 2019. "À la question : 'Vous n'excluez pas à terme d'être En Marche', il a répondu : 'Non bien sûr, si au sein de REM dans son évolution cela me permet de me reconnaître et de m'y trouver bien, pourquoi voulez-vous que je n'y aille pas', a-t-il lancé sur LCI", raconte l'AFP.


Le député a également envisagé la création d'une alliance avec La République En Marche à l'occasion des élections européennes. "Je suis un Européen, et si vous me demandez entre Emmanuel Macron et Laurent Wauquiez de qui je me sens le plus proche sur les sujets européens, il s'agit sans aucun doute du président de la République", a-t-il souligné. Quelques semaines plus tôt, à l'antenne de RTL, l'ex-membre des Républicains évoquait la possibilité de créer un "parti de droite et du centre, proeuropéen, réformateur, qui ne fait pas de l'abrogation de la loi Taubira et l'excitation des sujets de société un programme électoral, qui ne s'alliera jamais avec le Front national".

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2017-11-14 06:28:00
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