Primaire Les Républicains : si l'UDI n'y va pas, quelle force pour représenter le(s) centre(s) ?

DÉCRYPTAGE / INTERVIEWS - Alors que Jean-Christophe Lagarde appelle au "boycott" de la primaire, les militants se prononceront pour ou contre le scrutin d'ici au 20 mars.

Nicolas Sarkozy et Jean-Christophe Lagarde s'affichent régulièrement côté à côte depuis le début de la campagne, comme ici pour soutenir Bruno Retailleau le 9 novembre 2015.
Crédit : JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
Nicolas Sarkozy et Jean-Christophe Lagarde s'affichent régulièrement côté à côte depuis le début de la campagne, comme ici pour soutenir Bruno Retailleau le 9 novembre 2015.

Elle est présentée depuis plusieurs mois comme la primaire de la droite et du centre, le scrutin du rassemblement. À sept mois de l'élection, prévue les 20 et 27 novembre 2016, il se pourrait que le scénario de la primaire ait du plomb dans l'aile. Du côté des Républicains, les candidatures pleuvent. Neuf personnalités de droite se sont déjà déclarées. Le centre peine, lui, à exister et à être entendu. À tel point que Jean-Christophe Lagarde, le président de l'UDI, appelle à "boycotter" le scrutin des 20 et 27 novembre. 

Les 23.000 adhérents de l'UDI se positionneront par voie électronique sur la question, avant le congrès de Versailles du 20 mars. "Il y aura (...) un vote la semaine prochaine des militants de l'UDI et je les invite à refuser de participer à la primaire", a déclaré Jean-Christophe Lagarde sur Radio Classique et Paris Première. Le président de l'UDI met, en effet, la pression sur Nicolas Sarkozy. L'ancien chef de l'État n'aurait donné aucune réponse au courrier dans lequel il présentait ses attentes, notamment en ce qui concerne le nombre de circonscriptions réservées aux centristes pour les législatives de 2017. Le maire de Drancy (Seine-Saint-Denis) aimerait obtenir entre "un tiers et un quart" des investitures quand Alain Juppé, l'un des candidats à la primaire, propose, selon L'Express, de "renouveler la confiance aux députés sortants qui le souhaitent". 29 députés centristes ont été élus en 2012. Alain Juppé "juge "prématuré" voire "déplacé" de "procéder à des investitures nominatives" pour les non sortants."

La primaire devrait être rebaptisée

Laurent Henart partage l'analyse de Jean-Christophe Lagarde. Contacté par RTL.fr, le président du Parti radical, qui est la plus grande force de l'UDI, refuse, lui aussi, de participer à la primaire dans ces conditions. "On est tous d'accord. Avec Hervé Morin (président du Nouveau centre, autre organe de l'UDI, ndlr) et Jean-Christophe Lagarde, on l'a dit dès le lendemain des élections régionales de décembre 2015. Nous voulions un accord politique avec Les Républicains. Aujourd'hui, nous n'avons pas eu de garantie sur le sens politique de l'alternance." Le maire de Nancy (Meurthe-et-Moselle) complète : "Les Républicains ont bâti seuls le cadre des primaires : les règles, le calendrier. Tout ça s'est fait sans notre engagement." Le président du Parti radical le dit à demi-mot : la primaire du mois de novembre devrait donc être rebaptisée primaire de la droite ou primaire des Républicains.

Si Laurent Henart semble déjà tourner la page de la primaire, il ne ferme pas la porte à la discussion avec le parti de Nicolas Sarkozy. "Cet accord n'a pas été possible dans le calendrier de la primaire mais il peut le devenir dans le calendrier de la présidentielle. Dès le 20 mars, nous allons travailler le projet présidentiel, sélectionner les candidats pour les élections législatives et rester indépendants. On a jusqu'à janvier 2017 pour dire si l'on présente une candidature du centre ou une candidature commune avec les Républicains." 

Je ne partage pas le sentiment de Jean-Christophe Lagarde

Jean Arthuis, président de l'Alliance centriste

Au sein-même de l'UDI, tout le monde n'est pas sur la même ligne. Le 27 février, l'Alliance centriste (environ 1.000 adhérents), l'une des composantes fondatrices de l'UDI, avait annoncé qu'elle présenterait un candidat dans le cadre de la primaire de la droite et du centre. Contacté par RTL.fr, Jean Arthuis, son président, va donc voter pour l'organisation de la primaire dans le cadre du vote du congrès de Versailles. "La primaire est le seul moment pendant lequel on va pouvoir débattre devant les citoyens. Je ne vois pas au nom de quoi ceci est mis en péril."

L'ancien ministre de l'Économie et des Finances (1995-1997) ne comprend pas où veut en venir Jean-Christophe Lagarde. "Il n'arrive pas à rassembler le centre (Yves Jégo, premier vice-président de l'UDI, soutiendra Bruno Le Maire pour la primaire, ndlr). L'accord qui entend répartir les circonscriptions entre Les Républicains et les centristes est improbable. Pour qu'il y ait un accord électoral, il faut qu'il y ait un projet. Je n'ai toujours pas vu le projet de l'UDI. À l'Alliance centriste, nous, on a un projet (Libres et responsables)", explique l'ancien militant de l'UDF. Le député européen ajoute : "Nous n'avons pas très bien vécu la préparation des élections régionales : l'énorme espoir de reformer le centre, une seule famille politique, ne s'est pas concrétisé."

L'UDI, grand allié de la droite depuis 2012

L'UDI est le grand allié des Républicains (ex-UMP) depuis la défaite de la droite à la présidentielle de 2012. Ensemble, les deux partis avaient pour ambition de repartir à la conquête des territoires perdus pendant le mandat précédent. Jusqu'ici, la stratégie a fonctionné. Les résultats des dernières élections départementales et régionales l'ont démontré. La droite et le centre ont remporté 66 départements en mars 2015 (contre 40 pendant le mandat précédent) et 8 grandes régions. Les candidats UDI tête de liste n'ont toutefois pas réussi de grandes performances lors des régionales, Hervé Morin étant le seul à être sorti vainqueur de ce scrutin.

Quid du Modem ?

Un parti, non membre de l'UDI, fait, lui aussi, partie de la famille centriste. Le MoDem, fondé par François Bayrou en 2007 à l'issue de l'élection présidentielle dont il a terminé troisième, a déjà affiché la couleur. Si Alain Juppé, le favori de François Bayrou, remporte la primaire de novembre 2016, le maire de Pau ne se représentera pas une quatrième fois (après 2002, 2007 et 2012). En cas de défaite d'Alain Juppé en revanche, François Bayrou pourrait décider de se lancer dans la course à l'Élysée.

Une décision que ne soutient pas Jean Lassalle, l'un des fidèles du maire de Pau. "Ça ne sent pas bon, parce qu'il s'est mis dans une situation que les Français ont du mal à accepter, celle du ‘J'irai si untel n'y va pas", regrette celui qui s'est rendu célèbre pour avoir réalisé un tour de France à pied en avril 2013 dans une interview à l'hebdomadaire La Semaine du Pays basque.

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par Ludovic GaltierJournaliste RTL
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2016-03-12 14:00:00
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