Élections départementales 2015 : comment Marine Le Pen drague l'électorat UMP et espère des alliances

DÉCRYPTAGE - Le FN tente de séduire l'électorat le plus à droite de son rival, à l'image de ce qu'avait fait Nicolas Sarkozy en 2007, tout en faisant voler en éclat sa consigne de non alliance pour les départementales.

Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen dans le Vaucluse, le 17 mars 2015
Crédit : AFP PHOTO / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT
Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen dans le Vaucluse, le 17 mars 2015

Il est acquis que ces élections départementales se résumeront à une guerre des droites. Dans une campagne dénuée de tout débat de fond sur la politique des départements, le FN et l'UMP sont promis à une victoire, plus ou moins large, les 22 et 29 mars prochains. Si l'UMP vise une double victoire, en termes de voix et de nombre de départements gagnés, le Front national paraît, lui, déjà dans la préparation pure et simple de 2017.

Favori des sondages, le parti de Marine Le Pen ne pourra pas, a priori, glaner un grand nombre de départements. Le mode de scrutin - binominal mixte majoritaire à deux tours - lui est encore défavorable mais la victoire nationale est possible. Pour ce faire, le Front national, qui vise officiellement la barre des 20% mais est annoncé aux alentours de 30%tente de récupérer au maximum les déçus et indécis de l'UMP.

Comme Nicolas Sarkozy en 2007

La stratégie mise en place par le FN ressemble d'ailleurs fortement à celle développée par Nicolas Sarkozy en 2007, lorsqu'il avait littéralement siphonné l'électorat de Jean-Marie Le Pen. En se plaçant sur des thèmes forts, tels que l'immigration et l'Europe, sur lesquels la droite "traditionnelle" a du mal à afficher une quelconque unité, le FN tente de séduire la partie de l'électorat UMP la plus proche de ses idées.

Il y a une porosité des électorats qui est très forte

Marion Maréchal-Le Pen

Les responsables frontistes ne s'en cachent pas. "Il y a une porosité des électorats qui est très forte, depuis longtemps déjà, dans la continuation de cette micro-résistance au sein de l'UMP qui est représentée à travers ses courants plutôt très à droite, pour caricaturer un peu. Aujourd'hui, du coup, ces électorats basculent plus vers nous que certaines parties de l'UMP qui sont plutôt centre-droit", explique Marion Maréchal-Le Pen au micro de France 2.

Semer la zizanie

La tactique de Marine Le Pen semble toutefois disposer d'un volet supplémentaire. Non contente de prendre de plus en plus de voix à la droite de l'UMP, la présidente du Front national paraît compter sur la division des responsables de son parti rivalNicolas Sarkozy refuse toute alliance avec le FN et menace d'exclusion ceux qui noueront ce type d'accords. Mais ils sont nombreux à se sentir plus proches du Front national que de l'UDI, l'allié naturel avec lequel Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin souhaitent mener campagne en 2017.

Nous ne voulons pas nous marier avec l'UMP

Marine Le Pen

"Nous n'avons pas besoin d'eux. L'UMP, c'est ni-ni, mais non, mais sauf (...) Nous ne voulons pas nous marier avec l'UMP", ironise Marine Le Pen. En position de force dans les sondages, son parti a des chances d'être sollicité et n'a pas besoin de quémander l'aide d'un parti qui lui tourne le dos depuis de nombreuses années. Marion Maréchal-Le Pen compte bien en profiter dans le Vaucluse. "Je pense que l'on aura des surprises. J'ai cru entendre que certains candidats ou élus UMP non inféodés à Paris appelleront à faire barrage à la gauche", assure-t-elle.

Un test pour Nicolas Sarkozy

Jean-Marie Le Pen ne dit pas autre chose et évoque au micro de RTL des alliances "au cas par cas, à la seule condition que ces derniers (les responsables UMP, ndlr) acceptent quelques obligations que le FN va déterminer en bureau politique". Imposer des conditions à l'UMP dans le cadre d'accords électoraux : une situation inimaginable pour un parti que Nicolas Sarkozy avait relégué à 10,44% des voix lors de sa présidentielle victorieuse.

Une rébellion de responsables locaux de l'UMP, même en nombre limité, serait une véritable victoire pour le parti de Marine Le Pen. L'autorité de Nicolas Sarkozy, la solidité et la fiabilité de l'UMP sont en jeu. De quoi faire vaciller le premier parti d'opposition à quelques mois des régionales, avant la dernière ligne droite en vue de la présidentielle 2017. Pour Marine Le Pen, le scénario est écrit. Reste à le transformer en réalité.

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DÉCRYPTAGE - Le FN tente de séduire l'électorat le plus à droite de son rival, à l'image de ce qu'avait fait Nicolas Sarkozy en 2007, tout en faisant voler en éclat sa consigne de non alliance pour les départementales.
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2015-03-19 15:47:00
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