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Yamal, Dembélé, Ruiz, Kane, Kvara, Kane, Rodri... Avec sa candidature spontanée, Mbappé a fait basculer la course au Ballon d'or sur le plan de la communication

En se livrant longuement et sans détour auprès de "France Football" début septembre, le Français devenu meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du monde a mis en avant ses statistiques individuelles sur la saison écoulée, qu'il considère primer sur un collectif plus famélique pour lui. De quoi faire sortir de leur réserve d'autres prétendants au Ballon d'or, restés jusqu'ici plutôt humbles.

Lamine Yamal (Barcelone), Kylian Mbappé (Real Madrid) et Ousmane Dembélé (PSG).

Crédit : AFP

Gabriel Joly

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Rarement la course au Ballon d'or aura été si indécise chez les hommes. Avant la remise de la récompense suprême, une bonne dizaine de joueurs peuvent prétendre à un sacre le 26 octobre prochain à Londres, bien loin par exemple du cas de figure de l'incontesté Karim Benzema en 2022. Alors un peu de communication pour tenter de faire pencher le panel de votants - 100 journalistes, un de chacun des 100 premiers pays du classement Fifa - en leur faveur ne peut pas faire de mal.

Si Fabian Ruiz, le seul joueur de la planète à avoir remporté les deux plus grands titres cette saison avec la Ligue des champions du PSG et la Coupe du monde de l'Espagne, a été le premier à dégainer, confiant que "ce serait un honneur de pouvoir soulever le Ballon d'or", le 6 septembre dernier dans Téléfoot, c'est évidemment la très médiatisée sortie de Kylian Mbappé qui a fait basculer l'élection sur le volet des petites phrases.

"Je n'aime pas être dans la lumière et au centre de l'attention, mais je pense que cette année je peux me le permettre avec la saison et le travail réalisés et les titres remportés. Au niveau collectif, j'ai tout gagné. Individuellement à l'échelle mondiale, le seul titre qui me manque, c'est le Ballon d'or pour être reconnu par tout le monde", mettait en avant le milieu parisien, restant assez mesuré. Avant que son ex-coéquipier dans la capitale ne mette carrément les pieds dans le plat.

"Je me dis que ouais… ça ne serait pas volé" : Mbappé fait acte de candidature

"Pour qui je vote pour le Ballon d'or ? Pour moi. C'est un trophée individuel. On regarde ce que le joueur a fait de manière individuelle. Il n'y a pas meilleur que moi la saison dernière", soulignait Mbappé le lendemain auprès de France Football, le créateur du prix il y a 70 ans. "Quand on regarde les arguments, quand on regarde la concurrence… Je regarde, et je me dis que ouais… ça ne serait pas volé".

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Il faut dire que le capitaine de l'équipe de France et attaquant du Real Madrid, habituel maestro de la comm', a quelques longueurs de retard sur les autres prétendants, n'ayant pas remporté le moindre titre de la saison en dépit de 42 buts marqués en 43 matchs.

"Les gens disent que je n'ai pas gagné de trophée ? Je n'ai jamais vu de Ballon d'or, à l'unanimité, qui cochait tout à chaque fois. Être meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du monde [22 en trois éditions, 10 cet été], c'est quelque chose qui brûle la rétine. Finir meilleur buteur de toutes les compétitions les plus importantes où tous les meilleurs joueurs jouent, je ne sais pas si ça a déjà été réalisé. Je pars toujours du principe que l'histoire doit être récompensée", ajoutait encore le Français, pleinement focalisé sur la récompense, quitte à éclipser son partenaire anglais en club, Jude Bellingham, dont le Mondial a permis de marquer les esprits (7 buts comme milieu de terrain).

De quoi trancher avec l'habituelle retenue des candidats, qui ont plutôt tendance à se gargariser des acclamations de leurs publics respectifs avant la cérémonie - des "Vinicius Balón de Oro" au Bernabeu précédant la défaite du Brésilien contre Rodri en 2024, ou bien les "Et Ousmane Ballon d'or" au Parc pour Dembélé en 2025 - sans trop réclamer leur dû ouvertement.

Yamal et Dembélé n'ont pas l'air d'avoir apprécié

L'interview de Mbappé a d'ailleurs largement délié les langues de certains futurs membres du top 10, à l'image du jeune Lamine Yamal. "Je ne pense pas que j'ai besoin de me vendre, je ne veux pas vous faire penser que je le mérite, chacun est libre de penser ce qu'il veut. Moi je suis juste fier de ce que j'ai fait avec mon équipe et la sélection. Nous avons été champions du monde, nous avons gagné la Liga une deuxième fois, je ne peux rien demander de plus", lâchait-il mardi, précisant qu'il n'allait pas "se mettre à supplier" les journalistes de voter pour lui.

Puis revirement pour le Barcelonais dans un entretien diffusé partiellement dimanche par Movistar+ : "Selon moi, Mbappé et moi sommes les deux meilleurs joueurs du monde. C'est très clair, et tous ceux qui regardent les matches le savent", a déclaré l'ailier de 19 ans, se posant ainsi en unique alternative, alors que son tournoi estival n'a pas été du même acabit que sa saison en Catalogne en raison d'une blessure (1 but, malgré la victoire finale).

Reste qu'on ne peut pas exclure les Parisiens de l'équation, comme Lionel Messi, Erling Haaland et Michael Olise l'ont récemment été par la force des choses. Lauréat l'an passé, Dembélé jurait que la précieuse sphère dorée devait obligatoirement rester "dans les mains" d'un joueur du Paris Saint-Germain, citant comme top 3, son coéquipier géorgien Khvicha Kvaratskhelia, Harry Kane et Mbappé, précisant : "Je ne me mets jamais dans les trucs comme ça, si c'est moi qui parle, je ne me vote pas", avec fair-play.

Mais samedi, auprès de France Football, il a glissé avoir "été meilleur dans les moments décisifs, très clairement" cette saison. "Et ça joue. C'est le premier critère, non ?" Le tout pour ensuite compléter sur Ligue 1+ dimanche en marge de la victoire de son club à Brest (0-1) : "Durant toute ma carrière, je n’ai pas dit un mot, j’ai travaillé, énormément. Je n’ai jamais été l’élu, mais j’ai bossé, énormément. L’an dernier, j’ai été récompensé. C’était une année fantastique avec le Paris Saint-Germain. Cette année, on verra bien. Je suis sans pression".

De quoi lancer l'opération back-to-back ? Cela a en tout cas été analysé en écho au commentaire à son propos de Mbappé, selon qui Dembélé "a toujours été vu comme un joueur de talent", par opposition à lui, "toujours vu comme l'élu".

Kane, Rodri et Kvara la jouent plus humble

Au milieu de toutes ces déclarations, on en oublierait presque que les trois principaux favoris : Harry Kane, "Kvara" et Rodri, respectivement Soulier d'or (73 buts toutes compétitions confondues), meilleur joueur de la C1 et meilleur joueur du Mondial.

"Maintenant, ce n’est plus entre mes mains. Cela dépend des votants et des personnes qui prennent la décision. La saison que j’ai réalisée a été de loin la meilleure de ma carrière, alors nous verrons bien", confiait le favori anglais de Munich, dans un style semblable à l'ancien de Manchester City plébiscité il y a deux ans. De son côté, le Parisien estimait être déjà heureux et fier "si une seule personne sur cette planète estime que je mérite un trophée aussi prestigieux".

Nul doute que ce joli petit monde risque d'encore s'écharper pendant six semaines. Voire sûrement un peu plus post-Ballon d'or, à coups de messages subliminaux et déclarations interposées, une fois le vainqueur décidé.

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